‹ Joséphine répudiéeChapitre 44 sur 165 · JOSÉPHINE ET M-, DE METTERNIGH · texte numérisé non relu

JOSÉPHINE ET M-, DE METTERNIGH

de conseiller à l'Empereur de demander votre archiduchesse. » Déjà Eugène a fait de telles ouvertures au prince de Schwartzenberg, « au nom de l'Empereur et de l'aveu de l'Impératrice, sa mère », mais l'intervention directe de Joséphine n'est pas moins inattendue» Sur ce qu'a dit sa fille, elle entre et dit à M mê de Metternich : « J'ai un projet qui m'occupe exclusivement et dont la réussite seule me fait espérer que le sacrifice que je viens de faire ne sera pas en pure perte : c'est que l'Empereur épouse voire archiduchesse; je lui en ai parlé hier et il m'a dit que son choix n'est pas encore fixé ; mais, ajoute-t-elle, je crois qu'il le serait s'il était sûr d'être accepté chez tous. » M me de Metternich « dit alors tout ce qu'elle peut pour prouver que, pour elle, elle regarderait ce mariage comme un grand bonheur, mais elle ne peut s'empêcher d'ajouter que, pour une archiduchesse d'Autriche, il peut être pénible de venir s'établir en France. » Joséphine dit toujours : « Il faut que nous tâchions d'arranger cela » ; et elle se désole que M. de Metternich ne soit pas à Paris. « Il faut, répète-t-elle, faire envisager à votre empereur que sa ruine et celle de son pays est certaine s'il n'y consent pas et c'est peut-être aussi le seul moyen d'empêcher 1 Empereur de faire schisme avec le Saint-Siège. » Et elle annonce que l'Empereur va venir déjeuner, qu'elle lui parlera. Et, M"* de Metternich rentrée à Paris, ce sont de continuels messages d'Hortense que transmet M Ile Cochelet. L'affaire n'a pas besoin d'elles pour marcher, même courir. Néanmoins, entre tant d'intermédiaires qui

m JOSÉPHINE RÉPUDIÉE

s'offrent, c'est Joséphine que choisit Mette rnich pour reporter à Napoléon la réponse du cabinet autrichien et il peut sembler, aux louanges dont il la comble, qu'elle a atteint son but. « Cette princesse, écrit ostensiblement Metternich à sa femme, a fait, dans les derniers temps, preuve d'une force de caractère qui doit bien augmenter les sentiments de vénération que, depuis longtemps, lui ont voués la France et l'Europe entière. » Joséphine va-t-elle donc devenir la négociatrice officielle? Est-ce donc elle qui, dans le lit qu'elle vient de quitter, va conduire sa jeune rivale? Mais, à ce momeitf même, Napoléon qui semble avoir multiplié les porteurs de paroles, de façon à ne donner à aucun un caractère officiel et i démentir leurs avances s'il lui platt, qui s'est ménagé le mariage autrichien en cas où il trouverait de trop forts obstacles au mariage russe, qui sait à présent à quoi s'en tenir et qui garde au moins l'apparence de choisir, suspend la marche sur Vienne pour attendre les nouvelles de Pétersbourg. Lorsqu'il remettra les fers au feu, ce sera Eugène qui, « sur son désir, sera mis à la tète de cette affaire », et ce sera lui qui sera chargé d'enlever la signature de Schwartzenberg. L'avantage n'en sera pas moins perdu pour Joséphine, envers qui l'on pourra se montrer ingrat tout à son aise.

Mais, en ce moment, elle se voit en bonne posture vis-à-vis de l'Autriche et rien des sentiments que lui témoigne l'Empereur n'est pour l'inquiéter. Il lui écrit lorsqu'il ne peut venir; il s'inquiète de tous ses

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