‹ Joséphine répudiéeChapitre 125 sur 165 · ALEXANDRE, JOSÉPHINE ET HORTENSE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE, JOSÉPHINE ET HORTENSE

Quant à Eugène, il comptait, le 20 avril, lorsqu'il était à la tête de ses troupes ; pour éviter une reprise des hostilités, on l'eût peut-être, grâce à Alexandre, laissé régner sur quelque partie de l'Italie; à présent, il n'a pins à se réclamer que du traité de Fontainebleau et de la gratitude de l'Autriche ; que pèse-t-il ?

Il ne reste qu'Alexandre : aussi, pour profiter des bonnes dispositions où elle s'efforce de le maintenir, Joséphine, dès qu'elle a su son fils à Munich, lui a écrit de la façon la plus pressante, afin que sans aucun retard, il se rendit à Paris ; mais quelque diligence qu'il fasse, il ne peut y arriver que le 9 mai.

Durant ce temps, les rapports d'Alexandre avec Hortense et Joséphine se sont rendus encore plus fréquents et plus intimes. Ce sont de continuelles visites et sur le pied de l'amitié. L'Empereur s'occupe, avec un zèle extérieur dont il ne parait guère possible de mettre en doute la sincérité, de procurer à la reine, avec un établissement en France, « une fortune indépendante » et une position qui, en la séparant complètement des Bonaparte, lui assure la garde de ses enfants, quitte à lui enlever, au moins officiellement, le titre qu elle porte. Dès qu'il s'agit en effet de l'érection d'un titre, le plus élevé que puisse conférer le roi oe France, tiendra à un duché et par suite, c'est FaDanaou v e toute autre prétention.

Rue Cerutti, Alexandre rencontre habituel ement des jeunes officiers, les plus élégants de l'armée impériale, demeurés, sinon les partisans de l'Empereur,

du moins les ennemis de ce que ramènent les Bourbons; il y trouve, avec des femmes de dignitaires fraîchement ralliés, des dames, anciennes camarades d'Hortense que leur naissance et leurs habitudes de famille attachent à la nouvelle cour. Il paraît médiocrement flatté de l'enthousiasme qu'elles lui témoignent; il fuit les fêtes officielles où Ton se jette ment trop à sa tète, et il se réfugie volontiers dans petit cercle où il croit trouver, avec les agréments de l'intimité, un désintéressement qui le rassure, un ton qui lui agrée, et des mœurs sociales qui lui plaisent. On ne laisse pas de s'en inquiéter aux Tuileries où l'on a mal su le prendre. Louis X VIII, par un sentiment d'ailleurs fort noble, s'est donné à tâche de prouver à sa cour, à la France et surtout aux souverains alliés, qu'il ne doit son trône qu'à lui-même et au principe qu'il représente; par suite, qu'il n'a nulle gratitude à marquer à qui que ce soit. En outre, il porte son orgueil à affirmer, en toute occasion, qu'étant le chef de la plus ancienne et de la plus glorieuse des Maisons royales, il est supérieure tous les souverains présents à Paris. Il résulte de cet état d'esprit, si différent de celui d'Alexandre, des difficultés qui se traduisent, d'un côté, par des épigrammes, de l'autre, par des mauvais vouloirs, des soupçons et des surveillances. On va jusqu'à penser que l'empereur veut, en la personne d'Eugène, ménager un candidat possible pour le trône de France ;on s'étonne del'intérêt soutenu qu'il porte à Hortense et, si Ton consent à la fin à octroyer à celle-ci le titre de duchesse, ce n'est pas au

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