‹ Joséphine répudiéeChapitre 131 sur 165 · TOUTE L'EUROPE A MALMAISON "S · texte numérisé non relu

TOUTE L'EUROPE A MALMAISON "S

l'Empereur^ g1ï& prétend lui poser ces questions qu'elle médite depuis 1810 et qu'elle a préparées à Bloi*. Et, dans la galerie, c'est un téte-à-téte étrange où M me de Staël la presse en juge instructeur, analyse l'état de sou âme et -en tire des conséquences. Joséphine, « très agitée et très émue », se voit contrainte de congédier la baronne, « qui traverse rapidement le salpn, salo* ai sort ». Ce devrait être une leçon; mais elle ne serti rien.

Sans qu'il y ait besoin d'une visite préalable, les Anglais qui en manifestent le désir sont invités à dîner. A la table de l'Impératrice, on entend la fille du duc de Gramont, la comtesse de Tankerville, faire le panégyrique de la duchesse d'Angoulème et, durant tout un repas, « vanter sa piété, sa bienfaisance et le courage avec lequel elle a supporté ses malheurs », puis exalter la confiance que les Princes ont toujours conservée pour la bonté de. leur cause; Joséphine se rend k si aimable et si brillante » pour le roi de Prusse et poilr ses jeunes fils que, cinquante ans plus tard, le second parlait d'elle eneore avec admiration; au prince de Cobourg, chargé par l'empereur d'Autriche de lui dire qu'il serait venu le voir s'il n'avait craint de lui tare de la peine, elle répond par cette invite directe : « Pourquoi donc? Pas du tout ! Ce n'est pas moi qu'il a détrônée, mais sa fille! » Pourtant, c'est toujours pour Alexandre que sont ses grâces les plus empressées et les plus. attentives. Elle l'a constamment à dîner : elle lui offre le beau camée qu'elle a reçu du Pape au moment du Couronnement et, comme l'empereur se

fait prier et semble désirer une tasse sur laquelle elle est peinte, elle le force d'accepter la tasse et le camée ; un autre jour, c'est le recueil des romances <THortense avec les dessins originaux qui les accompagnent et Hortense s'en fâche contre sa mère; tout pour l'empereur, tout pour le grand-duc Constantin, pour les grands-ducs Nicolas et Michel, tardivement arrivés, des promenades, des dîners, des présents, on dit même des jeux de barres !

Pourtant, elle est souffrante; le 14, dans la journée de Saint-Leu, elle a pris froid. Le jour, au milieu de toutes les visites qu'elle reçoit, elle parait « la tête entortillée d'un grand schall d'Angleterre; elle est rouge, oppressée, se plaint d'un catarrhe; elle laisse sa fille et son fils, faire les honneurs, mener les sou* verains à la machine de Marly ou à quelque curiosité des environs; mais, le soir venu, elle se tiendrait déshonorée si elle n'était décolletée dans la robe la plus élégamment légère, si elle abandonnait le soin de montrer les serres ou la 'galerie. On veut qu'elle reste couchée; elle répond quelle n'a jamais soigné un rhume et ne fait qu'à sa guise.

C'est le 23, le lundi, jour où le roi de Prusse et quantité d'autres souverains doivent venir dîner qu'elle se sent vraiment malade 1 . Elle n'en parait pas moins

« Le baron Darnay si bien informé d'ordinaire dit qu'à ce dtner assistaient outre le roi de Prusse et ses fils, les empereurs d'Autriche et de Russie, « Sa Majesté, dit-il, également touchée et flattée de visites aussi honorables oublia son mal pour recevoir les trois illustres monarques avec la distinction convenable... mais... quarante-huit heures après ce jour de bonheur /... »

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