MALADIE DE JOSÉPHINE
durant toute la soirée ; mais elle passe une mauvaise nuit. Le 24, les* grands-ducs dînent : elle a eu le matin une éruption miliaire sur tout le corps, principalement les bras et la poitrine, mais tout à fait fugitive; elle laisse à Eugène le soin de mener les grands-ducs dans les environs, mais elle s'assied à table. Après le dîner, on danse, « Elle ouvre le bal avec l'empereur de Russie; puis ils passent tous deux dans le parc où ils se promènent longtemps. Elle y reprend froid. » Le 25, elle est encore debout et reçoit. Ce n'est que le 26, au soir, que son médecin ordinaire, M. Horeau, lui trouvant la langue embarrassée et toute la tête entreprise, fait appliquer sur le cou un large vésicatoire.
« Ce jour-là, a dit Alexandre Lenoin, elle était attendue aux Tuileries pour être présentée à LouisX VIII ; sa visite n'eut pas lieu; je le sus, le même jour, par un huissier que je vis au château. »
Le vendredi 27, l'empereur de Russie doit dfner : plus se rapproche l'époque de son départ pour Londres, plus il resserre son intimité. Par ses platoniques prévenances, il semble s'excuser de n'avoir pu fournir de ses intentions une preuve plus manifeste et de n'avoir point encore apporté aux pieds de la reine ce fugitif duché qui, cent fois promis, reste toujours un leurre. On prierait volontiers l'empereur de remettre, car Eugène aussi est au lit, avec un violent accès de fièvre, mais Alexandre vient si vite qu'on n'a pas le temps de l'avertir. II y a, comme de juste, grande compagnie, car, d'avance, pour huit jours au moins, les invitations
m JOSÉPHINE RÉPUDIÉS
lont lancées, sans parler de telles qu'an fait a ï*h*ui même. Il y a, parmi les convives, un Anglais qui, irettti oeuf années auparavant, a connu Joséphine à laMart nique et l'a aimée. Il a demandé à être reçu, a él invité à dîner el il se désole de ne pouvoir présente ■es hommages à l'Impératrice, car, dit-il, il l'aim toujours.
Après le dîner, quoique les médecins Horeau < Lamoureux ne se disent pas inquiets, Horteos remoute près de sa mère ; les invités ne tardent pas demander leurs voitures ; la soirée est courte. Dans la nuit, Horeau remarque que l'arrière-bouche prend uue couleur pourpre foncé, mais il n'es tire aca-d* conséquences : seulement, la fièvre monte et il craint que, de catarrhale, elle ne devienne maligne ; au matin, il demande en consultation Bourdoïs et Lasserre. Eugène, quoique troublé, n'a nulle idée d'un danger imminent : a J'espère, écrit-il à sa femme, que, dans trois ou quatre jours, les plus forts accès de la maladie seront passés... Aussitôt que notre mère sera rétablie, je prendrai congé de tout le monde et je partirai pour Munich. » liais, dans la journée (28) l'aggravation est telle qu Horeau réclame une seconde consultation. Alors, * la maladie a dégénéré en fièvre putride ». Pour les médecins, il n'y a plus aucun espoir ; « les traita du visage s'altèrent à vue d'œil ; l'oppression augmente ; la couleur pourpre de l'arrière-bouche fonce encore ; le pouls devient presque insensible. On applique un nouveau vésieatoire sur la poitrine, mais, dès lors, l'agoni*