‹ Joséphine répudiéeChapitre 62 sur 165 · LES DOMESTIQUES HP · texte numérisé non relu

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eux dix ans de secrets gardés, et cela compte. Gomme il sera facile, pour un nouveau venu, fort peu versé en tellea matières, do ranger à l'ordre une domesticité qui a si bien pris ses mesures avec la maîtresse qu'elle la conduit bien plos qu'elle ne lui obéit et qui, sachant à merveille ses faiblesses, a, chaque jour, plusieurs heures pour trouver la minute de les exploiter. Pourtant l'empressement a été extrême à Paris, dans une certaine classe pour obtenir la place d'intendant général, soit qu'on n'en voulût considérer que les avantages, soit qu'on ne sût point où les charges pouvaient entraîner. Des quinze concurrents sérieux qui se la sont disputée, pas un qui n'ait remué ciel et terre et qui n'ait fait agir toutes ses influences : 11. Robin, notaire à Paris, trésorier du Sceau des Titres ; M. Saulty, homme d'affaires, trésorier du Génie, H. Mouuier ex-agent de change, cousin du baron Hounier secrétaire du cabinet ; M. Auguste Donmerc, banquier; M. Lecocq, ancien administrateur de la compagnie des Indes; M. Le Tissier; M. Moratnbert, référendaire; H- Aubry, ex-intendant du cardinal de Rohan; M. Gazzani ; M. Foncier, ex-bijoutier, beaupère du général de France; M. Rrière de Hondétour, auditeur au conseil d'État; M. Pierlot, receveur général de l'Aube; M. Ballouhey, secrétaire des dépenses de L'Impératrice; M. de Honttivanlt, M. Vital Roux, régent de la Banque; tous ont exposé leurs alliance leurs parentés, leurs fortunes. Duroc eût pencl pour M. Vital Roux, « homme très probe qui eût é Jort convenable à la place si sa femme n'était ma

chaude de fleurs »; Joséphine a insisté pour M. de Montlivault, « très bien né, propriétaire dans Loir-et- Cher, ayant affirmé son dévouement en sollicitant d'être présenté à l'Empereur », et elle en a fait si bien son candidat que, « dans le cas où l'Empereur ne le nommerait pas intendant, elle s'est proposé de le demander comme chambellan faisant les fonctions de maréchal du palais » .

M. Pierlot a été nommé : il possède plus de trois cent mille livres de rente ; il dirige une maison de banque des mieux connues sur la place ; il est régent de la banque de France et titulaire de la recette générale de l'Aube. Son hôtel de la Chaussée d'Antin est cité comme une curiosité, sa terre du Plessis-Lalande est pour l'habitation bien autrement agréable que Navarre. Est-ce pour 12 000 francs de traitement et 15000 francs de frais de bureau qu'il a tant désiré aliéner sa liberté et consacrer ses jours à régler et ordonnancer toutes les dépenses de Sa Majesté, à contrôler les différents services et à exercer une particulière surveillance sur celui de la bouche? Non pas, certes, — mais l'uniforme, les honneurs de la Cour, la félicité d'approcher les princes ! Le pauvre homme I Ballonhey, qui a été son ami intime, a essayé de le mettre en garde; mais c!était un concurrent; donc, de ce qu'il disait, c'était le contre -pied qu'il fallait prendre. D'ailleurs, Pierlot est si entêté de sa dignité nouvelle qu'il ne peut plus entendre.

L'idée qu'il est de la Cour l'a grisé. Et pourtant c'est à peine s'il y figura. Excellent homme en son

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