‹ Joséphine répudiéeChapitre 68 sur 165 · VISITE DE NAPOLÉON 18.S · texte numérisé non relu

VISITE DE NAPOLÉON 18.S

Rien d'autre, Joséphine peut penser qu'elle s'est mise sur cela d'accord avec Louis et qu'elle a l'assentiment de l'Empereur : « Je ne doute pas, lui écrit-elle, que tu n'éprouves bientôt le bon effet des eaux et je t'engage à y prolonger ton séjour le plus que tu pourras. » En revenant d'Àix, elle Tira voir à Plombières ; « en tout cas, ajoute-t-elle, j'espère que nous nous reverrons à Paris et que tu ne retourneras pas en Hollande », et elle termine par cet excellent conseil dont elle eût pu prendre sa part : « Ne te laisse pas aller au chagrin et prends courage; c'est la tranquillité d'âme qui seconde l'effet des eaux. »

On est au 8 juin et l'Empereur, revenu le 1", n'a pas encore fait la visite promise ; mais Joséphine l'attend 3'un jour à l'autre et retarde naturellement son départ. Enfin, le 43, voici Napoléon à Malmaison et cela fait une grande nouvelle. D'abord pour Joséphine, c'est un triomphe, c'est « la marque de faveur ou de souvenir », qu'elle sollicitait avec tant d'instances. Puis, il faut bien admettre qu'elle n'a point quinze ans vécu avec un tel homme sans prendre pour lui, ou du moins pour ce qu'il apporte de bonheur, un sentiment d'admiration, de respect et de crainte. Gomment n'eût-elle pas compris que, la main qui l'a soutenue se retirant d'elle, sa chute était profonde et sans remède? « J'ai eu hier un jour de bonheur, écrit-elle à sa fille ; l'Empereur est venu me voir. Sa présence m'a rendue heureuse quoiqu'elle ait renouvelé toutes mes peines... les émotions sont de celles qu'on voudrait éprouver souvent. Tout le temps qu'il est reslé

avec moi, j'ai eu assez de courage pour retenir des larme* que je sentais prêtes à couler; mais après qu'il a été parti» je me suis sentie très malheureuse. Il a été pour moi boa et aimable, comme h son ordinaire, et j'espère qu'il aura lu dans mon cœur toute la tendresse et tout le dévouement dont je suis pénétrée pour lui. » Elle a profité de l'occasion pour parler de la position d'Hortense ; il Va écoutée avec intérêt. « Il est d'avis qu'Hortense ne retourne plus en Bollande, le roi ne s'étant pas conduit comme il aurait dû le faire et n'ayant pas tenu compte du sac ri lice qu'elle a fait. Elle a prouvé par là à l'Empereur et à ht famille de son mari combien elle désirait faire une chose qui leur fût agréable. Qu'elle prenne les eaux le temps nécessaire ; ensuite qu'elle écrive à son mari que les médecins lui conseillent d'habiter un pays chaud pendant quelque temps; qu'en conséquence, elle va en Italie, près de son frère. Quant à son second fils» l'Empereur donnera ordre qu'il ne sorte pas de France. » Restera l'aîné, le prince royal de Hollande grand-duc de Berg, qui est en ce moment à Amsterdam ; l'avenir y pourvoira. Napoléon sait mieux que qui que ce soit où en sont les affaires de Louis et combien ce trône est fragile. S'il se montre si facile à l'égard d'Hortense, n'est-ce pas que la présence de celle-ci en Hollande aurait pour effet de compliquer encore la situation ?

Joséphine n'a plus de raison pour retarder son départ ; car l'entrevue avec Marie-Louise parait indéfiniment ajournée» au moins n'en a-t-il été nullement

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