ACTE III, SCÈNE VI
Oui.
MAURICE
Allons, tout se présente bien! C'est quand vous dites aux gens que vous les aimez, que c'est grave... pour eux I
Vous devriez bien m'épargner vos ironies, je vous assure que je ne suis pas en train de rire. (Elle s'essuie les
yeux.)
Quoi, vous pleurez?
Ce n'est rien...
MAURICE
Je vous ai offensée?
Non, non, je suis un peu nerveuse aujourd'hui.
MAURICE
Je comprends... mais ne pleurez pas, de grâce, ne pleurez pas! Faites ça pour moi, ou bien je vais être ému et combien ridicule !... Pensez donc : je vis depuis des années avec la conviction que de toutes les femmes, la plus insincère c'est vous, je vous retrouve, vous me montrez du chagrin, et allez donc, je marche comme
au bon vieux temps! (Lui prenant son mouchoir et lui essuynni
les yeux.) Là, laissez-iiioi vous consoler; pauvre Joujou, vous me paraissez dans un de ces jours où Ion donnerait gros pour rencontrer un aint véritable!
Oli! oui, mais je ne le rencontrerai pas.
MAURICE
Pourquoi?
MAURICE
Parce qu'une femme n'a pas de véritable ami.
Je veux vous prouver que votre pessimisme exagère ; permettez-moi de tenir, pour un seul jour hélas, l'emploi en question.
Mon pauvre Maurice, vous êtes le dernier à qui je décernerais le titre d'ami!
MAURICE
iS'e soyez pas injuste.
Vous, capable d'amitié, mais vous n'êtes même pas capable d'amour !