‹ Joséphine répudiéeChapitre 49 sur 165 · RECHERCHE D'UN CHATEAU · texte numérisé non relu

RECHERCHE D'UN CHATEAU

En vérité, à présent qu'il est de sang-froid et qu'il y réfléchît, comment a-t-H pu penser à cette rencontre, i cette dualité d'impératrices ? Il faut que Joséphine disparaisse au moins pour un temps. Ce séjour è l'Elysée lui en aurait prouvé la nécessité pour elle, comme pour lui et pour la nouvelle impératrice ; mais il n'a pas eu besoin du séjour à l'Elysée.

Dès le jour où le contrat de mariage a été signé, le ï février — *■ quatre jours après la rentrée de Joséphine à Paris — il s'est occupé des moyens pratiques de l'éloigner. Mais quoi ! après ce qu'il a promis, ce qu'il a autorisé, ce qu'il vient de permettre, comment revenir ? Pour colorer au moins ce départ, il faut une terre, telle qu'il a dit qu'il en donnerait une, avec un château qui soit habitable, des fermes, des forêts et de la chasse, une terre qui, comme on disait jadis, fut titrée, eût appartenu à un prince du sang, au moins à un duc et pair. Un château de la couronne ? Point à y penser : tous sont trop près de Paris, ont coûté trop cher, sont d'entretien trop onéreux, et puis l'Empereur y tient et ae se. soucie pas d'en abandonner U/ jouissance*. Des châteaux du domaine privé, quel? Neuilly est pire encore que Malmaison ; rien à faire de la Motte-Saint-Héraye, épave des Murât, bon tout au plus, par les fermages r pour un aide de camp. Après la dévolution, on avait le choix, tout était à vendre. Mais, i présent, les émigrés sont rentrés, beaucoup ont obtenu la restitution de leurs biens ; puis, entre rois, princesses du sang, princes de l'Empire, maréchaux, ministres,' généraux, conseillers d'Etat, fiuan-

ciers 9 c'a été une si vive émulation quïl y a maintenant disette de châteaux — - au moins tels que l'Empereur les entend — avec un revenu alentour, bois, eaux, communs, de quoi enfermer, loger et soutenir le train d'une cour. C'a été au point que, en

1808, il a fallu loger à Gompiègne, Charles IV d'Es* pagne et, pour le prince des Asturies et les infants» prendre Valençay en location du prince de Bénévent, On ne peut pourtant loger en meublé l'Impératrice* Reine-Couronnée I

Mais, à propos du prince des Asturies, n'y a-t-il pas quelque part, du côté d'Evreux, un château qu'on lui a promis ? Beau pays, pas trop loin de Paris, pas trop près non plus : treize postes ; une ville à côté, avec préfecture, évêché et garnison de cavalerie ; des fermes, des bois, de la chasse et un nom qui sonne : Navarre. Le 10 mai 1808, à Bayonne, l'Empereur a cédé Navarre au prince des Asturies, en échange de la Couronne d'Espagne : château, parc, fermes et forêts jusqu'à concurrence de cinquante mille arpents ; mais, en le sait, le marché n'a pas tenu. Le 27 octobre, au lieu de mettre Ferdinand en possession, l'Empereur a ordonné qu'il en fût dressé état, afin que, au 1 er janvier suivant, le ministre des Finances lui fit un rapport en vue d'exécuter le traité, et l'exécution s'est réduite à un décret signé à Astorga, le 3 janvier

1809, réunissant purement et simplement au domaine de l'Etat la terre de Navarre avec toutes ses dépendances.

On peut se demander, il est vrai, si, en 1808 comme

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