LA RÉSOLUTION DU DIVORCE
refusé, s'il se présente. Est-ce un leurre que volontairement on lui a tendu, est-ce un mot de flatterie expansive, échappé sans dessein, dans l'effusion démonstrative des entretiens familiers? Pour invraisemblable qu'elle est, cette dernière hypothèse parait la plus probable; mais Napoléon ne l'envisage pas, du moins ne s'y arrête point. Il embrasse comme un engagement, dont, au fait, l'exécution ne dépendra que de lui-même, un projet qui, en admettant qu'Alexandre l'eût exprimé et que, en l'exprimant, il eût été sincère, dépendrait encore, pour être réalisé, de la volonté de rimpératrice-mère, de celle de la Grande-Duchesse intéressée et de l'opinion de la Cour. Ne doutant pas un instant de la séduction qu'il exerce sur Alexandre, et sûr de l'avoir conquis — comme cidevant il se flattait, la reine de Bavière, comme plus tard, il se flattera, l'impératrice d'Autriche — il le juge d'après lui-même et n'admet pas que, dans l'exécution de la volonté qu'il lui prête, Alexandre puisse s'arrêter à des résistances féminines et moins encore à des propos de courtisans. Il parait ne rien soupçonner ni des habitudes, ni des formes adoptées en Russie. L'influence décidée de l'Impératrice-mère et la puissance de son entourage, le compte qu'il faut tenir, dans ce gouvernement d'apparence autocratique, des éléments aristocratiques, tout lui échappe, soit qu'en fait il n'ait jamais pu, par Hédouville, en prendre aucune connaissance et que même l'assassinat de Paul ne lui ait rien appris, soit qu'il établisse son opinion sur les données à priori que fournit à son
imagination une similitude purement nominale et apparente de titre et d'autorité.
-Quoi qu'il en soit de» opinions d'Alexandre et de sa cour, Napoléon, dès son retour à Fontainebleau parait nettement décidé à en finir avec Joséphine. Autour de lui, deux partis, l'un que mène Fonché, l'antre où combat Talleyrand; mais, à présent, an contraire de ce qui s'était passé en 1805, c'est Fouché qui proroque et qui prône le divorce, c'est Talleyrand qui s'y oppose : les rôles sont intervertis. Sans doute, l'intérêt que l'un ou l'autre porte à l'Impératrice n'y a aucune part, et Ton ne peut même dire que ce soit la politique. Pour que Talleyrand se range du côté de Joséphine, il suffit que Fouché, avec Ifaret et les Murât, fasse mine de l'attaquer : du résultat de la lutte dépend l'influence à venir. Peut-être pourtant, Talleyrand a-t-il déjà quelque machine montée en Russie, quelque projet formé où il lui faut l'appui décidé d'Alexandre, et pense-t-il se rendre agréable en lui épargnant les embarras dun refus? Malgré les présomptions qu'autorise sa conduite, on ne trouve, jusqu'à ces dates, que des intrigues où, plus que vraisemblablement, il a la main, qui sont menées par ses habitués et ses complaisants, mais où, lui-même, on ne le saisit pas encore. On n'est pas à la trahison décidée ; seulement aux politesses qui précèdent. Quant à penser que le prince de Bénévent parte, ici plus qu'ailleurs, d'un système général de politique et d'une préférence d'alliance, c'est une naïveté qui le ferait sourire.
Fouché, bien plus ardent, donc bien moins habile, plus aventureux et se compromettant davantage, envisage certes l'influence qu'il tirerait d'un mariage qu'il aurait aidé à conclure, mais il voit aussi l'affermissement du régime et surtout la consolidation au pouvoir des régicides nantis — dont il est. Il s'agit peur lui de manœuvrer, de façon à forcer les derniers «crupules de Napoléon, à déterminer Joséphine, et à précipiter le mariage, en en répandant le bruit, en le rendant presque officiel et en coupant ainsi les ponts derrière l'Empereur. 11 prend tout sur lui et joue de verve, en grand acteur. Sans doute, il se tient assuré que Napoléon ne le désavouera point. Bien que l'Empereur ne lui ait point communiqué son dessein, il ne doute pas un instant qu'il Tait conçu et qu'il n'hésite à le remplir que par une sorte de timidité, par une pitié envers la femme qu'il a aimée, par la crainte de rompre des habitudes de vie qui lui sont chères. 11 lui suffira donc de donner le coup de pouce et nul moment n'est plus favorable. Il sait les aventures de Pologne; serait- il ce qu'il est, s'il ne se faisait écrire ce qui se passe au Quartier général ? Là où d'autres n'ont vu qu'une passagère fantaisie, il trouve l'argument le plus décisif contre Joséphine : l'amour ancien chassé par un nouvel amour, de pareille espèce. Il n'ignore rien de la naissance de Léon et juge le parti à en tirer. Connaissant Napoléon comme il le connaît, armé des renseignements que lui fournissent ses agents salariés ou volontaires, il n'hésite pas à s'engager à fond.
A Fontainebleau, l'Empereur n'habite plus le même appartement que Joséphine. Celle-ci, déjà touchée au vif par la mort du petit Napoléon, aux bruits qui courent du divorce prochain dont tout le monde parle, s'inquiète et s'agite. Fouché vient la trouver. II lui dit que « le bien public et la consolidation de la dynastie exigeant que l'Empereur ait des enfants» elle devrait bien adresser des vœux au Sénat afin qu'il se réunît à elle pour appuyer près de son époux la demande du plus pénible sacriCce pour son cœur ». Sans doute, selon la forme qu'il a adoptée lors du Consulat à vie, il a cherché à provoquer et à obtenir des sénateurs une délibération conforme à ses projets ; sans doute encore, il a rencontré une résistance : le Sénat ne parlera qu'après s'être bien assuré de la volonté du maître ; or, si Joséphine réclame elle-même le divorce, comment ne pas croire qu elle soit d'accord avec l'Empereur? C'est un de ces coups où Fouché excelle. S'il avait encore sous la main le Tribunat,. bien plus allant, il enlèverait la délibération sans faire parler Joséphine, mais il se sert de ce qu'il a.
Joséphine, quelque ancienne habitude de confiance qu'elle ail eue en Fouché, a été mise en garde par des indices et des racontars. Elle a cherché des conseils et n'a pas manqué d'en demander à M me de Rémusat — celle-ci ou Talleyrand, on peut s'y tromper. Talleyrand a deviné le coup, trouvé la parade et l'a enseignée à l'Impératrice : « Venez-vous de la part de l'Empereur? dit-elle à Fouché. — Non, sans doute,
mais mon dévouement à la dynastie m'oblige à parler tomme je fais à Votre Majesté. » Alors, prenant ses avantages, Joséphine riposte : « Je ne vous dois nul compte. Je m'expliquerai avec l'Empereur. »
Mais l'Empereur semble fuir l'explication : Il faut précipiter les événements pour sortir d'une situation qui, en se prolongeant, devient inquiétante. M B * de Rémusat risque le coup hardi d'intervenir de sa personne. « Elle attendit, a raconté Napoléon, le moment où je sortais de mon cabinet pour entrer dans ma chambre à coucher. Il était une heure du matin. Elle se fit annoncer au moment où je me mettais au lit... Ma curiosité fut piquée. Je la reçus. La chose était curieuse en effet, car j'appris qu'il s'agissait de me faire répudier par ma femme. Je me rendis immédiatement auprès de Toséphinè et la désabusai en lui donnant l'assurance que si la raison d'Etat me déterminait jamais à rompre m s liens, c est de moi qu'elle en recevrait la première confidence 1 . »
Dans la conversation qu'il a avec sa femme, nul doute, que, la bonde ouverte, son cœur ne se soit vidé. Il a parlé de l'impossibilité où est Joséphine de lui donner des héritiers; peut-être a-t-il envisagé quel-
* Telle est la version de Napoléon, la seule vraisemblable. M a * de Rémusat qui ne parle nullement de son audience nocturne, prétend que c'est de l'Empereur qu est venue l'Initiative ; qu'inquiet de la santé du deuxième Sis de Louis, préoccupé d'assurer l'hérédité, il est "enu. dans ces effusions . parler de divorce à Joséphine, lui demander de l'aider an sacrifice, de décider elle-même sa retraite. Elle s'y serait nettement refusée. Elle obéirait aux ordres mais n'en préviendrait aucun. « Quand vous m'ordonnerez de quitter les Tuileries, aurait-elle dit, j'obéirai a l'instant, mais c'est bien le moins 40e vous me l'ordonniez d'une manière positive. » Ce n'est que plus
que moyen de sature à concilier se* sentiments et ses intérêts ? Sur des exemples que la Monarchie bourbonienne fournissait à sa mémoire, n'a-t-il pas pensé que si Joséphine s'y prêtait, il pourrait adopter, légitimer, ou même présenter comme son file légitime» le petit Léon ? Joséphine n'a-t-elle pas hésité avant de répondre et n'a-t-elle pas au moins demandé conseil à Eugène? Celle lettre d'Eugène semble bien le prouver. « J'ai été content, écrit-il à sa mère, de ta conversation avee l'Empereur si elle est telle que tu me Tas fait rendre. Il faut toujours parler franchement 4 Sa Majesté. Faire autrement ne serait plus l'aimer. Si l'Empereur te tracasse encore sur des enfants, dis-lui que ce n est pas bien, à lui de te reprocher des choses semblables. S'il croit que son bonheur et celui de la France l'obligent à en avoir, qu'il n'ait aucun égard étranger. Il doit bien te traiter, te donner un douaire suffisant et te permettre de vivre avec tes enfants d'Italie. L'Empereur fera alors le mariage que lui commanderont sa politique et son bonheur. Nous ne lui resterons pas moins attachés parce que ses sentiments ne doivent jamais changer pour nous quoique les circonstances l'aient obligé à
tard, selon M** de Rémusat, que Fouetté serait intervenu et 1 Empereur aurait été d'accord avec lui. La scène n*a pu se passer ainsi * outre que Napoléon n'a nul intérêt à inventer •* visite de If «■ de Rémusat et que celle-ci a tout intérêt a la d»? tara î«r, il n est point assez avancé dans ses projets pour affronter de gatté de eceur la douleur qu'il va causer à Joséphine. Sans y être provoqué, il ne te risquerait pas à une scène qui ne peut qu'être pénible, il a adopté un parti de silence : pour l'en faire sorti; ri faut «n incident, et r?t incident, c'est la confidence de M" de Hémosat
éloigner d'EUe (sic) notre famille. Si FEmpereur veut avoir des enfante qui soient à lui 9 il n'a que ce moyen. Tout autre serait blâmé et F histoire en ferait justice. D'ailleurs^ il a trop travaillé pour elle pour qu'il laisse -un seul feuillet à déchirer à la postérité.
« Ta ne dois craindre ni les événements, ni lei méchants. Me tracasse plus l'Empereur et occupe-toi de régler tes dépenses intérieures. Ne sois pas si bonne avec tout ce qui t entoure, tu en serais bientôt la dupe. »
Cette lettre d'Eugène, c'est, dans la répercussion d'une réponse, le sommaire de cette conversation quasi décisive où, pour la première fois, Napoléon a abordé directement avec Joséphine l'hypothèse du divorce dynastique : reproches au sujet des dettes, idée, sans doute fugitive, d'une supposition d'enfant, nécessité d'an héritier, regrets de quitter une femme -aimée, assurance d'un établissement convenable, tout •'y trouve.
On eût pu penser que, après cette explication entre les époux, qui au fond avançait ses affaires, Fouché comprendrait qu'un effort immédiat serait inopportun et qu'il convenait d'attendre. Mais, quelle que soit sa réputation d'homme habile, Fouché manque de tact. Il croit tenir sa proie et rien ne le fera lâcher. À son excuse, oa peut croire qu'il ignore la conversation de l'Empereur avec Joséphine, lorsqu'il éprouve le besoin d'écrire à l'Impératrice ce qu'il lui a dit seulement. Joséphine reçoit la lettre, la porte à l'Empereur que commencent à lasser ces plaintes et ces scènes, qui
est d'autant plus excédé que, s'il gracieuse sa femme, c'est vers Fouché qu'il penche et c'est à lui qu'en conscience, il donne raison. Il est donc très froid et, après beaucoup de reproches sur la susceptibilité et la jalousie qu'elle montre, « il lui promet de laver la tète à Fouché ». Il s'exécute en effet, a Jamais personne dans quelque condition qu'il fût, a dit Savary (à la vérité ennemi déclaré de Fouché et partisan de Joséphine à qui, par sa femme, il est allié), jamais personne ne fut traité par Napoléon comme le fut le ministre de la Police dans cette circonstance. » Hais ce ne sont que des paroles : Joséphine veut davantage, le S novembre, elle obtient que l'Empereur écrive : « Depuis quinze jours il me revient de votre part des folies. Il est temps d'y mettre un terme et que vous cessiez directement ou indirectement de vous mêler d'une chose qui ne saurait vous regarder d'aucune manière. » Lettres et paroles, c'est pour apaiser Joséphine et la tranquilliser. Elle a compté que Fouché serait disgracié, renvoyé du ministère, que la punition ainsi serait exemplaire. Il garde son portefeuille. « C'est qu'au fait, a dit Napoléon lui-même, l'Empereur avait déjà arrêté ce divorce et qu'il ne voulait pas, par ce châtiment, donner un contre-coup à l'opinion. »
Malgré cela au milieu des retours, moraux ou pnysiques, que Napoléon a vers elle, Fouché pourrait bien périr ; car il continue à mener sa campagne. Il a encore renouvelé la charge et, de vive voix, il a répété et développé à l'Impératrice ce qu'il avait dit
et écrit. Joséphine s'en est plainte à l'Empereur : « C'est un excès de zèle, répond-il, il ne faut pas lai en savoir mauvais gré au fond ; il suffit que nous soyons déterminés à repousser ses avis et que tu croies bien que je ne pourrais vivre sans toi. » Et il lui prouve, le jour et la nuit, comme elle lui est nécessaire, « car il revient à elle bien plus que. par le passé, par de fréquentes visites nocturnes; il est réellement agité, il la presse dans ses bras, il pleure, il lui jure la tendresse la plus vive. » À ces moments, Fouché nVt-il pas tout à craindre : mais quoi, Fou* ché chassé, l'idée le serait-elle ?
Et cela, Fouché le sait bien : à peine Napoléon parti pour l'Italie (16 novembre) où, de fait, c'est le divorce qui l'appelle — règlement de la situation d'Eugène, recherche d'une épouse, soit la princesse de Bavière, soit la fille de Lucien, au cas où la combinaison russe échouerait. — Fouché ouvre la oage aux bruits de divorce. Ils volent de tous côtés, emplissent les dépêches des ambassadeurs, font la conversation de tous les salons et reviennent au nid sous forme de bulletins de police. Fouché les transmet alors comme l'expression positive de l'opinion. Cette fois, l'Empereur se fâche : cette pression exercée sur sa volonté, cette prétention de lui imposer, avant Theure qu'il a fixée, un acte où il a peine à se résoudre, Tirrite réellement : «c Monsieur Fouché, écrit-il de Venise le 30 novembre, je vous ai fait connaître mon opinion sur la folie des démarches que vous avez laites à Fontainebleau relativement à mes aflaires
intérieures. Après avoir lu votre bulletin du 19 et bien instruit des propos que voos tenez à Paris, je ne puis que vous réitérer que votre devoir est de suivre mon opinion et non de marcher suivant votre caprice. En vous conduisant différemment, vous égarez l'opinion et vous sortez du rôle dans lequel tout honnête homme doit se tenir. » Plus en détails, huit jours après, le 6 décembre, il écrit à Maret qu'il charge expressément de calmer Fouché. « Je vois avec peine par vos bulletins, que Ton continue toujours à parler de choses qui doivent affliger l'Impératrice et qui sont inconvenantes sous tous les points de vue. J'ai écrit fortement là-dessus au ministre de la Police. Il ne serait pas hors de propos que, sans paraître en avoir mission de moi, vous lui en parliez, en lui disant qu'en dernière analyse, on excite évidemment la population à se mêler de choses qui ne doivent pas la regarder ; comme tous ces bruits qui s'accréditent si facilement ne peuvent atteindre le but d'influer sur ma manière de voir et de sentir, n'est-il pas à craindre que je ne sois obligé malgré moi à prendre une autre issue en témoignant publiquement mon mécontentement à ceux qui en sont les auteurs ? »
De fait, il n'y a aucune urgence à préparer ainsi l'opinion : si, par son voyage, l'Empereur a rempli, à Tégard d'Eugène, les promesses faites à Munich et s'il a satisfait ainsi Joséphine, il n'en a point tiré d'ailleurs les résultats qu'il attendait. La princesse de Bavière lui a paru très inférieure à la Vice-reine
LE DIVOttCB PUBLIC (FÉVRIER 4808) Sf
et il a réfléchi au ridicule qu'il se donnerait en devenant beau-frère de son beau-fils, au lendemain d'avoir répudié la mère. L'entrevue avec Lucien à Mantoue n'a produit aucun résultat. On lui a promis de lui envoyer Lolotte, mais avec quelle répugnance ! Cette promesse d'ailleurs s'accomplira-t-elle? La jeune fille paraîtra- t-elle dans les conditions requises ? Napoléon qui la demande pour le prince des As taries, la gardera-t-il pour lui-même ? Tout cela reste vague, et durant un mois, il y a une sorte d'accalmie.
Mais, en février (1808), le bruit se répand de nouveau que le divorce est irrévocablement arrêté. m M. Savary, de retour de Pétersbourg, a rapporté tous les articles signés et arrangés pour le nouveau mariage de l'Empereur avec la grande-duchesse Marie. » C'est la reine de Westphalie, peu instruite semble-t-il des prénoms de ses cousines ', qui en donne à son père la nouvelle comme certaine. « On annonce l'arrivée prochaine du Vice-roi d'Italie qui doit emmener sa mère en Italie. » On sait la date de cette arrivée : ce sera le 2 mars. Le prince Guillaume de Prusse écrit que le prince de Bénévent va se rendre à Pétersbourg pour en ramener la Grande- Duchesse. Toute l'Europe s'inquiète et s'agite et, bien que Napoléon n'ait, de la part d'Alexandre, aucun indice de ses intentions, il n'est pas moins influencé parées bruits et en prend plus de confiance.
L'ignorance où Ton vit à Paris sur tout ce qui se
* La grande-duchesse Marie avait épousé dès le 3 août 1804 la prince héréditaire de Saxe-Weimar.
passe en Russie est complète et paraîtrait prodigieuse si Ton' ne se rendait compte de la distance, de l'interruption prolongée des relations, de la nullité des agents diplomatiques, de l'absence de toute information indépendante. Napoléon ne sait rien des projet* de rimpératrice-mère : il ne sait rien de la mission de Kourakine à Vienne, des négociations engagées, dès le lendemain de Tilsitt, pour marier la grande-duchesse Catherine, d'abord à l'empereur d'Autriche, puis à l'archiduc Jean, à l'Archiduc Palatin, au prince de Bavière, au prince de Prusse. Il ne sait pas que ces pourparlers se sont poursuivis durant Tannée 4807 tout entière, et ce sera seulement en septembre 4808 qu'il en recevra le premier avertissement Savary, à son retour de Pétersbourg, lui répète bien ce qu'honnêtement il a déjà écrit : l'influence établie de l'Impératrice- mère, « tous les honneurs extérieurs, tous les hommages dirigés sur ce point », « tout le prestige qui environne un trône attribué à la cour qui n'est pas souveraine », toutes les faveurs, toutes les nominations reportées en gratitude à ses pieds ; mais s'il avoue que, à son arrivée, il a trouvé « dans tout ce qui formait la société de l'Impératrice-mère une opposition très prononcée contre nous », par un mouvement naturel aux diplomates même improvisés, il dit que, à son départ, il Ta laissée dans des impressions bien meilleures et qu'il n'y a qu'à achever promptement la tâche commencée. » Il ajoute même « qu'il n'y a nul doute que la conversion de cette princesse ne soit, à la fois, l'effet de la justesse de son