‹ Joséphine répudiéeChapitre 115 sur 165 · LES RÉPONSES DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

LES RÉPONSES DE NAPOLÉON

d'inquiétude. Il faut que vous soyez fou pour supposer que ceci se rapporte à la politique. Je ne change jamais de style, ni de ton, et je vous ai écrit comme je vous ai toujours écrit.

« iPest fâcheux pour le siècle où nous vivons que yotre réponse au roi de Bavière vous ait valu l'estime de toute l'Europe ; quant à moi, je ne vous ai pas fait compliment, parce que vous n'avez fait que votre devoir et que c'est une chose simple. Toutefois, vous en avez déjà la récompense, même dans l'opinion de l'ennemi, de qui le mépris pour votre voisin est au dernier degré. »

A Auguste, sa lettre est plus expressive encore, car c'est par des paroles d'affection et de tendresse qu'il se justifie ; pour le faire, il entre dans plus de détails, il porte plus de soin à la persuader et on dirait que c'est lui l'accusé. Sans doute, en s'a dressant à elle, c'est à Eugène aussi qu'il parle, mais de quel ton ! « Ma fille, j'ai reçu votre letlre. Comme je connais la sensibilité de votre cœur et la vivacité de votre esprit, je ne suis pas étonné de la manière dont vous avez été frappée. J'ai pensé qu'avec votre caractère, vous feriez de mauvaises couches dans un pays qui est le théâtre de la guerre et au milieu d'ennemis, 'et que le meilleur parti pour votre sécurité était de venir à Paris. Je me vous l'ai pas mandé plus tôt parce que Paris était alors en danger et je ne voyais rien à gagner à vous, placer au milieu des alarmes de Paris au lieu de celles de Milan. Mais, aussitôt que le danger de Paris a été passé, j'ai cru que ce voyage

avait toutes sortes d'avantages pour votre état. Reconnaissez votre injustice et c'est votre cœur que je charge de vous punir. »

Et c'est de Soissons, le 12 mars, qu'il écrit ainsi.

Trois jours après, le 15, il fait encore à Auguste et à Eugène une réponse meilleure et où il témoigne mieux, s'il est possible, les sentiments de son cœur; c'est, dans la contre-note qu'en son nom Caulaincourt présente aux alliés, ce paragraphe IV : « Sa Majesté l'Empereur des Français, comme roi d'Italie, renonce à la couronne en faveur de son héritier désigné, le prince Eugène-Napoléon et de ses successeurs à perpétuité. »

Les émotions qu'a causées à Joséphine cette querelle entre l'Empereur et Eugène, ont été d'autant plus vives que, depuis le divorce, elle s'est attachée à son fils, non comme à un fils, mais comme au seul homme dont elle puisse recevoir un appui, prendre un conseil, suivre une direction. Il est devenu l'oracle auquel elle obéit, et, comme à ses paroles, elle attache à ses actes un prix exceptionnel. Dans le désastre où elle se sent entraînée avec la fortune de l'Empereur, ce secours de son fils lui semble, à soi seul et seul, devoir apporter le salut. C'est Hortense qui a vivement insisté pour qu'Auguste vint en France. Est-il possible qu'Ole n'ait pas concerté cette démarche avec sa mère qu'elle voit tous les deux jours pour le moins? Par suile, elles ont toutes deux leur part de responsabilité , mais elles ne la réclament pas.

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