L'AGONIE. - LA MORT
est commencés et la connaissance supprimée. » C'est alors qu'Borte&se s'inquiète. Les médecins, en avouant que la maladie est grave , ont déclaré qu'elle serait très longue. La reine décide que, dans la maison, chacun veillera une nuit entière et elle dit qu'elle veut veiller cette première nuit. Gomme de juste, Ton se récrie; et ce n'est ni une reine, ni une dame d'honneur, ni môme une lectrice, tout simplement «me femme de chambre qui ne lui appar tient même pas, qui assiste Joséphine en cette nuit suprême : la nuit d'agonie. Le 29, à huit heures du matin, on reconnaît qu'elle va mourir. Le premier aumônier, M. de Barrai est absent ; c'est l'abbé Bertrand, précepteur des jeunes princes, qui administre les derniers sacrements « qu'elle reçoit, dira l'oraison- funèbre, dans les sentiments de la plus vive piété et de la plus touchante résignation... avec une connaissance qui lui a permis d'en apprécier les bienfaits ». À midi, elle expire.
Rien de mystérieux dans cette mort. Nul indice, nul soupçon, nulle raison de poison. Pourtant, l'on a prétendu que. Joséphine avait été empoisonnée et ce fa parce que, sachant que Louis XYII était vivant, elle était décidée à le déclarer à Louis XV111, le jour même où elle tomba malade' 1 . Le procès-verbal d au-
1 Nulle part, j'affirme qu'il ne se trouve le moindre indice que Joséphine ait, d'une façon quelconque, exprimé une opinion sur l'existence d'un fils de Louis XVI. En fait de faux dauphins on ne connaissait d'ailleurs en ce temps qulieryagault dont le jeu était pereé depuis dix ans ; mais Joséphine seule, parait-il. avait le secret te I? existence de Naumlorff. Bien au' il semble inutile de réfucer point
topsie ne peut laisser aucun doute sur l'origine, la cause et les progrès de la maladie : un rhume mai soigné, s'aggravant et trouvant, dans un corps où toutes les humeurs sont en mouvement, un terrain de culture approprié pour l'infection.
Deux heures après que Joséphine a expiré « le prince et la reine » pour se conformer sans doute à l'étiquette souveraine quittent Malmaison et partent pour Saint-Leu. Peut-être est-ce un hommage suprême
par point une histoire à laquelle seuls des hallucinés peuvent s'attacher, et qu'il ne reste rien à faire après les travaux de MM. de la Sicotière et Chautelauze, il convient d'indiquer de quelle façon on a voulu faire intervenir Joséphine dans cette affaire. 11 suffira, sans entrer dans les détails ajoutés postérieurement par les divers défenseurs de cette étrange cause, de relever dans les « Mémoires d'un contemporain que la Révolution fil orphelin en 1793 et qu'elle raya du nombre des vivants en 1795, pour servir de pièces à Vappui de la demande en reconnaissance d'étal qu*il se propose de présenter » les divers passages où il est question de Joséphine. C'est là la suprême version, authentique et complète, qui se trouve donnée de la vie du prince, version dont évidemment, le Cimetière de la Madeleine et les Prisonniers du Temple, publiés en 1800 par Regnault-Warin, ont fourni les premières données :
r Au sortir de la prison (du Temple) Ojardias transporte dans un cheval de carton, le jeune Louis XVII dans une maison de la rue Phelippeaux où le comte de Frotté l'attendait en compagnie de deux < dames dont Tune, d'après ce qu'on lui a dit, depuis, était M m « de Beauharnais qui devint plus tard l'impératrice Joséphine o (p. 55). Ceci se passe le 19 janvier 1794 (p. 136). Plus tard, sous le Consulat, elle s'intéresse à Hervagault. mais Fouché lui révèle qu'Hervagault n'est point l'enfant qu'elle a vu rue Phelippeaux et il la met en rapport avec le véritable dauphin (p. 134 et suiv.). A l'appui de cette assertion est produit un certificat délivré par Marie- Françoise Duplessis, femme Richard, demeurant rue Saint -Jacques 126. attestant, que, après le divorce, Joséphine se rendit en Saisie « où elle passa quelques semaines à Montchoisy, près de la petite