‹ Joséphine répudiéeChapitre 127 sur 165 · JOSEPHINE ET LES BOURBONS · texte numérisé non relu

JOSEPHINE ET LES BOURBONS

par des intermédiaires bien choisis, qu'elle n'est point insensible à l'attention qu'on a de ne lui constester en rien la possession de Navarre, et de lui laisser, sa vie durant, la jouissance des forêts qui l'entourent.

Faut- il croire même que les rapports avec les Bourbons ne se soient pas bornés à la démarche avortée dont M. de Mesnard avait été chargé par le duc de Berry? Faut-il, sur la foi de la duchesse de Reggio, admettre « que le Comte d'Artois est allé lui faire une visite et eût continué avec grand intérêt des relations avec celte excellente princesse ? » En tout cas, par les gens les plus habitués à leur cour, dont plusieurs sont venus la remercier des bontés qu'elle leur a témoignées en d'autres temps, les Princes ne peuvent ignorer qu'elle est prête à toutes les démarches pour se faire « une situation digne et convenable ».

Qu'elle pense à solliciter la confirmation du titre de duchesse de Navarre, nul doute ; qu'elle en fasse formellement la demande à Louis XVIII, c'est moins probable. Napoléon plus tard « citait, et toujours de la part de ceux qu'il avait comblés, une intrigue fort vilaine .auprès de l'impératrice Joséphine qu'on voulait porter, pour s'en faire un mérite ailleurs sans doute, et sous prétexte de lui assurer, disait-on, son séjour et son repos en France, à signer une lettre qui ne pouvait que l'avilir. On lui faisait écrire au Roi qu'elle ne savait plus ce qu'elle était, ce qu'elle avait été, qu'elle le priait de fixer son existence, etc., etc. L'Impératrice, ajoutait-il, pleura beaucoup, résista, demanda du temps et consulta l'empereur Alexandre qui lui dit

qu'une pareille lettre serait son opprobre, qu'elle envoyât promener les intrigants et les entremetteurs» qu'il était sûr qu'on ne lui demanderait rien de pareil, que personne ne songeait à la faire partir de France, ni à troubler son repos et que, au besoin, il se porterait son répondant ». C'est là ce qu'on a raconté à Napoléon ; mais si, à celte lettre que lui présentait M me de Rémusat, Joséphine n'a eu vraiment, ni le goût, ni le loisir de mettre sa signature, sans doute a-t-elle au moins pensé à en écrire une autre où elle demanderait pour Eugène la dignité de connétable. C'est la place que jadis elle a souhaitée pour Honaparte et, lors de ses .conférences avec les Royalistes, c'est là qu'elle bornait ses ambitions. Rien de plus naturel, avec sa tournure d'esprit, que, sans comprendre la différence des temps, elle cherche pour son fils ce qu'elle eût souhaité pour son mari, — Car, s'il était plus agréable d'être la femme du connétable, cela avait encore son prix d en être la mère,

Si telles eussent été les ambitions d'Eugène, Joséphine y eût peut-être réussi, car Eugène n'a rien négligé pour plaire aux Bourbons. A son départ de Munich, « il s'est fait devancer par une lettre au roi de France, car je ne pouvais en aucune manière, écrit-il à sa femme, arriver ici sans me présenter d'abord à lui ». A peine a-t-il, à Malmaison, embrassé sa mère et sa sœur, qu'il reçoit l'autorisation de venir aux Tuileries. « J'ai, dit-il à sa femme, présenté mes hommages à Louis XVIII qui m'a parfaitement reçu et m'a demandé de tes nouvelles avec beaucoup d'in-

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