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LA MORT DE JOSÉPHINE

Mars-mai 1814.

Le 29 mars au matin, elle part. Craignant ae ne point trouver de relais aux postes, elle voyage avec ses chevaux qu'elle emmène tous avec toutes ses voitures. Sur elle, cousus dans un jupon ouaté, elle a ses diamants et ses perles ; les grandes parures, les objets les plus précieux sont dans les coffres : c'est tout ce qu'elle emporte ; comment songer à déménager Malmaison? Elle va lentement. Elle s'arrête à Mantes pour coucher. Le 30 seulement, assez tard, elle arrive à Evreux où « elle est très bien reçue ». Les gardes nationale et départementale l'attendent à Navarre; on lui offre un poste d'honneur qu'elle hésite à recevoir; car elle n'a pas emmené les seize hommes de la Garde impériale que d'Ornano lui avait donnés.

\ Navarre, pas de nouvelles, rien d'Hortense, rien de Malmaison : Malmaison surtout : ce On a prétendu que le pont de Neuilly était occupé par les ennemis, c'est bien près de Malmaison », écrit-elle à sa fille.

Pour sortir d'inquiétude, elle s'ingénie à établir une correspondance. Hortense, lui dit-on, est à Chartres; de Chartres à Evreux, il n y a que dix-huit lieues ; si les deux préfets s'entendaient, rien ne serait plus simple, car vivre ainsi, c'est dans un tombeau, ce Je ne puis te dire, écrit-elle à sa fille, combien je suis malheureuse. J'ai eu du courage dans les positions douloureuses où je me suis trouvée ; j'en aurai pour supporter les revers de la fortune; mais je n'en ai pas assez pour soutenir l'absence de mes enfants et l'incertitude de leur sort. »

Pas un mot de l'Empereur; elle ne pense qu'à ellemême, à Malmaison et à ses enfants. Lui, elle n'y pense pas, ou elle craint de se compromettre en en parlant

A peine cette lettre écrite, voici, par un courrier d'Hortense, la nouvelle que Paris a capitulé, que l'Empereur est à Fontainebleau ; puis, tout à coup, Hortense elle-même arrive avec ses enfants.

Après bien des hésitations pour quitter Paris ou y rester, Hortense, sur la menace qu'a faite Louis d'emmener ses fils, s'est décidée, le 29, à neuf heures du soir, à partir et à rejoindre la Régente* Elle s'est arrêtée à Glatigny, près de Versailles, où elle a couché ; le 30, à la première heure, elle est venue à Tri&non, d où, sur un avis pressant du général Préval, elle a gagné Rambouillet. Là, elle a retrouvé ses beaux-frères, Joseph et Jérôme, et elle a couché. Le lendemain matin (31), un courrier de Louis lui a apporté un ordre de la Régente lui enjoignant d'amener ses enfants

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