CE QUI ARRIVE DE MALMAISON
et des vachers suisses; cela gardait figure impériale; mais, à partir de la mort du prince Eugène (21 février 1824), l'abandon se fait, les serres s'effondrent, les eaux, qui n'ont été jamais courantes, deviennent des mares où chantent les grenouilles et qu'envahissent les folles herbes. C'est une ruine qu'emplit alors le souvenir et qui, lamentable avoir, devient sacrée.
Cinq ans après la mort d'Eugène, on dispose tout pour une liquidation suprême qu'exigent, paraît-il, les intérêts de ses enfants mineurs. On fait revenir à Munich les objets qu'on considère comme des souvenirs, en particulier les meubles de la chambre de Joséphine. Puis, on disperse par des ventes à l'encan tout le reste du mobilier et tous les objets qui ont appartenu à l'Impératrice. C'est en juin 1829. Il n'existe point de catalogue de cette vente; mais le procès-verbal rédigé parle commissaire-priseur Noël, peut, dans une mesure, en tenir lieu. Les meubles provenant de Malmaison sont, d'ailleurs, frappés d'une marque au fer chaud qui permet, lorsque par hasard on les rencontre, de certifier leur provenance.
La bibliothèque fut vendue les 28 et 29 juin, 5, 6, 12 et 13 juillet. On n'en rédigea point de catalogue, seulement une notice contenant 419 numéros. Au commencement de chaque vacation, on vendait des lots. Il est donc impossible de se former une idée
exacte de l'ensemble. Ces livres, actuellement dispersés, se reconnaissent au chiffre P. B. entrelacé, frappé en or sur le dos; au timbre gras : Bibliothèque de la Malmaison imprimé parfois sur le titre; et, parfois
aussi au mot : Malmaison, frappé en or sar le plat, quand ce plat est couvert de peau*
Les orangers furent vendus en même temps m par Iota de deux ou trois au choix des amateurs ».
Le 31 juin 1829, les terres, jusque-là réservée*» furent mises aux enchères ainsi que « la château de la Malmaison et son parc, renommé, dit l'affiche, par la beauté de Bon ensemble, les objets d'art qui le décorent, par le séjour qu'y faisaient habituellement Napoléon et Joséphine et par la mort prématurée de cette femme célèbre et les grands souvenirs qu'elle y a laissés ». Vu les souvenirs, on ne joignit au château qu'un lot de six hectares. Les autres lots furent formés de Boispréau, des bois de Garches, de la maison do garde général et enfin des terres arables. Le lot du château fut acheté par M. Hagermann, banquier suédois, et» à la mort de celui-ci, en 1842, revendu à la reine Marie-Christine d'Espagne qui le garda jusqu'en 1861. L'empereur Napoléon III Tacheta alors. Sauf La grande galerie et la salle de spectacle qui avaient disparu, sauf une chapelle gothique érigée par la reine Marie- Christine, le château conservait encore son primitif décor et, en 1867, sous les auspices de l'impératrice Eugénie, iL fut fait, dans ce cadre demeuré intact, une exposition d'objets ayant, la. plupart, appartenu i Napoléon et à Joséphine. Pillé et saccagé en 1870, il fut revendu en 1877 par l'impératrice Eugénie» passa dans diverses mains, fut proposé dix fois aux enchères, menacé d'un suprême dépècement et d'une démolition totale, et fut enfin acheté par M. Osiris qui a ea