ACTE II [, SCÈNE II
LE CERTIER
Pas possible !
Réfléchissez.
LE CERTIER
Ma foi, VOUS avez raison, c'est pendant votre absence que l'état de Blanche s'est aggravé subitement.
Sans qu'on me prévînt!
LE CERTIER
Oh! ma petite Joujou, je vous en prie, ne ranimons pas cette vieille querelle; votre retour eût inquiété Blanche, et, du reste, les médecins prescrivirent d'urgence cette fameuse saison en Algérie...
Qui dure depuis trois ans.
LE CERTIER
C'est pourtant vrai, trois années ont passé là-dessus tout doucement.
Tout doucement. (Un temps.) Il vous a paru vraiment que Blanche ne souffrait pas de son exil, qu'elle avait pris son parti de ne plus jamais habiter l'Europe?...
i:iO JOUJOU
LE CERTIER
Ou je suis une grosse bête, ou elle eu a pris son parti très gaiement!
C'est extraordinaire !
LE CERTIER
Mais non, elle s'est éprise de ce pays et de ce climat qui lui ont rendu presque la santé. Et puis pour Blanche : « Ubi Maurice, ubi patria! » et là-bas elle le tient son Maurice; il est à elle, rien qu'à elle.
Et il s'accommode, lui aussi, de cet exil?
LE CERTIER
Il le coupe tous les ans dun petit voyage en France.
Mais le reste du temps?
LE CERTIER
Le reste du temps, eh bien, oui, il se laisse vivre aux côtés de sa femme et il paraît très satisfait de son sort.
Cela non plus ne vous stupéfie pas?