‹ Joséphine répudiéeChapitre 110 sur 165 · EUGENE ET L'ITALIE · texte numérisé non relu

EUGENE ET L'ITALIE

la principale préoccupation de cette fin de 4813.

Le 15 octobre. Eugène a reçu du roi de Bavière, son beau-père, une lettre où, en l'informant de son accession à la coalition, il lui laissait entrevoir que les Autrichiens seraient disposés à consentir un armistice particulier avec l'armée d'Italie « sur le pied de la' ligne du Tagliamento ». Eugène a répondu que son devoir ne lui permettait d'accepter avec les Autrichiens qu'un tacite arrangement par lequel l'armée d'Italie continuerait à occuper les rives de l'Isonzo, et, comme il a compris où tendait cette ouverture, il a, au milieu de phrases d'affection pour son beau-père, saisi l'occasion d'affirmer, de la façon la plus nette son entier dévouement à l'Empereur. Auguste, en même temps, par une lettre vraiment haute et touchante, a recommandé ses enfants à son père et lui a déclaré qu'elle rompait désormais avec lui toute correspondance. Quelques jours après, elle a écrit à l'Empereur pour lui offrir l'assurance de son tendre attachement, de l'entier dévouement d'elle et de son mari, et lui dire que rien au monde ne leur ferait oublier leur devoir. L'Empereur ne semble pas avoir répondu.

Le 22 novembre, un aide de camp du roi <3e Bavière, le prince de la-Tour-et-Taxis se présente, déguisé en officier autrichien, aux avant-postes de l'armée franco-italienne et demande à voir le viceroi. Il lui remet un billet du roi qui l'accrédite et lui propose un arrangement pour « assurer à sa famille an sort avantageux en Italie et pour le faire déclarer

roi du pays qui serait convenu. — Je suis bien fâché» répond Eugène, de donner un refus au roi, mais on demande l'impossible. » Le prince insiste et parle des enfants. « J'ignore, reprend Eugène, si mon fils est destiné à porter un jour la couronne de fer, mais, en tout cas, il ne doit y arriver que par la bonne voie, » et il conclut : « On ne peut nier que l'astre de r Empereur commence à pâlir, mais c'est une raison de plus pour ceux qui ont reçu de ses bienfaits pour lui rester fidèles. » Il écrit à son beau-père les motifs de son refus et, tout de suite, il rend compte à l'Empereur : « Il ne m'a pas fallu grande réflexion, lui dit-il, pour faire assurer au roi de Bavière que son gendre était trop honnête homme pour commettre une lâcheté, que je tiendrais jusqu'à mon dernier soupir le serment que j'avais fait et que je répétais, de vous servir fidèlement ; que le sort de ma famille est et serait toujours entre vos mains et qu'enfin, si le malheur pesait jamais sur nos têtes, j'estimais tellement le roi de Bavière que j'étais sûr d'avance qu'il préférerait retrouver son gendre, particulier mais honnête homme que roi et traître. »

Cette attitude d'Eugène, pleinement approuvée par sa femme, ne peut manquer d'enorgueillir Joséphine et Hortense auxquelles Auguste envoie toutes les pièces de cette sorte de négociation. « Rien de ce qui est bon, noble et grand, écrit-elle à sa bonne mère, ne peut nous étonner de la part de notre excellent Eugène, mais depuis hier, je suis malgré cela, encore plus heureuse et fière d'être la femme d'un tel homme

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