‹ Joséphine répudiéeChapitre 134 sur 165 · PRÉPARATIFS DES OBSÈQUES · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DES OBSÈQUES

qu'ils croient rendre à leur mère de préférer sa dignité impériale à leur filiale douleur. En tout cas, ils ne paraîtront plus : veillées funèbres, derniers adieux, cérémonie des obsèques tout va s'accomplir sans eux. Après vingt-quatre heures, le corps, ouvert par M. Béclard, chef des travaux anatomiques de la Faculté 1 , est embaumé, selon les règles de l'art, par l'illustre pharmacien Gadet-Gassicourt, qui reçoit pour ce 2619 fr. 20 ; puis, il est placé dans un cercueil de plomb, enfermé lui-même dans une bière de chêne, et durant qu'on prépare l'antichambre des valets de pied en chapelle ardente, il est de nouveau,

ville d'Orbe, canton de Vaud, chez M B ° Duplessis, née comtesse d'Aumale qu'elle connaissait beaucoup ». Là, devant la déclarante alors âgée de dix ans, l'Impératrice aurait raconté en détails l'histoire du fils de Louis XVI et affirmé son existence (p. 138). Le Contemporain ne Ta pas plus loin et ne dit rien quant à la mort de Joséphine : La première assertion relative à l'empoisonnement se rencontre dans les apocryphes Mémoires d'une femme de qualité; elle fut reprise dans les apocryphes Mémoires d'un Pair de France, développée dans les Révélations sur l'existence de Louis XVII de M. Labrelie de Fontaine et dans la 10* livraison de la Voix d'un proscrit, mémoire historique et judiciaire paraissant une fois par mois ; en dernier lieu par le docteur Cabanes dans un feuilleton du Supplément Littéraire du Figaro, sous le titre : Les tnorts mystérieuses de l'histoire. Il faudrait plusieurs pages pour citer seulement les titres des brochures de propagande où, d'après les ma mes autorités, est relaté le rôle de Joséphine dans l'affaire de-NaundorCf; mais c'est sans doute assez.

1 « On trouva tout l'intérieur de la trachée-artère dans un état d'in fl animation extrêmement prononcé; la membrane qui tapisse la surface interne de ce conduit était de couleur pourpre et se déchirait facilement ; le milieu de la face antérieure de la cavité du larynx présentait un point gangreneux large de quatre à cinq lignes: les bronches, jusque dans leurs dernières ramifications, étaient remplies d'un liquide écumeux et sanguinolent ; les poumons, fortement gorgés de sang, étaient adhérents à la plèvre; tous les autres organes étaient parfaitement sains. »

pour vingt-quatre heures, déposé dans la mortuaire, où le public est admis. Hais la foule s'empressera surtout à la chapelle ardente : plus de vingt mille personnes, dit -on, y défilent : en pareil cas, combien sont attirées par la piété, combien par la curiosité, par ce goût des cérémonies qu'a le peuple de Paris et que double, chei la plupart des femmes, ce qu'on peut appeler les joies maeabres? Par surcroît, Ton a la visite du parc et de la grande serre et la vue des animaux rares. Il était difficile de pénétrer à Malmaison : c'est une occasion*

Il est de mode de venir au moins s'inscrire ; s'il ne se présente point en personne, l'empereur Alexandre envoie Czernicheff, et lui-même* avant de partir pour Londres, veut passer à Saint-Leu une dernière soirée avec Ilortense et Eugène. À Hortense, il apporte enfin le fameux brevet de duchesse, arraché, peut-on dire, à Louis XVIII, le 30, le lendemain de la mort de Joséphine, le jour même où a été signé le traité de Paris. Qui peut dire s'il n'en est pas une des conditions ? Sur la formule d'ailleurs, le roi de France n'a pas cédé : au lieu de Mademoiselle de Beauharnais, il a écrit : « Madame Hortense-Eugénie de Beauharnais », toute la concession a été l'adjonction de ces mots : ce désignée dans une convention faite le îl avril dernier », sans qu'on dît entre qui cette convention a été signée, car le Roi ne veut pas prendre l'engagement de l'exécuter 1 . Hortense n'en

1 L# texte renferme bien d'autres singularités : <t En égard, dit le Roi, a la situation de M m0 Eugénie -Hortense de Beauharnais dé-

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