VOYAGE D'ITALIE Î
maris. Alors» les autorités seraient admises près d'elle comme tu les reçois les dimanches ordinaires. Ainsi, le Sénat ne devra pas venir en corps, ni le Conseil d'Etat, ni lfc Tribunal, mais on les présentera comme on te le fait les dimanches et on les nommera à rimpératrice. De cette manière» cela évitera les discours. Ainsi, tu entends bien ; on fait dire à toutes les personnes présentées de venir & telle heure, et on fait entrer d'abord les ministres, le président, et puis on fait dix à douze entrées... » Auguste, heureusement, en fille de Bavière, est instruite et saura entendre. Enfin, tout est convenu : M mf * Yisconti et Trivulzi, que Joséphine connaît de si longue date, feront le service près d'elle ; écuyers et chambellans sont désignés ; les logements sont préparés, tout est prêt, mais, à ce moment, peu s'en faut que Jqséphmç m parte pas.
En mai, elle a passé quelques jours à Saint-Leu, près de sa fille et de ses petits-enfants ; puis, Hortense partie pour Aix-la-Chapelle avec ses fils, — car Hortense n'a pas pour les écarter les mêmes motifs que Tannée précédente, — elle pense à se mettre en route ; mais .elle n'a l'autorisation que d'allçr aux eaux : le 8 juin, de Dantzig, l'Empereur lui a écrit : « Les eaux te feront du bien, j'espère, et je te verrai avec plaisir à mon retour » ; et il n'a pas parlé d'Italie. C'est seulement de Gubin, le 20 juin, qu'il écrit : « Je ne vois pas d'inconvénient à ce que tu ailles à Milan, près de la vice-reine. Tu feras bien d'y aller incognito. Tu auras bien chaud, » Cet exeat ne parvient que le
i" juillet. Il faut le temps de se disposer, car on doit emporter bien des robes, et, de chez Leroy seul, il y en a pour 33 638 fr. 20, mais, enfin, le jour du départ est fixé au 16. Tout à coup et de divers côtés, voici de mauvaises nouvelles d'Aix-la-Chapelle. Le petit Napoléon a été pris d'une éruption où la mère croit voir la scarlatine et, au souvenir de l'autre petit mort, elle s'affole, veut tout de suite Gorvisart. Est-ce comme en 1807 et faut-il que Joséphine aille encore à Lackeu ? Mais non, les nouvelles que donne, d'Aix, M mo de Rémusat se font plus rassurantes ; on peut partir pour l'Italie, et c'est le 16, comme il a été convenu. Joséphine va droit à Milan en passant par Genève ; c'est douze jours de voyage fatigant avec le mauvais temps, les débordements du Rhône et les odieuses couchées» A l'arrivée, le 28, Auguste lui fait grande fête, l'installe, comme il a été dit, à la villa Bonaparte dans l'appartement d'Eugène ; cela est charmant. L'Impératrice a apporté des malles pleines de robes, de friandises et de joujoux. Les enfants sont délicieux. Le garçon qui a un an et demi « est très fort ; c'est un Hercule-enfant ; ses sœurs sont extrêmement jolies ; l'aînée est une beauté, elle ressemble à sa mère pour le haut du visage. La cadette a une Jolie physionomie, vive et spirituelle; elle sera très jolie ». Après ces effusions, on commence à exécuter le programme et Ton ordonne les présentations, mais voici un incident : Auguste accouche. Le 30, à deux heures, les douleurs la prennent; néanmoins, elle dîne avec l'Impératrice, puis fait une promenade en