‹ Joséphine répudiéeChapitre 21 sur 165 · LÀ, CONSPIRATION DE · texte numérisé non relu

LÀ, CONSPIRATION DE

do complot, non certes tous [les fils, car fis sont si nombreux qu'ont s'y perd. Au centre de la toile, il a vu Talleyrand, mais Fouché s'est esquivé ; il a tu le fil tendu vers Naples et qui passe par Lacques ; non celui qui relie Pétersbourg à la rue de Varennes; m ai os encore ceux qu'il aurait sous les yeux en se penchant de son trône et qui s'entre-eroisent du quai Voltaire où est le ministère de la Police, au Luxembourg où siège le Sénat, du Palais Bourbon où le Corps législatif tient séance, à Notre-Dame où » assemblent Tes Vicaires capitdaires ; qui font communiquer les salons des émigrés rentrés, avec les cabarets des terroristes impénitents, pénètrent dans les prisons- d'État, s'accrochent dans les casernes de la Garde de Paris et, de là, arec le tacite agrément des préfets, s'envolent vers les corps d'armée lointains, La conspiration est partout, dans son ménage, son ministère, sa garde, sa maison, sa famille ; elle est dans l'Etat et dans chacune des administrations de l'État, non pas agissante et formulée peut-être, sauf dans quelques milieux révolutionnaires et royalistes, mais tacitement consentie par tous et, en cas d'un accident, préparée pour toutes le» combinaisons.

Napoléon ne surprend que des indices; il croit avoir aseea puni en retirant à Talleyrand la elef de grand chambellan ; il ne pousse pas sa recherche que Fouché, d'ailleurs, saurait rendre vaine. Le lien lui échappe ; puis, qui frapper ? C'est la même situation qu'an lendemain de Marengo; mais, comme alors la nécessité de perpétuer le gouvernement, à pré-

sent la nécessité de perpétuer la dynastie, s'impose.; Pourtant si urgent que soit le divorce, la guerre est plus urgente : L'Autriche, moins prudente que n'est la Russie, prétend profiter de l'occasion de l'Espagne et, sur les exemples qu'elle donne, émouvoir à son tour les peuples contre l'ennemi des Oligarchies. A l'universalité des politiques et des courtisans qui l'en* tourent et qui veulent qu'il marche avec l'Autriche, Alexandre résiste, selon la politique qu'il préconisait avant Erfurt : il se réserve pour profiter des désastres. Napoléon, cette fois encore, n'aura donc affaire qu'à l'Autriche, mais il sent le mauvais vouloir des Russes ; il l'éprouve tout entier durant cette campagne qu'il a entreprise avec bien moins de moyens que les précédentes, où les lieutenants lui manquent, où les soldats de France lui font défaut, où, pour la première fois, il sent frémir et s'agiter en Allemagne, des ferments de nations.

Pas le temps de réfléchir jusqu'à Essling : il est dans la fournaise ; mais, après Wagram, il se reprend et il pense. Le Grand Empire insulté en Hollande, à Naples, en Espagne, en Westphalie, chancelle en France au bruit des invasions possibles. Fouché appelle de partout les gardes nationales, emplit Paris de milices douteuses, impose Bernadotte à l'armée qui doit repousser l'invasion anglaise, lui fournit un état-major de ses créatures, lui prépare un facile triomphe et, dans le cas d'un nouvel échec de Napoléon en Autriche, met en ligne la seule force organisée

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