LÀ NÉGOCIATION D'EUGÈNE
de Votre Majesté, en voyageant incognito, Rome, Florence et Naples et passer l'hiver prochain à Milan, de manière à être à Malmaison et Navarre au printemps de 181 i. » C'est là un programme défini, avec une série d'engagements fermes, portant des dates fixes : saison d'eaux, voyages, séjour à Milan, retour en France en avril ou mai. En conversation, cela passe et s'oublie ; écrit, cela demeure.
Pour bien prouver que Navarre devient son quartier général, « son établissement réel, » Joséphine demande, en troisième lieu, l'argent nécessaire pour y {aire les constructions et réparations indispensables; enfin elle prie l'Empereur de prendre une décision « pour le mariage des jeunes Tascher, ses cousins, savoir Faîne avec une parente du roi Joseph et le second avec la princesse de la Leyen », nièce du prince Primat
Encore un point qui, en conversation, eût été sauvé ou esquivé, qui, par l'écriture, prend de l'importance, occupe l'esprit de l'Empereur et provoque sa mauvaise humeur. Et c'est le premier qui se présente, lorsque, dès le lendemain, avec sa ponctualité précise il répond à Eugène. Il ne veut rien savoir d'Henri Tascher, « ce petit polisson qui a quitté à Madrid la cocarde française sans l'en prévenir, obéissant à une / impulsion d'amour et oubliant tous les devoirs qu'il avait envers l'Empereur... Qu'il fasse ce qu'il veut, qu'il épouse qui il veut, eela lui est indifférent » ; cette impression de colère, provoquée par « un individu qui lui a manqué », s'étend alors sur toute la réponse.
Certes, pour Louis Tascher, il tiendra tout ce qu'il a promis et il désire que le mariage se fasse le plus tôt possible; mais, pour les travaux de Navarre, il ne donne rien; il autorise seulement l'avance des 600 000 francs, restant, pour 4810 et 1811, des deux millions à verser par le trésor de la Couronne et dont 1 400 000 francs ont été employés à payer les dettes. Il permet encore qu'on emploie à Navarre les 100 000 francs qu'il a donnés pour l'extraordinaire de Malmaison et cela amène : « J'approuve beaucoup son projet de faire toutes ses dépenses à Navarre. » Il accepte et enregistre le programme de voyage et, quant aux eaux, il voit à présent moins d'inconvénient à ce qu'elle aille à Aix-la-Chapelle; « le seul que, peutêtre, il y trouverait serait qu'elle retournât dans des lieux où il a été avec elle » . Il préférerait d'autres eaux où elle a été sans lui : Plombières, Vichy, Bourbonne, Aix-en -Provence; mais si celles d'Aix-la-Chapelle sont cependant les eaux qui lui conviennent le mieux, il n'y met aucune opposition. « Ce que je désire pardessus tout, dit-il en terminant, c'est qu'elle se tranquillise et qu'elle ne se laisse pas monter la tête par les bavardages de Paris. »
Là-dessus, il insiste dans sa réponse à Joséphine : « N'écoute pas, lui dit-il, les bavardages des Parisiens ; ils sont oisifs et bien loin de connaître le véritable état des choses. Mes sentiments pour toi ne changeront jamais et je désire beaucoup te savoir heureuse et contente. »
Joséphine le serait en effet, — même le séjour de