‹ Joséphine répudiéeChapitre 85 sur 165 · BALS ET FÊTES S · texte numérisé non relu

BALS ET FÊTES S

le préfet voulut se distinguer et demanda les ordres de Sa Majesté pour un bal qu'il comptait lui offrir. Joséphine désigna le jeudi 7 et tout était préparé à la préfecture, lorsque H. de Monaco, venant y faire un tour d'important, prit sur hà d'exiger qu'on démolit le trône dressé dans la salle de danse. Personne ne comprit ses raisons, d'autant que, ce jour même, le colonel du 8 e Cuirassiers avait reçu du ministre Tordre de fournir régulièrement la la garde et le piquet de service. L'Impératrice, arrivant avec son cortège et son escorte, ne trouva qu'un vulgaire fauteuil où. elle s'assit à peine et ce fut au préfet qu'elle tint rancune.

En mars, tombait la Saint-Joseph et Ton s'y prépara. L'année précédente, sur la requête des dames d'Evreux, Tévêque avait, par une ordonnance, prescrit que, désormais, la fête serait célébrée le 19 mars, dans l'église cathédrale, sous le rit solennel majeur et qu'il y aurait, ce jour-là, grand'messe, vêpres, sermon et salut du Saint-Sacrement. C'était là pour le sacré, mais il y eut le profane. Dès le 18, « tous les grands de la ville vinrent en carrosse à Navarre saluer l'Impératrice et lui souhaiter une bonne fête ». Les jeunes filles en blanc, portant son buste sous un dais de fleurs, récitèrent des vers et reçurent des présents. Le soir, dans l'intimité du château, il y eut des couplets, de la facture de Deschamps, chantés en costume, par tas dames de la liaison et agrémentés, comme on pense, de la scène villageoise obligatoire avec les Saurons, les v'ià et les aile qui donnaient, paraît- il.

aux louanges un tour piquant et naturel. Chacun fit un hommage de ses talents, et Joséphine répondit par des cadeaux.

Le lendemain, elle rendit à la ville le bal qu'elle avait reçu du préfet; on posa un plancher sur le dallage de marbre du grand salon ; on fit venir de Paris des victuailles et des danseurs, mais, si tout fut ordonné avec le plus grand luxe» les habitants d'Evreux en virent peu de choses ; « car il n'y eut d'admises que les personnes invitées par lettres » et, par la négligence des chambellans, les omissions avaient été nombreuses.

Le 20, pour continuer les réjouissances, le maire, au nom de la ville, voulut offrir un diner à l'Impératrice, mais elle n'y vint point; elle y envoya

seulement sa maison d'honneur et resta seule au

château avec M mo d'Arberg. Le dîner du maire se passa fort bien et à huit heures, au moment où l'on sortait de table, un employé de la préfecture apporta un pli officiel : le roi de Rome était né. Aussitôt, toasts enthousiastes, les cloches mises en branle et quarante coups de canon.

De Navarre, Joséphine les entend, mais qu'est-ce? Personne ne vient d'Evreux pour lui dire. Enfin, quelqu'un sollicite d'entrer; c'est le directeur des postes, qui, avisé par un courrier expédié par Lavallette sur Cherbourg, a revêtu son uniforme et a couru au château. On l'introduit : « Je remarquai d'abord, racontet-il, une légère contraction sur son visage, mais, reprenant ensuite l'air gracieux qui lui était habituel,

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