‹ Joséphine répudiéeChapitre 136 sur 165 · LES OBSÈQUES 86S · texte numérisé non relu

LES OBSÈQUES 86S

est anonyme. Gela va ainsi jusqu'au jour de l'enterrement .; alors les garanties qu'Eugène a données ont sans doute semblé plus que suffisantes, car les obsèques prennent un caractère semi-officiel qui marque sinon la participation, au moins les égards du gouvernement.

Le 2 juin, à midi, le cortège part du château. En tète marchent les bannières des diverses confréries do la parpisse, puis un fort détachement de ce la garde impériale russe dans la plus grande tenue et les gardes nationales du canton ». Une pareille haie est formée, de Malmaison à Rueil. Au-devant du cercueil, deux valets de chambre, en manteau de deuil, portent sur des coussins de velours noir, dans des bottes de vermeil, l'un le cœur, l'autre les entrailles. Le deuil est conduit par les petits princes que guide M œe d'Arberg et qu'assistent le général Sacken représentant l'empereur Alexandre, le prince de Mecklembourg, le grandduc de Bade, le marquis et le comte de Beauharnais et le comte Tascher. Le? invités viennent ensuite : « maréchaux, officiers généraux tant français qu'étrangers, aides de camp des souverains alliés, les curés et les maires des communes voisines ». Au milieu d'une foule accourue de tous les points du canton et de Paris on se rend à pied, processionnellement, à l'église où quelques dames de la famille — entre autres M me Lavallette et la duchesse d'Arenberg — attendent La maîtrise de la Madeleine chante une grand'messe en musique que célèbre M' r de Barrai, archevêque de Tours, ci -devant premier aumônier, assisté de

JOSÉPHISE RÉPtOIÉB

M gr Bourlier, évoque d'Évreux et de M 5r Charrier de la Boche, évèque de Versailles. M* r de Barrai prononce l'oraison funèbre et, après 1 absoute, le corps, par autorisation spéciale du ministre de l'Intérieur, est descendu dans un caveau pratiqué dans l'église même par le maçon Deyras. À cinq heures du soir, la cérémonie est terminée.

Les Bourbons ont ici donné une preuve singulière de complaisance, mais qu'ont-ils à craindre ? Ils s'attribuent le beau rôle vis-à-vis de Joséphine et, si ce n'eût été par bienséance, ils auraient dû le faire par politique. N'est-ce pas réclamer pour eux, par les honneurs rendus, quelque chose de sa popularité et flatter ceux-là qui, ayant abandonné l'Empereur, se retranchent volontiers sur l'exemple de l'impératrice pour justifier leur défection? Nulle crainte d'une démonstration bonapartiste autour de ce cercueil : l'Empire écroulé ne semble plus avoir un partisan. De tous les serviteurs de Napoléon dans le civil ou le militaire, à peine en citerait-on deux ou trois qui boudent, ne sollicitent pas des emplois, ne s'empressent pas à servir*. Gens de la cour et gens du monde, fonctionnaires de tous ordres, militaires dans les hauts grades ou attachés à des états-majors, tous animés» sinon d'un zèle royaliste intransigeant, au moins d'une bonne volonté très marquée, ont accepté résolument la Restauration, pourvu qu'ils gardent leurs places et qu'on ne leur préfère point ceux qu'ils tiennent pour des intrus.

Le seul danger — si c'eu est un — est dans l'orai-

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