‹ Joséphine répudiéeChapitre 104 sur 165 · LE ROI DE RQME \ TOI · texte numérisé non relu

LE ROI DE RQME \ TOI

contre à laquelle on voulut laisser un caractère fortuit, car Marie-Louise devait l'ignorer et, en cas qu'elle

Fapprlt, il était bon d'avoir préparé une excase, eutlieu à Bagatelle, qu'on appelait alors le pavillon de Hollande. Lorsqu'il résidait à Paris, le roi de Rome y allait chaque jour et Ton avait déjà décidé que ce serait par la suite son rendez-vous de chasse dans le parc de ce palais qu'on lui édifiait à la montagne, de Chaillot. M m * de Montesquieu l'y conduisit; Joséphine y vint de Malmaison. Elle pleura longuement en regardant ce petit être pour qui elle avait été sacrifiée; « elle l'embrassa avec transport; elle parais-^ sait se complaire dans l'illusion produite par la pensée qu'elle prodiguait ses caresses à son propre enfant;' elle ne cessait d'admirer sa force et sa grâce et ne pou-, vait s'en détacher: Les moments pendant lesquels elle le tint lui parurent bien courts. »

Au moins, veut-elle avoir son portrait ; àM Ue Thi- t baut qui, d'après nature, a peint .le roi de Rome assis, syr un mouton, elle commande pour un prix qui surprend -—10 600 francs — une répétition du tableau qui est chez l'Empereur et qu'il gardera sous ses yeux jusqu'au dernier jour de sa vie.

Elle se dédommage du roi de Rome avec un autre fils de Napoléon, Alexandre W a le w ski. La comtesse Walew&ka, attirée par elle et cédant à des sollicitations! nombreuses, n'a pas tardé, gracieuse et simple comme elle est, à devenir une des familières de Malmaison, où son fils est comblé de joujoux et de gâteries. C'est un spectacle sans doute qui n'est point ordinaire et

tn JOSÉPHINE RÉPUDIÉE

qui ne manque pas d'imprévu, surtout lorsque l'Impératrice est assistée de sa lectrice ; mais Joséphine ne s'arrête pas à ces préjugés. Plus, dans le passé, elle a montré de jalousie contre toute femme qu'elle estimait dangereuse « pour sa position », plus elle paraît à présent éprouver de satisfaction à s'entourer des anciennes maîtresses de Napoléon, à les recevoir et à le choyer. Ce n'est pas sans doute qu'avec elles, elle parle de lui et qu'elle reçoive ou éehange des confidences ; mais la seule vue de ces femmes amuse son esprit et l'occupe; dans l'ennui où elle s'enlise, c'est une forme de distraction qui, dans une mesure, parle à ses sens, éveille au moins sa curiosité, et elle la recherche avec la même ardeur que la plupart des femmes porteraient à 1 éviter. Le cas n'est pourtant pas isolé et sans analogue. Observé de près, sur des femmes qui n'ont pas pris les mêmes libertés que Joséphine, mais qui n'ont aussi l'exemple ni de son éducation, ni de son milieu, ni du temps où elle a vécu, il ne prouve pas plus l'absence de moralité qu'il n'indique une passion rétrospective. Ce n'est pas quelque £hose de l'amour que témoigna, même à d'autres, l'époux ou l'amant, que recherche ainsi l'épouse ou la maîtresse ; elle ne tamise point ces cendres éteintes pour y retrouver un peu de cet or d'amour dont elle est avide ; elle ne les interroge point pour savoir de quelle flamme elles ont brûlé ; c'est une sorte d'attrait où se combinent les sensations et les sentiments les plus divers : curiosité, vague gratitude, haine apaisée, pitié, triomphe, solidarité — même une certaine tendresse.

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