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CE QUI ARRIVE DE NAVARRE SM

la généreuse pensée de le restaurer et de l'offrir à l'État.

Il semble que la vente des terres annexées avait produit déjà, avant 1829, près de deux millions ; et l'on est tenté de croire que l'ensemble des aliénations s'éleva à cinq millions : au moins* les chargés d'affaires de la veuve du Prince Eugène reconnaissent-ils que, les dettes payées, il resta de la succession de l'Impératrice une somme de deux millions. Elle est sensible ment égale à celle formée des bijoux et de Prégny qui, avec la moitié des souvenirs, [avait constitué la part d'Hortenae.

Celle-ci, sur Navarre, n'avait aucun droit et Eugène fat mis ea possession sans éprouver, du gouvernement de Louis XVIII, la moindre difficulté. Sans doute les forêts qui, viagèremeni, selon le décret du 11 mars 1810, avaient été affectées à une portion du douaire, firent alors retour à l'Etat ; mais le duché de Navarre, tel qu'il avait été acheté par le Domaine extraordinaire, tel qu'il avait été constitué par les lettres patentes, fut dévolu à Eugène, attendu que l'Impératrice n'avait point fait encore, au moment de son décès, la désignation d'un prince dans la descendance de son fils. Eugène ne fui point même requis de prêter au Roi le serment, obligatoire aux termes de l'article 37 du titre III du Second statut du 1" mars 1808. A sa mort, le duché passa \ son fils aîné Auguste- Charles-Eugène-Napoléon, duc de Leuchtenberg prince d'Ekhst&dL Inscription fut prise à son nom sur les registres du Sceau, le 8 février 1828 : le gou-

tM JOSÉPHINE RÉPUDIÉE

vernement de Charles X n'éleva aucune opposition et n'exigea aucun serment.

Dès 1829, la duchesse douairière de Leuchteuberjr, tutrice de son fils, demanda l'autorisation de vendre Navarre dont le revenu de 30000 francs se trouvait, disait-elle, absorbé par les frais d'entretien et d'administration, et d'en employer le produit en rentes sur l'État français immatriculées au nom du duché de Navarre. Sur le rapport contraire du préfet de l'Eure et du ministre des Finances, le Roi refusa. L'instance fut reprise en 1833 près du nouveau gouvernement; le préfet de l'Eure, M. Passy, se souciait peu sans doute que, comme avait dit M. Roy en 1829, « la vente de Navarre en fût la destruction » ; il donna un avis conforme et, sur le rapport de M. Humann, ministre des Finances, l'échange fut consenti par ordonnance royale du 6 février 4834. Le 24 mai de la même année, les château, jardin, parc et fermes de Navarre furent adjugés pour la somme de 1 378 000 francs — double de l'évaluation de 1810 — à M. le marquis Dauvet, qui s'empressa de démolir le château et de morceler les terres.

Le produit de la vente fut employé en achat de vingt-deux inscriptions de rentes 5 p. 100, formant un revenu de 62 890 francs, dont le dixième — 6282 francs—* fut déduit pour former le fond d'accroissement. Le 1" décembre 1834, le prince Auguste de Leuchtenberg devenait l'époux de la reine Doua Maria de Portugal et quelques mois après, le 28 mars 1835 il mourait à Lisbonne.

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