‹ Joséphine répudiéeChapitre 88 sur 165 · NOUVELLES DETTES · texte numérisé non relu

NOUVELLES DETTES

que sa comptabilité et son administration étaient irrégulières et qu'il avait dépassé le budget, a donné Tordre au ministre de la Guerre de l'employer dans son grade dans son régiment. Elle charge H. de Pourtalès pendant son absence de la liquidation de l'écurie. »

Ce n'est encore qu'un côté des affaires : il y a des abus, on y remédiera ; mais il y a aussi des dettes, beaucoup de dettes 1 . Malgré les deux millions qu'elle a touchés en 181 1, Joséphine est en déficit d'un million. L'Empereur le soupçonne, mais il ne sait pas encore le chiffre lorsqu'il lui écrit : « Mets de Tordre dans tes affaires ; ne dépense que 1 500 000 francs et mets de côté tous les ans autant; cela fera une réserve de quinze millions en dix ans pour tes petitsenfants ; il est doux de pouvoir leur donner quelque chose et leur être utile : au lieu de cela, on me dit que tu as des dettes, cela serait bien vilain. Occupe-toi de tes affaires et ne donne pas à qui veut prendre. Si tu veux me plaire, fais que je sache que tu as un gros trésor. Juge combien j'aurais mauvaise opinion de toi, si je te savais endettée avec trois millions de revenu. *

• Dans le Recueil Didot ne se trouve publiée aucune lettre de Napoléon & Joséphine durant les neuf derniers mois de 4811 : à la vérité, la lettre qui y est datée du 25 août 1813 est du 25 août 1811 et elle fait justement allusion a ce règlement de dettes. Dans tous les récits consacrés à Joséphine on passe sous silence ce séjour a Malmaison; on veut qu'elle soit restée à Navarre Tannée entière, au moins jusqu'au 18 septembre. Il est pourtant certain qu'elle a passé à Malmaison, avril, mai et qu'elle est retournée à Navarre en juin seulement : a coup sûr elle y est en juillet.

1/ enquête faite et menée avec quelque soin do des résultats pires qu'on ne l'attendait et l'Empereur se voit obligé d'employer des mesures radicales : pour liquider le passif et, semble-t-il, pour mettre la mai son plus à 1 aise, le 4 novembre, il fait annoncer & Montlivault par Estève ce qu'il accorde un supplément de douaire d'un million à l'impératrice Joséphine » ; mais, en même temps, il écrit i Mollien, ministre du Trésor : « Il est convenable que vous envoyiez chercher secrètement l'intendant de l'Impératrice Joséphine et que vous lui fassiez connaître qu'il ne faâ sera rien payé que sur la preuve qu'il n'y a point de dettes et, comme je n entends pas raillerie là-dessus, 3 faut que les biens personnels de l'intendant me serrent de garantie. Vous notifierez donc à cet intendant que, à dater du 1 er janvier prochain, aucun paiement ne se fera ni chez vous, ni au trésor de la Couronne que lorsqu'il se sera engagé et aura répondu sur ses biens qu'il n'y a point de dettes. Je suis informé que les dépenses de cette maison sont fort désordonnées. Voyez donc cet intendant et mettez-vous au tait de ce qui se passe sous le rapport de l'argent, car il est ridicule que, au lieu d'une économie de deux, millions que Tlmpératrice devrait faire, il y ait encore des dettes à payer. Il vous sera facile de tirer le mot de tout cela de l'intendant et de lui faire comprendre qu'il serait fortement compromis. Ayez, vous-même, une occasion de voir l'impératrice Joséphine et laissez-lui entendre que j'espère que sa maison sera administrée avec plus d économie et que .ce serait me

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