INFLUENCE DU JARDIN D'ESSAÏ
8 200 francs eu 1808, pour 7 100 francs en 1809, sans parler d'un compte arriéré montant à 12 600 francs.
Quant aux animaux qui ne sont qu'utiles et qui peuvent être de rapport, elle ne s'en occupe point, pourvu que les bêtes fassent bien dans le paysage, que vachers et bergers aient des costumes pittoresques, que, dans les fabriques que l'on a construites pour les loger, au milieu des bois de Saint-Cucufa, près du lac, à la maison du Pâtre ou au chalet suisse, Ton trouve à goûter s'il plaît à la compagnie d'aller jusque-là. Les mérinos sans doute font l'admiration des connaisseurs ; ils proviennent , les uns des troupeaux célèbres du Paular, les autres des propres troupeaux du Prince de la Paix ; mais c'est affaire à l'intendant de les vendre tous les ans au mois de juin . On en vend beaucoup et à bon prix (131 individus en 1807, 315 en 1808) et le troupeau n'est pas moins maintenu à cinq cents têtes ; mais, de cela, pas plus que de la finesse de leur laine, Joséphine ne s'inquiète. Pourtant, il arrive parfois, Mirbel étant là, qu'elle en fasse quelque présent; elle en envoie à Fouché, elle en envoie à divers particuliers du département de l'Ourthe, mais cela est rare ; d'ailleurs, il y a Rambouillet, où le troupeau a plus de notoriété, et maintenant, bien qu'encore relativement rare, le mérinos est acclimaté et il s'en trouve dans presque toute la France.
Tout au contraire, pour les fleurs, le jardin d'essai de Malmaison a pris tout de suite une importance et l'on peut dire que, grâce à Mirbel, il a exercé une influence
sur l'horticulture française. A partir du moment où les plantes de la Nouvelle-Hollande rapportées par Péron de l'expédition Baudin, ont pu se multiplier, il n'est point d'établissement horticole, point de particulier amateur de fleurs qui, à la première demande, n'en reçoive un généreux envoi. En un seul mois (vendémiaire an XIII), on en trouve faits à des autorités ou des particuliers de Cherbourg, de Nîmes, de Saint-Sever, de Dax, d'Elbeuf, de Nantes, de Marseille et de Lyon. A combien d'autres ? Mme de Chateaubriand ne montre-t-elle pas avec orgueil, au Valdu-Loup, son magnolia à fleurs pourpres, le seul qu'il y ait alors en France après celui qui reste à Joséphine à Malmaison ? C'est ainsi que sont entrés dans les jardins de France, l'eucalyptus, l'hybiscus, le phlox, le catalpa, le camélia, de nombreuses variétés de bruyères, de myrtes, de géraniums, de mimosas, de cactus, de rhododendrons, certains dahlias, sans parler des tulipes rares et des jacinthes doubles. Cent quatrevingt-quatre espèces nouvelles ont, de 1804 à 1814, fleuri en France pour la première fois dans les serres de Malmaison, et, au contraire des jaloux qui cachent soigneusement leurs trésors et se garderaient d'en faire la moindre part à leurs voisins, Joséphine se plaît singulièrement à répandre les siens, à les mettre à la portée de tous, à en inspirer le goût et la passion. Nul doute que cette sorte de ministère des fleurs où Mirbel avait le portefeuille et pour lequel il entretenait une correspondance immense n'ait infiniment servi à la popularité de Joséphine. Et n'ec'-ce point joli cette