‹ Joséphine répudiéeChapitre 105 sur 165 · MARIE-LOUISE · texte numérisé non relu

MARIE-LOUISE

En cet état d'esprit, il manque à Joséphine — et elle en éprouve toujours le regret — de connaître et de voir familièrement Marie-Louise. Si, admise, même à un rang subalterne et dont elle se contenterait à présent, aux pompes de la Cour, revenant, même en invitée, dans ces salons où, jadis, ellp tenait de droit la première place, elle pouvait se lier avec l'Impératrice, au point de lui donner des avis, de l'éclairer de ses conseils, de se rendre nécessaire ou tout le moins utile entre le mari et la femme, ce serait pour elle comme la suprême joie et elle eût tout sacrifié pour y parvenir. Un instant, elle s'est bercée de l'espoir que les malheurs communs les rapprocheraient, que ee projet qu'elle a formé dès avant le mariage, va s* réaliser, qu'Hortense, si avant dans les bonnes grâces de Marie-Louise qu'elle est la seule princesse admise familièrement près d'elle, servira d'intermédiaire. Peut-être, si elle était arrivée un jour plus têt à Paris, eût-elle saisi l'occasion et se fût-elle imposée. Mais l'Empereur est revenu; il est là et il commande. Or, si jadis il a pensé à une telle réunion, à présent il en écarte formellement l'idée; les répugnances de sa jeune femme ne l'ont pas seulement éclairé mais convaincu, au point que, si elle le voulait maintenant, ce serait lui qui s'y opposerait. Ce qui lui paraissait naturel lorsqu'il était encore hanté, si l'on peut dire, par le Carolingisme et les exemples de Gharlemagne, « son illustre prédécesseur », lui semble inadmissible à mesure qu'il subit davantage les idées qu'on peut appeler aristocratiques, et que, par l'entourage qu'il

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;s'e«t formé» il vit dans un milieu partageant et exagérant au besoin tes préjugés d'ancien régime. - Joséphine serait donc mal venue à proposer ce que t jadis il avait spontanément résolu et même à demander :de réitérer l'entrevue avec le-roi de Rome. Pourtant, ici, Napoléon ne rencontrerait nul des inconvénients «qu'il peut redouter ailleurs, n'était qu'il craint que Marie-Louise en eût connaissance. Il pourrait comprendre et s'expliquer que Joséphine voulût s'attacher à son fils. N'est-ce pas la survivance et la perpétuation de lui-même ; et outre ce qu'elle trouve d'intérêt à le voir, n'a-t-elle pas des droits sur lui ; sans elle, eût-il pu naître ? C'est à lui qu'elle a fait son sacrifice et qu,Vt-on à redouter de sa tendresse? Même si cet enfant n'était pas le roi de Rome, Joséphine éprouve d'ailleurs, devant l'enfant quel qu'il soit et «d'où qu'il vienne, cette sorte d'attendrissement qui t semble chez la femme le sentiment le plus vrai, parce c qu'il . procède uniquement de la natufe et qu'il est , l'expression même de son sexe. L'enfant l'attire et la . réjouit ; l'enfant la subjugue et obtient tout d'elle. Elle . n'en trouve jamais assez et, ne se lassant pas d'être marraine, ne se lasse jamais de ses filleuls. S'ils vient nent la voir, elle s'ingénie à les rendre bruyants et à les faire joueurs, mais elle n'y parvient guère. Devant t elle, les enfants gardent l'air sage, ne se livrent point,* restent figés dans leurs habits trop neufs, regardant! les présents trop beaux que leur fait cette dame. Il faut bien que les princes tirent quelque agrément de la servitude où ils vivent et que, devant eux, la plupart

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