‹ Joséphine répudiéeChapitre 108 sur 165 · JOSÉPHINE ET OUI-OUI · texte numérisé non relu

JOSÉPHINE ET OUI-OUI

exoellent et tin grand attachement pour toi. Plus je les vois, plus je les aime. Cependant, je ne les gâte pas. Sois bien tranquille pour eux. On suit exactement ee que tu as prescrit pour leur régime et pour leurs études. Lorsqu'ils ont travaillé dans la semaine, je les fais déjeuner et dtner avec nous le dimanche. Ce qui prouve qu'ils se portent bien, c'est qu'on trouver qu'ils ont beaucoup gagné. Napoléon a eu hier un œil un peu enflé d'une piqûre de cousin ; il n'en a pas été moins bien qu'à son ordinaire. Aujourd'hui, il n'y paraît presque plus. On ne te l'aurait même pas mandé si l'on n'était dans l'-habitude de te rendre compte exactement de tout ce qui les concerne. Le jour de l'arrivée de M. de Turpin, j'avais reçu de Paris deux petites poules d'or qui, par le moyen d'un ressort, pondent desœufe d'argent ; je leur en ai fait présent de ta part, comme venant d'Aix. » Un autre jour, elle écrit : « Leur santé se soutient à merveille; ils n'ont jamais été plus frais et mieux portants. Le petit Oui-Oui est toujours gracieux et aimable pour moi. Il y a deux jours, voyant partir M me de Tascher qui va rejoindre son mari aux eaux, il dit à M ma de Boucheporn : « Il faut « donc qu'elle aime bien son mari puisqu'elle quitte « grand'maman.» Né trouves-tu pas cela charmant? Ce même jour-là, il allait se promener au bois du But* tard ; dès qu'il a été dans la grande allée, il a jeté son chapeau en l'air en s'écriant : « Ah! que j'aime « la belle nature. » Il se passe peu de jours sans que l'un ou l'autre ne m'amuse par son amabilité. Ils animent tout autour de moi ; juge si tu

m'as rendue heureuse en les laissant avec moi.

C'est ici un des jolis côtés qu'il faut dégager de Joséphine : elle n'a guère été mère, mais elle est éperdûment grand'mère. Elle Test par la joie qu'elle éprouve à regarder ses petits-fils, par l'admiration qu'elle leur témoigne, par le radotage de leurs bons mots, par cette sorte d'enfantillage avec lequel elle se met à leur niveau. Malgré qu'elle éprouve une préférence pour le cadet et qu'elle le témoigne à sa complaisance pour les jolis mots de Oui-Oui, dans les occasions où il faut officiellement paraître, c'est le prince Napoléon* Louis, grand-duc de Berg et de Clèves, qu'elle met en avant. C'est lui qui représente le Prince Primat» grand-duc de Francfort, au baptême de Casimir-Marie- Victor Guyon de Montlivault , le fils de l'intendant, et le prince Eugène-Napoléon de France au baptême de Joseph-Eugène-Jean-Horace de Barrai, fils de M. de Barrai, aide de camp du prince d'Essling; Oui-Oui n'a pour filleuls que les enfants des sous-gouvernantes : Eugène-Louis-Napoléon de Boucheporn, et Aloïse- Joséphine-Françoise-Charlotte de Mailly-Couronnel, mais les dragées qu'offre la grand'mère n'en sont pas moins succulentes.

Cependant, voici Hortense de retour : elle ne fait que toucher barre à Saint-Leu, reprend ses fils et part avec eux pour Dieppe où on lui a ordonné les bains de mer. C'est un grand vide pour Joséphine; mais, vu l'absence de toute distraction à Paris et à Saint-Cloud, on se porte assez volontiers à Malmaison, où, «c quoiqu'on ne parle nullement nouvelles dans le cercle de

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