ACTE II, SCÈNE III
MAURICE
El puis, j'avais une autre idée encore, une idée absurde qui m'a tenu éveillé une bonne partie de la nuit.... Je m'étais imaginé que dans le brouhaha du départ, nous pourrions ne pas trouver une minute pour nous parler et que vous oublieriez certainement l'heure et le lieu de notre rendez-vous.
Oh! Maurice.
MAURICE
Ma parole ; rassurez-moi, Joujou, vous n'avez pas oublié?
Comment aurais-je fait pour oublier? L'autre jour, vous m'avez obligée à réciter ma petite leçon pendant une heure.
MAURICE
Soyez bonne, redites-la une fois... une dernière iM'tiie fois.
Mais puisque je me rappelle tout !
MAURICE
J'ai si peur... je vous en prie...
JOUJOU, à ini-voix-.
Demain à trois heures place de la Nation...
MAURICE, sévère.
Place de la Nation?
JOUJOl . rcpieiiaiit.
A la sortie du Métropolitain... /
MAURICE
Dans une voilure fermée...
Et avec une grosse voilette !
MAUltlCE
Parfaitement, et puis, qu'on nie pende si nous rencontrons quelqu'un de connaissance dans ce quarlier-là! Eh Lien, ma petite Joujou, je suis tranquille à ])résent, tout à fait tranquille.
Et moi, je suis affreusement tourmentée; on va Irouver invraisemblable que vous partiez ce soir inéme !
iMAURICE
Tout le monde trouvera cela on ne peut plus naturel; j'attends depuis huit jours, soi-disant, la dépêche qui doit m' appeler à Paris; Blanche m'a même demandé ce matin si elle n'était as arrivée.