PROCÉDURE ADOPTÉS
pereur veut la porter : II ne s'agit plus d'un divorce dans les formes où les particuliers peuvent le demander; mais d'un acte souverain, complet if des Constitutions, qui, s'il dissout le mariage, assure ainsi, en la forme la plus solennelle, les avantages que Napoléon a prétendu attribuer à Joséphine, la piotège contre les incertitudes et les haines de l'avenir et associe la Nation môme à la reconnaissance de l'Em* pereui •
Pour dissoudre le mariage, on convoquera donc, d'abord, une Assemblée de famille devant laquelle l'Empereur et l'Impératrice exposeront leur résolution et donneront pouvoir à l'Archichancelier d'en poursuivre l'exécution. Un Conseil privé rédigera le sénatus-consulte dans les formes prescrites par l'article 57 de l'acte des constitutions du 16 thermidor an X ; ce sénatus-consulte, porté au Sénat par les orateurs du Conseil d'État, fera l'objet d'un exposé, d'une délibération, d'un rapport et d'un vote.
Ici, l'on n'est embarrassé, ni sur le discours des conseillers d'État, ni sur le choix du rapporteur, ni sur l'émission du vote, mais sur le mode de délibération. Le silence serait désapprobateur et l'apologie serait indiscrète. On ne saurait voter sans discussion et qui, hors les intéressés, a le droit d'émettre une opinion? S'il convient que le projet soit appuyé par un sénateur, au moins faut-il que ce sénateur ait qualité pour le faire et qu'il puisse, sur un tel sujet, parler sans inconvenance. Malgré la fiction d'égalité, ce ne saurait être le premier venu. Il faut un
personnage d'importance dont la parole ne soit désavouée ni par l'Empereur ni par l'Impératrice. Or, les princes de la Famille impériale, Louis, Jérôme, Murât sont d'avance récusés : leur immixtion serait inconvenante et odieuse. Des princes de l'Empire, Gambacérès seul serait supportable, mais il préside le Sénat ; Lebrun est absent, Berthier et Talleyrand sont impossibles. Que reste-t-il? Eugène. Cela est audacieux et paraîtra cruel; mais, seul, Eugène est qualifié pour parler au nom de sa mère; seul, il peut affirmer le sacrifice et en réclamer l'exécution. Par les honneurs dont il est revêtu, il est au premier rang de l'assemblée et son intervention, nécessaire pour expliquer la décision de l'Impératrice, est la seule supportable au point de vue de la dignité de l'Empereur. Eugène ayant parlé, nul autre n'a à discourir : la délibération est close.
Tel est le programme arrêté par Gambacérès et Maret, soigneusement revu par l'Empereur, auquel on se conformera strictement. Les acteurs sont désignés ; les rôles sont distribués et répétés ; on s'est soigneusement mis en garde contre les surprises et l'on a su en enlevant à la légalité, qui ne peut rien avoir à voir avec elle, la dissolution du mariage civil, en faire un acte purement politique, un acte constitutionnel, qui échappe aux juristes, se place, en dehors de la loi et au-dessus d'elle.
Le 15 décembre, dans les salons du palais, éclairés comme pour une fête, les rois, les reines, les