‹ Joséphine répudiéeChapitre 87 sur 165 · EMBARRAS D'ARGENT · texte numérisé non relu

EMBARRAS D'ARGENT

bles appartenant à M. Pierlot, lequel, devant liquider dans la quinzaine, ne trouve pas d'autre acquéreur que le Domaine extraordinaire. L'Empereur disposera à ce titre de l'hôtel de la rue du Mont-Blanc en faveur de M. de Marbeuf, puis du duc de Padoue, et le maréchal Mortier aura la terre du Plessis-Lalande. À cette aventure, Pierlot qui a été victime de sa bonne foi et dont l'honorabilité reste entière, se trouve perdre, outre ses places, les deux tiers de sa fortune.

Par décret du 28 juin 1811, M. Guyon de Montlivault est nommé intendant de la Maison, « en remplacement du sieur Pierlot, démissionnaire ». Joséphine, on l'a vu, a déjà proposé Montlivault pour cette place, puis pour celle de chambellan ou de maréchal de cour. Pourtant rien ne semble l'y avoir préparé : c'est un ancien chevalier de Malte, qui, avant la Révolution, a servi dans l'artillerie ; il a émigré, et, depuis le Consulat, il aspire à se faire employer. Ami de Vitrolles et fréquentant chez la princesse deVaudemont,il estfort avant dans le faubourg Saint-Germain, quoiqu'il fasse le rallié et ait sollicité d'être présenté à l'Empereur.

On ne lui donne point au reste, à son grand étonnement, toutes les attributions qu'avait Pierlot. Par un règlement nouveau et fort compliqué, le chevalier d'honneur, M. de Beaumont, se trouve investi de fonctions qui restreignent singulièrement celles de l'Intendant 1 , lequel n'est plus que le comptable et le cais-

4 L'impératrice Joséphine, voulant fixer los fonctions et attributions de son chevalier d'honneur, arrête ce qui suit : Article Premier. — Comme d'après ce qui est prescrit par l'étiquette.

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fier, sans immixtion dans les choses de Fntérievr. Hfontlivault s'offusque d'abord» puis, comme il désire ayant tout être placé» il se calme. Sans doute ignoret-il les difficultés qu'il va rencontrer; à la première inspection qui lui sera permise, il es sera épouvanté.

Dans tous les services» le coulage est effrayant* mais du fait des domestiques, tandis qu'à l'écurie, le vol est organisé par le premier écuyer lui-même.

l'Impératrice ne reçoit la main de personne à moins que ce ne soit d'une tête couronnée, le chevalier d'honneur marche derrière elle ou à portée, pour qu'elle puisse s'appuyer sur son bras lorsqu'elle sort de son appartement, lorsqu'elle monte en voiture ou lorsqu'elle en descend ; dans les cérémonies et audiences, il se tient derrière son fauteuil, à la droite, pour recevoir ses ordres. Il accompagne l'Impératrice dans ses voyages, commande dans sea palais, en a la police et y donne L'ordre.

Art. II. — Gomme chargé de la police dans les palais, c'est lui seul qui après avoir pris l'ordre de l'Impératrice peut infliger l'ordre d'emprisonnement aux individus gagistes de sa maison.

Art. III . — Il doit être renda compte au chevalier d'honneur de tous les événements qui arrivent dans les palais, de tous les individus qui viennent y loger, s'y établir, ou s'y introduire. Ceux qui y sont arrêtés ne sont pins relâchés et envoyés aux autorités que d'après ses ordres*

Art. IV. — Il visite les appartements de l'Impératrice. Il doit veiller à ce qu'ils soient tenus et arrangés de la manière convenable et à ce que les huissiers et valets de ohambre soient à leur poste et exécutent les consignes qui leur sont données par la dame d'honneur.

Art. V. — Lorsque l'Impératrice doit voyager il visite sa voiture pour s'assurer que tout ce qui est nécessaire à son service y est placé.

Art. VI. — La musique, les fêtes, les spectacles sont sous sa direction et il en vise les paiements.

Art. VII. — 11 prend les ordres de l'Impératrice pour les présents qu'elle désire faire aux têtes couronnées, princes, ambassadeurs et autres et qui doivent être payés par la cassette. Il est charge d'en viser les dépenses.

Art. VI II. — Le chevalier d'honneur loge dans les palais de l'Impératrice. U en a le commandement militaire. 11 a aussi le coin-

M. PIEHLOT. — M. DE MOBACO 2IS

Caulamcourt, à qui l'on en réfère et qui est expressément chargé par l'Empereur d'en connaître, déchire, après examen, que tous les comptes de 4810 sont faux : « Au lieu d'avoir un excédent en caisse quand en aura payé les ouvriers et les entrepreneurs, auxquels il est dû encore 22 547 francs, il se trouvera, pour 1840, un excédent de dépenses de 12413 francs On a réformé d'excellents chevaux pour en acheter qui ont passé Tannée à la réserve. Les chevaux rémandement de la livrée dont cependant il ne congédie aucun serviteur sans avoir- pris ordre de l'Impératrice. Il surveille l'entretien, l'embellissement et l'ameublement des palais ; il veille à l'ap proprement et à la bonne tenue de tous les appartements, des logements des communs, des cours, jardins et dépendances. 11 a la distribution des logements et des tables. Les logements marqués par son ordre, pour le service de l'impératrice et les personnes de sa suite, ne peuvent plus être pris par aucune autre personne.

Art. IX. — Il ne peut rien être changé à la distribution ou à l'ameublement des palais et Ton ne peut faire sortir aucun des meubles a moins d'un ordre du chevalier d'honneur ; il ne peut rien y entrer non plus sans qu'il en soit prévenu. Il fait à l'intendant général la demande des meubles nécessaires.

Art. X. — Il a sous ses ordres les concierges, garçons d'appartements, portiers et tous les employés quelconques au service des palais de Sa Majesté. Il donne à tous les portiers des consignes pour leur service.

Art. XI. — Quant au service, il fait celui d'honneur de préférence à tout autre chambellan, il peut aussi faire le service ordinaire.

Art. XII. — En cas d'accidents imprévus ou d'incendie, le cheva- Ber d'honneur ordonne toutes les dispositions nécessaires.

Art. X11L — Lorsque l'Impératrice arrive ou fait sa première entrée dans un de ses palais, le chevalier d'honneur la reçoit à la porte, la précède et la conduit dans les appartements où elle peut désirer aller.

Fait au château de Navarre le 16 juillet 1811. Approuvé :

Par Sa Majesté. ioetoaiNs.

Le Secrétaire des Commandements :

J.-M. Deschamps.

formés sont encore dans les écuries du vice-roi, de la duchesse d'Arenberg, du général Ordener, etc. On a acheté et fait changer des voitures dans les mêmes conditions. La partie de la grande livrée qui devait être donnée en 1810, n'a pas été confectionnée. Le premier écuyer est, de son aveu, le fournisseur de fourrages sous un prête-nom. L'Impératrice affirme n'avoir jamais eu plus de cinquante chevaux en service : les états de M. de Monaco en portent plus de soixante pendant neuf mois. M. de Monaco allègue de prétendus ordres de l'Impératrice : Sa Majesté assure n'avoir demandé qu'une voiture de voyage et deux voitures de bouche ; la première n'a jamais été fournie, bien que Sa Majesté ait donné un secours extraordinaire de 60 000 francs pour 1810. La plus grande partie des fonds de 1811 est dépensée quoiqu'il soit dû infiniment sur cet exercice; » mais, celui-là, Gaulaincourt ne l'a point vu à fond, il s'est contenté du précédent.

Si concluant et si précis que soit le rapport du grand écuyer, l'Empereur ne s'en contente pas : Il écrit en marge : « 11 paraîtrait d'après ce rapport que M. Monaco ne mériterait pas confiance. U faudrait savoir le mot net là-dessus », et il paraphe de son N et date Saint-Cloud, 24 juillet 1811. Une nouvelle enquête donne des résultats pires encore ; mais l'Empereur recule à déshonorer un grand nom ; Joséphine intervient avec son habituelle faiblesse et l'affaire se termine mieux qu'on n'eût pensé. « Sa Majesté ayant examiné les comptes de M. de Monaco et ayant reconnu

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