LÀ VIE A AIX-LES-BAINS 4M
rendra parfaitement heureuse. Ma santé est bonne. Je suis venu ici (à Rambouillet), pour chasser quelques jours. Je te verrai avec plaisir cet automne. Ne doute jamais de mon amitié. Je ne change jamais. Porte-toi bien, sois gaie et crois à la vérité de mes sentiments ».
Cette abdication de Louis» c'est le texte sur lequel, désormais, on brode des commentaires : d'abord, ce que l'Empereur a écrit à Hortense et le sort qu'il lui réserve ; puis, ce qu'est devenu le roi, où il est, ce qu'il fait, les destinées qu'on prépare au grand-duc de Berg. Hortense va arriver et donnera toutes les nouvelles; on lui prépare une maison qu'a mise à ses ordres « un particulier » ; c'est la plus grande qui soit à Àix, elle est très bien située, avec une vue charmante. Joséphine est enchantée; mais quelque tendresse qu'elle ait pour sa fille, l'égoïsme est toujours supérieur et elle n'entend pas se priver pour elle : « Tu pourras te promener partout en calèche, lui écrit-elle ; tu seras bien aise d'avoir la tienne. J'ai la mienne et je m'en sers tous les jours. »
En effet, ce n'est que promenades et parties et, chaque jour, la foule venue de Ghambéry, de Genève» de Turin, de Grenoble, s'amasse devant la maison de l'Impératrice pour voir « la jolie calèche, les beaux chevaux, les livrées, et, au milieu de tout cela, la figure douce et toujours bienveillante delà patronne ». On lui remet, au passage, quantité de pétitions pour l'Empereur et « Ton a l'air de croire encore qu'elle est un infermédiaire entre le malheur et lui ». En réalité on
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comprend peu ; la situation est si étrange. Elle tu à Cbambery, elle va à la cascade de Grésy où elle admire c les trois chutes d'eau à cAté et en meute temps l'une sur F autre, les masses de rochers qui font de jolies cascades et, an fond, le petit torrent qui fait au travers des plus beaux arbres » ; elle va en bateau à Hautecombe, par delà le lac du Bourget, tout les ruine» de l'abbaye et la fontaine intermittente et, au retour , dans une de ces perfides tempêtes du lac, si véhér meutes, si rite élevées, elle manque périr dans le bateau de promenade que chavire la banne arrachée par le vent Crises de nerfs des dames, dorant que, pour les rassurer, Charles de Flahaut chante des romances : « J'ai ru avec peine le danger que ta as couru, Lui écrit l'Empereur. Pour «ne habitante des lies de l'Océan, mourir dans an lac, c'eût été fatalité. * Voici à présent Hurleuse : M™ de Boubers vient de ramener son fils aîné d'Amsterdam à Saint-Cloud oè le second l'a rejoins! de Sainfc-Leu. L'Empereur les a installés an p&villo® d'Italie et il attend à chaque» instant la reine qui, écrit-il, «c doit bientôt arriver ». Mais la reine a d'autres soins : ne se doit-elle pas à sa mère, et aussi à d'autres? * Elle est pâle, maigre, fort abattue, toujours prête à pleurer sans savoir pourquoi; mais « elle ne crache plus le sang », et l'cra compte que la distraction lui fera le plus grand bien. Elle imagine des petites fêtes, comme pour la Sainte- Claire qui est la fête de M ma de Rémusat. On déjeune dans le jardin; on chante des couplets; on joue une pelite scène de proverbe fort aimable, on porte des