JOSÉPHINE A MALMAISON
qu'une idée, c'est d'être agréable à la reine. M * de Tascher, « qui se montre si bonne parente », a été'en visite chez le duc Dalberg et a amené la conversation sur la reine. « On la regarde, a-t-il dit, comme étrangère à la famille Bonaparte puisqu'elle est séparée de son mari ; elle devient l'arbitre de ses enfants ; on les lui a laissés ; elle peut être fort heureuse ; elle est si aimée, si estimée ! Elle peut rester en France, faire tout ce qu'elle voudra; il faut qu'elle revienne ici. »
Et, pour mieux attirer Hortense, Bt u * Cochelet énumère tous les hommes qui sont de sa société et qui reviennent de Fontainebleau où l'Empereur lui-même les a congédiés : M. de Lawœstine, M. de Lascours, M. de La Bédoyère, M. Anatole de Montesquiou, enfin M. de Flahaut 1
Hortense résiste encore, « Le conseil du duc de Yicence, écrit-elle le 12, peut être suivi par ma mère ; elle ira à Malmaison, mais moi, je reste ; je n'ai que de trop bonnes raisons, je ne puis séparer ma cause de celle de mes enfants. C'est eux, c'est leurs parents qui sont sacrifiés dans tout ce qui se fait, je ne veux donc pas me rapprocher de ceux qui renversent leur destinée. » Et, durant qu'elle part pour Rambouillet afin de joindre Marie-Louise qui y est venue de Biois, Joséphine qui ne demandait qu'à se laisser persuader et qui n'a point un instant résisté à la pensée que tant de princes la désirent, part pour Malmaison. C'est pourquoi M. de Mesnard ne Ta plus trouvée à Na varre.
A peine arrivée, — ce que le Journal des Débats du
16 annonce ainsi : « La mère du prince Eugène est de retour à Mal maison, » — Joséphine reçoit la visite de Czernicheff, chargé d'annoncer son maître pour le lendemain. Et, en effet, à une heure et demie» Alexandre arrive. Ce n'est pas tant à la mère qu'il tient qu'à la fille; néanmoins, il est d'une grande courtoisie, d une extrême déférence et ce n'est pas d'un ton de protection, mais d'égalité, qu'il donne à Joséphine tous ses titres. Après une longue visite, il se retirait lorsque Hortense arrive avec ses enfants. A Rambouillet, elle a senti tout de suite qu'elle gênait Marie-Louise et, sans pousser sa bonne résolution jusqu'à se réunir aux Bonaparte ou même à retourner à Navarre, elle a pris son parti de rejoindre sa mère. Mais, au premier coup, avec Alexandre, elle ne peut se vaincre, «c Elle qui est si aimable ordinairement, ne l'est guère avec lui ; elle reste froide, très digne, nç répond rien aux offres que lui fait l'empereur pour ses enfants. » « Quant à l'impératrice Joséphine, sa douceur, sa bonté, son abandon l'ont charmé. » Mais Joséphine ne compte point que ce soit assez ; elle pense bien que cet empereur reviendra et il faut qu'elle se présente à lui avec ses avantages. En mars, le mémoire de Leroy était tombé à 4 425 francs ; le voici qui, pour la seconde quinzaine d'avril, remonte à 6 209 fr. 75 centimes : et ce sont des robes blanches et claires, des batistes et des mousselines brodées, des robes de jeunesse, telles que jadis elle en portait aux beaux jours de Malmaison ; car, en elle, la coquetterie survit à tout et suffit à tout : au plaisir qu'elle
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