‹ Joséphine répudiéeChapitre 120 sur 165 · L'EMPEREUR ET LES BEAUHARNAIS · texte numérisé non relu

L'EMPEREUR ET LES BEAUHARNAIS

prerae, de suprême convulsion, où, non plus l'Empire, mais l'Empereur même agonise, la pensée de Napoléon, d'une lucidité admirable et d'une admirable justice, le porte à régler, comme à la veille de la mort, la fortune de tous ceux qui l'entourent, sa femme et son fils, sa famille, les Beauharnais, enfin les derniers compagnons, les derniers fidèles, jusqu'aux mitrons de sa cuisine et aux valets de son écurie. Il pense à tous, — hélas 1 la liste est brève ! — il donne à tous , mais n'est-ce pas aux Beauharnais qu'il fait la meilleure part?

Dans ce traité du 41 avril qui est le prix de son abdication, — ce traité revêtu des formes les plus solennelles, signé par tous les ministres dirigeants des puissances alliées, par les maréchaux au nom de l'Empereur et par tous les membres du gouvernement provisoire, — trois articles regardent les Beauharnais.

L'article YI attribue un revenu de 2 500000 francs, soit en domaines, soit en rentes sur le grand-livre de France aux princes et aux princesses de la Famille, en dehors des biens meubles et immeubles qu'ils possèdent à titre particulier. Or, de ces 2 500000 francs, 400000 sont expressément réservés à la reine Hortense et à ses enfants '. Par cette simple rédaction, llortense se trouve investie par l'Empereur de la tutelle et de la garde de ses fils et sa position est

* Madame a 300 000 francs ; Joseph et Jérôme chacun 500 000 ; Elisa et Pauline 300 000 ; Louis 200 000. L'Empereur porte donc à 600000 francs la part de la branche de Louis et la rend supérieure de 100 000 francs à celle des autres frères.

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réglée au mieux des désir» qu'efl» * pu îo iwet .

Par l'article VII : « Le traitement araue) èe l'Impératrice Joséphine sera réduit à on million eu domaims ou en inscriptions sur le grand-livre de France. Elfe continuera de jouir de tous ses biens meubles et immeubles particuliers et pourra es disposer conformément aux lois françaises. »

Par l'article Y11I : c II sera donné au prince Eugène, tice-roi d'Italie, un établissement convenable hors de France. »

Pour nul des siens l'Empereur n'a fait autant^ et c'est bien là son testament, car à peine l'a-t-on signé qu'il reui disparaître : puisque, dan» les batailles suprêmes, la mort à qui il s'est tant de fois offert u'a pas touIu de lui, c'est lui qui Tira chercher et qui la contraindra à le prendre. Mais quai 1 le poison non plus I « Allons ! Dieu ne le veut pas I » et, te 15 au matin, sur ce traité qui ouvre ses destinées nouvelles, il appose à son tour sa signature.

Ce même jour, le duc de Berry débarque à Cherbourg ; prenant de là sa route par Valognes, Saint- Lô, Caen et Lisieux, de Caeo, le- 15, il envoie à Navarre un des gentilshommes qui raccompagnent, le comte de Mesnard, c pour offrir à Joséphine une garde d'honneur et l'assurer qu'il sera charmé de faire tout ce qui pourra hti être agréable, ayant pour elle autant de respect que d'admiration ». Mais, à quelques lieue» de Navarre, M., de Mesnard apprend que Joséphine est partie pour Malmaison.

Si, dès le 8, elle était déjà si portée à y revenir qu'elle

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