RÈGLEMENT DES DETTES
déplaire infiniment s'il n'était rien dû. L'impératrice Liouiaen'a que cent mille écus ; elle solde ses dépenses tons les irait jours ; elle se prive de Tobes et s'impose des privations pour n'avoir jamais de dettes. Mon intention est donc qu'à compter da 1" janvier, il ne soit plus rien payé pour la maison de l'impératrice Joséphine que sur un certificat de l'intendant constatant qu'il n'y a pas de dettes. Âyes connaissance du budget de 1811 et de celui qui sera fixé pour 1812 ; ce budget ne devrait pas se monter à plus d'un million. S'il y a trop de chevaux, il faudrait en réformer une partie. L r impératrice Joséphine qui a des enfants et des petits-enfants devrait économiser pour leur être de quelque utilité, au lieu de faire des dettes. » Mollien, dont l'intervention doit être moins disgracieuse & Joséphine qu'aucune autre, car elle sait son dévouement et celui de M me Mollien, cherche de son mieux à remplir sa mission de façon qu'à son retour des bords du Rhin, l'Empereur trouve toutes choses en état. Il s'enquiert de l'actif et du passif, charge un employé du Trésor de mettre la comptabilité en un ordre que l'Impératrice puisse, à chaque instant, connaître sa situation. Monllivaut qui, sur ses ordres, a assemblé les créanciers, dresse un état des dettes montant & 1 159 493 fr. 65, et il en assure le paiement au moyen du restant en caisse (315 187 fr. C5) et de traites provenant de coupes de bois à Navarre et à Malmaison (725878 fr. 70). Restent 92 000 francs qui ne seront exigibles qu'en 1812, niais on y fera face. L'intendant réunit à présent tous les mémoires sol-
dés; il proteste que, moyennant sa surveillance, il y aura, en 1813, une économie réelle de 1 200 000 francs. « J'ai la ferme conviction, écrit Mollien, qu'il y sera fidèle et que Votre Majesté n'aura plus à s'affliger d'aucun écart dans l'administration de la maison de l'impératrice Joséphine. »
Dès son retour du Rhin, l'Empereur fait appeler Molli en ; et, au lieu de tant d'autres questions plus importantes, il l'entretient uniquement « des finances de l'impératrice Joséphine », des économies qu'elle peut et doit faire, des exemples d'ordre et de réserve dans les dépenses que donne l'impératrice Marie- Louise : « Elle ne peut plus compter sur moi pour payer ses dettes, dit-il ; je n'ai plus le droit de rien ajouter à ce que j'ai fait pour elle ; il ne faut pas que le sort de sa famille ne repose que sur ma tête. » U termine parces mots qu'il prononce d'une voix sourde comme s'il eût craint d'être entendu, quoiqu'il fût seul avec Mollien : « Je suis mortel et plus qu'un autre. • Puis, alors, quand Mollien lui dit que, au cours des entrevues qu'il a eues avec Joséphine, elle a plus d'une fois versé des larmes : « Mais, s'écrie-t-il, il ne fallait pas la faire pleurer ! » Et quand Mollien lui raconte que, pour les économies qu'il souhaite, Joséphine devra supprimer des pensions qu'elle fait à des émigrés : « Donnez-moi les noms de ces officiers, interrompt-il, et dites-lui que je ne veux pas qu'elle pleure !» Et il ne se contente pas de le lui faire dire, il le lui écrit : « J'envoie savoir comment tu te portes, car liortense m'a dit que tu étais au lit hier.
J'ai été fâché contre toi pour tes dettes ; je ne veux pas que tu en aies. Au contraire, j'espère que tu mettras un million de côté tous les ans pour tes petitesfilles quand elles se marieront. Toutefois, ne doute jamais de mon amitié pour toi et ne te fais aucun chagrin là-dessus. »
N'est-il pas toujours lo môme — et elle, toujours pareille ?