‹ Joséphine, impératrice et reine, 1804-1809Chapitre 74 sur 104 · LES ANNEXIONS · texte numérisé non relu

LES ANNEXIONS

construire en 1751 et qui, très médiocre en étendue, car il n'a que quatre pièces à chaque étage, comprend, outre le bâtiment de la conciergerie, des dépendances assez vastes pour qu'on puisse y loger vingt-deux chevaux et deux voitures ; un parc de soixante-quatre hectares y attient. Ce pavillon — le Butard — i été vendu comme bien national à un M. Pérignon, notaire, et il est racheté au nom de Joséphine, le 3 floréal an X (23 avril 1802), moyennant la somme de 54 000 francs. Comme il faudrait y construire pour loger la Vénerie du Premier Consul, on trouve plus simple d'acheter, Tan d'après, une propriété toute voisine, le Clos-Toutain, qui après avoir appartenu en 1745 à M. Astruc, président au Parlement, est passé en 1773 à M. Leschevin, premier commis de la Maison du Roi, et est encore à sa veuve. Moindre comme étendue que le Butard, car il n'en dépend que vingt-deux arpents, le Clos-Toutain — appelé jadis la Chapelle-Rainfoin — est bien autrement vaste en bâtiments, car on y peut loger tous les officiers et les hommes de la Vénerie, trente chevaux, quatre voitures et cent chiens.

Ainsi peu à peu se prononce la marche de la propriétaire de Malmaison vers Saint-Cloud, à travers bois, parcs, châteaux, vignobles, et ce fut bien mieux quand, installée à Saint-Cloud, le premier soin du Consul ayant été de faire établir un bon chemin jusqu'à Malmaison, elle poursuivit le rêve de s'y rendre sans sortir de ses terres.

A ce moment où elle prend possession de son royaume, il n'est point inutile de dénombrer ses sujets. Leur nombre ne paraît point hors de proportion avec les besoins, d'autant que plusieurs sont de vieux serviteurs qui ont trouvé là une retraite, et| leurs gages en totalité ne s'élèvent qu'à 20 760 francs.

Le seul qui sorte des domestiques est le Père Dupuy, bibliothécaire à 3 600 francs par an, cet ancien minime de Brienne en qui le lieutenant Bonaparte avait gardé assez de confiance pour lui confier ses premiers essais de littérature politique : on a dit que, à Malmaison, il s'occupait moins à classer les livres de la bibliothèque qu'à acheter, à champagniser et à vendre des vins de Suresne et d'Argenteuil; pourtant, l'ordre établi dans les matières, les divisions ingénieuses et les appropriations délicates, révèlent de la part de celui qui organisa la bibliothèque de Malmaison des qualités supérieures comme bibliographe : ce fut sur ce modèle que furent composées par la suite les bibliothèques des diverses résidences et cela ne prouverait point de la part de Dupuy de médiocres talents, si l'on ne devait penser qu'il avait été précédé par un citoyen Bernard, secrétaire de la section de la guerre, au Conseil d'Etat, qui rédigea un premier catalogue de la bibliothèque en thermidor an VIII, et si l'on ne savait que, selon toute apparence, Fain, plus tard secrétaire intime, eut d'abord la charge spéciale des livres.

Cette bibliothèque, dispersée aux enchères en 4829 par les héritiers de Joséphine, eût constitué assuré-

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