‹ Joséphine répudiéeChapitre 135 sur 165 · ALEXANDRE A SÀ1NT-LEU · texte numérisé non relu

ALEXANDRE A SÀ1NT-LEU

accepte pas moins avec reconnaissance et, en sa petite robe de fleuret noir avec crêpe lisse au col et aux manches, que Leroy vient de lui bâtir pour 144 francs, elle accueille en sauveur l'empereur Alexandre. Pourvu qu'elle reste en France, qu'elle y vive indépendante, qu'elle soit à jamais séparée de son mari, qu'elle garde ses Mis et les élève à son gré, elle renie l'Empereur déchu et proscrit, elle renie le nom de gloire qu'elle porte et qui appartient à ses enfants» elle se trouve. heureuse et elle remercie.

À r occasion des obsèques prochaines, Eugène et Hortense manœuvrent. Ils mettent de l'habileté où il faudrait de la droiture, et de ta vanité où Ton voudrait de l'orgueil. La situation est difficile, mais ils se la sont faite : ils prétendent, à la fois, obtenir pour leur mère tous les titres qu'elle portait ci-devant, et ménager le gouvernement royal en restreignant à une forme privée les honneurs funèbres. Il y a là toute une suite de transactions fort adroites où le Roi et ses ministres s'emploient avec zèle et où, des deux côtés, on déploie toute la bonne volonté imaginable. Les Princes, d'abord, ont chacun envoyé un de leurs

signée dans une convention faite le H avril et aux invitations qui nous ont été adressées par les hautes puissances contractantes pour donner effet à ladite convention, nous lui avons confirmé et lui confirmons par ces présentes, le rang et le titre de duchesse, érigeant pour elle la terre de Saint- Leu en duché qui passera à ses enfants de mâle en mâle par ordre deprimogéniture... » Au duché est attaché «a revenu de 400 008 franc» en domaines ou rentes sur L'Etat « pour qu'elle puisse en jouir en toute propriété avec faculter de l'aliéner et d'en disposer sans avoir besoin de l'autorisation de son époux qui, tous aucun, prétexte, ne pourra jamais rien y prétendre ».

officiers porter leurs condoléances au prince Eugène et à celle-là qu'à présent les empressés, tels M"** Campan, ne traitent plus de reine, mais de duchesse. À la mairie de Rueil, sur la déclaration de M. André de la Bonninière, marquis de Beaumont, grand cordon des ordres de la Couronne civile.de Bavière et de la Fidélité de Bade, membre de la Légion d'honneur, etc., et de M. Pierre-Louis de Busset, ancien maréchal des camps au service de France, on a dressé sans observation, le 2 juin, à six heures du matin, 1' a Acte de décès de l'impératrice Joséphine, née Marie-Joséphine-Rose Tascher de la Pagerie, le 24 juin 1768 1 , mariée à Napoléon Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie le 8 mars 1796, sacrée et couronnée Impératrice le 2 décembre 1804, décédée dans son palais de la Malmaison, commune de Rueil, le 24 mai dernier, à midi *>. Par contre, « le prince Eugène ne fait pas imprimer de billets de part, mais il en envoie à la main de fort modestes où il élude la difficulté de donner des titres à sa mère ». On dresse, à Malmaison, une chapelle ardente et, à l'église de Ruéil, l'entrepreneur des pompes funèbres, Labatte, prodigue les tentures, en sorte que son mémoire montera à 15703 fr. 75 centimes ; mais, sur ces tentures, point d'armoiries, ni celles d'Empire, ni celles même du duché de Navarre, point de chiffre, ni de couronne.

Les cloches, mises en branle par Roty, le sacristain de Rueil, sonnent nuit et jour, mais leur sonnerie

' C'est la date fausse donnée par l'acte de mariage.

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