‹ Joséphine répudiéeChapitre 47 sur 165 · JOSÉPHINE A L'ELYSÉE · texte numérisé non relu

JOSÉPHINE A L'ELYSÉE

« on duché en Allemagne avec une très belle ville pour résidence », et, comme son second fils n'est pas encore né, il laissera Eugène gouverner ce temps-là le royaume ; même il lui fera attribuer par le Sénat, un apanage de prince italien, un million de rentes, dont moitié en domaines, et la villa Bonaparte ; mais cela n'est que viager, servira ensuite au douaire de la vice-reine, ne passera point aux enfants et reviendra au prince de Venise, le fils aine de son deuxième fils — car il voit déjà ses petits-enfants I

Pourtant, il a promis et Joséphine ne se fait pas faute de le lui rappeler. Il n'en disconvient pas et même il ne demande qu'à la satisfaire. '< J'ai fait arranger tes affaires ici et ordonné qu'on portât tout à l'Elysée, » écrit-il le 28 janvier, et le 30 : « Je te saurai avec plaisir à l'Elysée et fort heureux de te voir plus souvent, car tu sais combien je t'aime. » Hais, à force de souffrir des retardements, Joséphine commence à douter ; il n'est bruit que d'éloignement, d'exil, d'interdiction de résider à Paris ; elle prend l'alarme, elle dépêche Eugène près de l'Empereur et Napoléon se défend, il est obligé de se justifier : « J'ai dit à Eugène, écrit-il le 3 février, que tu aimais plutôt écouter des bavards d'une grande ville que ce que je te disais ; qu'il ne faut pas permettre qu'on te fasse des contes en l'air pour t'afflige r. J'ai fait transporter tes effets à l'Elysée, mais sois tranquille et contente et aie une confiance absolue en moi. »

La permission est enfin arrachée ; le même soir, Joséphine s'installe et, tout de suite, l'Empereur vient

la voir. Eugène a rempli sa tâche et,quoi qu'il augure de ce séjour, il peut, à présent que aa mère a obtenu la satisfaction qu'elle souhaitait, regagner Milan.

Mais quoi ! Pour Joséphine, est-ce là Paris? Est-ce là quelle a, si àprement, désiré revenir? Partout autour d elle, on s'agite, ou danse, un dîne, on soupe. Il y a des spectacles, des audiences solennelles, deâ réceptions et des présentations, mais c'est aux Tuileries ; des cortèges défilent dans le Faubourg, nul ne s'arrête à l'Elysée. Les voitures portant des femmes en toilette et des hommes eu costume, passent devant le porche, aucune ne le franchit. L'Empereur court les théâtres ; il va à l'Opéra-Comique, et il est si content qu'il se fait, par la troupe de Feydeau, donner le spectacle dans les petits appartements, et c'est dans les anciens appartements de Joséphine!

Bal chez le prince de Schwartzenberg, bal chez le prince de Bénévent, bal chez La princesse Pauline, bal chez le prince de Neuchatel, bal chez I'Arcbichancelier, vingt invitations par jour ; les danseurs sont fourbus, les danseuses ont perdu le souffle, les buffets ont épuisé Paris de victuailles, et, au bruit de ces violons qui retentissent de tous côtés jusqu'à fElysée, il faut continuer des soirées moroses où, seulement, par quelque passante qui fait l'aumône de sa visite, Ton apprend comme étaient décorés des salons de tel prince et comme les dames étaient habillées. Heureuse encore Joséphine si ses dames de service ne la quittent point pour courir où Ton s'amuse, où Ton a chance d'attraper un sourire du maître

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