‹ JoujouxChapitre 22 sur 111 · ACTE PREMIER, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER, SCENE VIII

MAURICE

Elles sont toutes bisaïeules par ici, (Chantant.) Amis, je viens d'avoir cent ans!

Et la jolie Madame Cazenot?

MAURICE

Demeure trop loin.

Et la belle. Madame de Nalin?

MAURICE

Voyons, Joujou, elle m'est sacrée, c'est la maîtresse de tous mes amis... Non, non, croyez-moi, aucune occasion de polissonner, et, du reste, je n'y songe guère... Je me range depuis quelque temps, je me range énormément. C'est l'âge qui veut cela.

Dieu ! que vous m'amusez, Maurice ! vous êtes menteur comme un autre serait chauve.

MAURICE

Je n'ai jamais été plus véridique; j'approche de la quarantaine, ma chère amie, et, du reste, je n'en

éprouve pas trop de mélancolie; tenez, tantôt, en me regardant dans cette glace, je me suis aperçu que j'engraissais...

Vous, pas (lu tout !

MAURICE

Si. si, j'engraisse de figure... très peu, mais, enfin, j'engraisse. Sur le premier moment, la chose m'a taquiné, et puis, à la réflexion, j'en ai été ravi. Je me suis dit : à la bonne heure ! enfin ! Tu vas cesser d'être un grand gamin ridicule, dans un an, lu auras du ventre, comme tout le monde, tu éviteras l'adultère par peur de te fatiguer et tu trouveras savoureux de prendre tes repas à la maison et de passer tes soirées avec la femme.

Voilà c[ui ferait l'affaire de ma pauvre Blanche !

M.\URICIi

Bien sûr, mais je vais traverser tout d'abord une période de dangereux regards en arrière; ce n'est, fichtre pas le moment pour la directrice de conscience de m'abandonner à mes propres ressources! Si vous allez vous promener en Normandie, je ne réponds plus de moi ; oh, je deviendrai obèse tout de même, mais je demeurerai noceur. Pour servir à des fins utiles votre gentille afl"ection tulélaire ne doit pas s'éloigner de quelque temps.

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