‹ Joséphine répudiéeChapitre 58 sur 165 · LES ABSENTS · texte numérisé non relu

LES ABSENTS

Consulat — car M mes de Lucay, de Talhouet et de Lauriston sont entrées dans la nouvelle maison, — la place de dame d'honneur de Joséphine lui reviendrait de droit, mais, d'abord, elle représente trop peu ; puis, ses liaisons avec Talleyrand sont suspectes ; enfin elle se mêle de tant de choses et s'ingénie si bien en intrigues qu'elle ne manquerait pas de rendre à quelque moment sa maltresse gênante. D'ailleurs at-elle rien de ce qu'il faut pour donner bon air à la Maison, elle qui, malgré tout l'argent que l'Empereur lui a donné, n'a pas su même ouvrir et tenir un salon ? Bref, elle a été écartée et il faut bien croire que l'Impératrice elle-même ne désirait pas si fort qu'elle fût nommée. Aux premiers jours, n'est-elle pas tenue de montrer plus de zèle pour ne pas prouver du dépit? Mais, là pauvre I ce n'est pas sa faute si elle ne vient pas à Navarre. Elle en meurt d'envie et elle partirait tout de suite après l'Impératrice, si elle avait une dormeuse; mais, point de dormeuse! et dès lors, que faire ? Courir treize postes sans dormeuse, cela se peutil quand on est né Gravier et qu'on s'appelle Rémusat. Aussi écrit-elle simplement à l'Impératrice pour lui demander de ses nouvelles. Unç lettre va sans dormeuse '«

1 Je dois dire que je trouve dans les Promenades auPère-Lachaise. sous le numéro 962, cette épitaphe :

Marie- Joséphine Réuusat

46 mars 4815, Quatre ans et trois mois.

ma chère fille, pourquoi partir si vite ?

L'enfant morte le 16 mars 1815 a dû naître en décembre 1810 ;

De fait, la Maison se trouve, en dames qualifiées pour le service, réduite à la dame d'honneur M ae d'Arberg. Celle-ci, il est vrai, vaut toutes les autres. Lorsque M me de la Rochefoucauld a manifesté Hotent ion bien arrêtée de ne plus continuer ses bons offices à la chère cousine, M me d'Arberg s'est trouvée toute désignée pour lui succéder. Née princesse et princesse allemande, alliée h ce qui est le plus grand en Europe, ayant reçu à la cour de l'Archiduchesse gouvernante des Pays-Bas toutes les traditions de l'étiquette; entrée dans la Maison dès la veille du Sacre ; depuis lors, constamment habituée avec Joséphine, au point de loger toujours aux Tuileries et de la suivre dans toutes les résidences, traitée par elle plutôt en amie qu en dame du Palais, connaissant tous les défauts de son jugement et s'efforçant, à toute rencontre, de la mettre en garde contre eux, austère en sa conduite, scrupuleuse en ses avis, juste sans faiblesse, sévère sans brusquerie, égale de caractère, imposante de tenue, irréprochable de mœurs, gardant, avec de beaux traits que relève une noble tournure, un air de grande dame qui n'est point appris, elle présente à l'Empereur cette garantie que, de ses filles, l'aînée a épousé le général comte Klein, sénateur et gouverneur de Trianon, la seconde, le général Mouton, comte de Lobau, et que son fils, propre à toutes les missions d'extrême

M** de Rémusat pouvait donc être enceinte en mars, avril. Mais est-ce d'une fille de notre M -8 de Rémusat qu'il s'agit ; U n'est parlé de cette tille, ni dans les Mémoires, ni dans les Lettres.

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