‹ Joséphine répudiéeChapitre 107 sur 165 · JOSÉPHINE ET OVI-OUI · texte numérisé non relu

JOSÉPHINE ET OVI-OUI

Cette version du petit-fils comme elle se trouve appuyée et commentée par les lettres de la grand'mère. Joséphine a peur d'être grondée pour les gâteries dont elle comble ses petits-fils et, pour mettre sa conscience en repos et prévenir les reproches» elle écrit : « Sois bien tranquille pour tes enfants ; ils se portent parfaitement bien. Leur teint est blanc et rose ; je puis t'assurer que, depuis qu'ils sont ici, ils n'ont pas eu la plus légère indisposition. Je suis ravie de les avoir près de moi ; ils sont charmants. » Et, en vraie grand'mère, la voici qui s'extasie sur les jolis mots du petit Oui-Oui : « L'abbé Bertrand, lui faisait lire une fable où il était question de métamorphoses ; s'étant fait expliquer ce que signifiait ce mot : « Je voudrais, dit-il à l'abbé, pouvoir me changer en petit oiseau, je m'envolerais à l'heure de votre leçon, mais je reviendrais quand M. Hase arriverait. — Mais, Prince, répondit l'abbé, ce que vous dites là n'est pas aimable pour moi. — Oh 1 reprit Oui-Oui 9 ce que je dis n'est que pour la leçon et non pas pour l'homme. » « Ne trouves-tu pas comme moi cette repartie très spirituelle, dit la grand'mère. Il était impossible de se tirer d'embarras avec plus de grâce. » N'est-ce pas aussi la preuve que M. Hase, le père Hase comme l'a appelé une autre génération, excellait déjà à se faire bien venir et à raconter de touchantes histoires? Ces leçons qu'il donnait alors à Oui-Oui l'ont mené, quarante ans plus tard, à une chaire que créa exprès pour lui, à la Sorbonne, son ancien élève devenu empereur.

C'est encore la lune de miel entre grand'mère et pétits-fils, lorsque arrive à Malmaison la nouvelle de la mort de M " de Broc, celle de ses dames qu'Hortense affectionnait davantage et qui, avec M u * Cochele t était la plus initiée à sa vie. En allant avec la reine visite? cette cascade de Grésy que Joséphine avait tant admirée deux ans auparavant, elle a glissé sur une planche humide, est tombée dans le gouffre, et tout ce qu'on a pu, c'a été retrouver son cadavre. Ce fut, pour Hortensé un désespoir. M** de Broc, née Auguié, sœur dé là maréchale Ney et nièce de M** Campan , avait été élevée avec elle, mariée par elle , ne l'avait jamais quittée et, devenue veuve, lui était à présent une compagne inséparable. Joséphine était habituée à regarder toutes ces jeunes femmes qui entouraient sa fille, comme lui appartenant un peu et elle avait beaucoup de confiance au tact et à l'esprit de conduite de M mo de Broc. Elle offrit à Hortensé de l'aller retrouver i Àix-« pour peu que sa présence et ses soins lui fussent utiles », et pour avoir dés nouvelles plus sûres, elle envoya son chambellan, M. de Turpin. La reine, fort éprouvée déjà de santé et de nerfs, avait besoin surtout de solitude et de repos ; elle ne profita donc pas de l'offre que lui faisait sa mère et prolongea à Aix, au moins jusqu'au milieu d'août, un séjour que ce souvenir devait rendre singulièrement pénible.

Joséphine, cette alerte passée, eut tout le loisir de jouir de ses petits-fils et elle en raffolait. « Tout annonce en eux, écrit-elle à sa fille, uti caractère.

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