‹ Journal d'agriculture tropicale: agricole, scientifique et commercial (volume 2)Chapitre 109 sur 171 · PARTIE COMMERCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE COMMERCIALE

Le Marché du caoutchouc.

Chronique spéciale Ju " J. d"A. T. ".

Par MM. Heciit frères et C''.

Paru. — Le mouvement de l)ai.sse cfue nous constations dans notre dernière chronique s"esl encore accentué, et les prix ont maintenant alloinl un niveau qui n'avait pas été constaté depuis de longues années. Le cours le plus bas coté sur le Haut-Amazone a été de Il fr. 23 le kg., et en même temps on offre le Para lin du Bas-Amazone à 10 Ir. (îj le kg. Un moment dans la seconde moitié de ce mois, des rachats du découvert n'ont pas tardé ;\ faire remonter vivement les cours, et on paie actuellement 12 fr. pour le Para fin du liaut-.Vmazone disponible, tout en étant aclieteur à 11 fr. 70 pour livraison sur Tannée prochaine. Depuis, les cours sont retombés au plus bas niveau cité plus haut. Pour les fabricants, le Bas-Amazone est une provenance extrêmement bon marché en ce moment, car jamais nous n'avons vu une pareille dilTérence de cours. Elle s'explique par le fait que les grandes ventes à découvert ont été faites en Haut- Amazone, et que ce sont les vendeurs ayant besoin de se couvrir qui sont la principale cause du haut prix relatif de cette sorte.

Sernambijs. — Ces sortes ont également baissé, mais beaucoup moins que le Para fin. Le Sernamby de Manaos reste à 10 fr. en disponible et 9 fr. 70 en livrable. Le Sernaniby Pérou a beaucoup varié. Après être descendu jusqu'à !1 fr. 10, qui a été le cours le plus bas, il n'a pas lardé à remonter à 9 fr. iO, prix qui ne s'est pas non plus maintenu.

Le Cameta est descendu jusqu'à 0 fr. îO, et le Sernamby des Iles à (i fr. I.'). prix qui sont à peu près les mêmes que lorsque le Para fin valait 8 fr. 25.

Arvionges. — Les arrivages au mois de septembre ont été de 2.410 t. (dont 150 t. de Gaucho), contre 1.500 t. le mois dernier et 2.070 t. en septembre 1906; ce qui porte le total de la récolte à lin septembre à 5.280 t., contre 5.000 l'année précédente.

Sortes dît Pa Stocksà Liverpool.

— à New- York.

— au Para . . .

Kn route pour riïu-

ropo

— New-York. .

En route d'Europe

à New-York . .

Stocks sur le Continent

Les recelles au Para étaient, au 29 octobre, de 2.750 t. Le mois d'octobre I90() avait donné 3.030 t.

Les slalisliques générales au 30 septembre 1907, comparées au 30 septembre 1900, sont les suivantes :

1907 1906 Arrivages au Para. iilO 2010^ — — Arrivages depuis

r«. le I" juillet. . . 5280 3390 1051 r>34 Expéilil. (lu Para

■J09 1V3 en Europe . . . 1860 961

TiO 167 — 4 New-York. 800 1071 Sorlet S Afrique.

267 ' Stocks. "i I.ivcrpool. 706 (f»

I — .'i Londres. . IlO-î 806

•30 55 — ^ New-York. i'i''i :ii3

Î254 1769 Arrivages à Liverpool 546 CIO

— à Londres. . 2.V2 0-38

— à New-York. 770 10-34 Livraisons i Liverpool 511 S85

— ^ Londres. . 330 !Ri

— à New-York. 711 10-30

Stocks do t. sortes. 5i61 408i

160 270 32Ïû 2315

Arrivages à Liverpool

— à New-York.

Livraisonsà Liverpool

— h Now-York.

Sortes d'. Afrique et d'Asie. — Elles ont baissé, mais dans des proportions minimes, et d'une façon irrégulière.

Les Conakry Niggers, très recherchés, se sont traités de 10 fr. 50 à M fr. suivant la qualité.

Les Soudan rouges valent environ 10 fr., et les Soudan blancs 8 fr. 50 à 9 fr.

Le Gambie prima s'est payé 7 fr. 25, et le secondaire 0 fr. 25.

Les arrivages de Tonkin noir sont presque nuls, ce qui fait que le prix nominal reste de 7 fr. à 7 fr. 25. Le caoutchouc rouge s'est traité à 9 fr. 25 en qualité prima.

Maniçobn. — Cette sorte a continué à être ('iii'ore très chère, malgré une certaine abondance dans les arrivages. On a payé 10 fr. pour qualité prima, 9 fr. pour 1res bon secondaire, et 7 fr. 50 à 8 fr. pour ordinaire.

Anvers. — Le 17 a eu lieu une vente comprenanl256 t., qui se sont vendues avecO fr. 40 de baisse moyenne.

/,'■ Havrr. — Le 23 a eu lieu, au Havre, une vente comprenant 95 t., qui se sont vendues avec une baisse de 0 fr. 'i5 environ.

Cet/laii. — Il devient très .liflicile de donner des cotes pour les caoutchoucs de cette prove-

N» 76 — Octobre 1907 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

nance, de même que pour les autres caoutchoucs de plantations. Les qualités deviennent extrêmement irrégulières, et il n'y a pas deux lots de qualité semblable. Dans ces conditions, il devient exlrémement difficile de fournir un prix pour un type ou pour un autre. Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'on a traité jusqu'à 13 fr. 50 des crêpes très pâles et très minces, tandis que pour des crêpes sombres et un peu collantes, on est descendu jusqu'à 10 fr. le kg.

Dans l'ensemble, les caoutchoucs Ceylan ont baissé plutôt moins que le Para.

Heciit frères et C'°,

75, rue Saint-Lazare.

Paris, 30 octobre 1907.

Le marché du Coton.

Chronique spéciale du « S. d'A. T. ».

Par MM. A. et E. Foss.iT.

A cause de la crise financière qui se fail plus spécialement sentir aux États-Unis, les cours de notre article, sans cependant avoir subi un recul considérable durant ces dernières semaines, sont un peu moins bien tenus, et nous enregistrons une baisse nouvelle d'environ 3 francs aux 30 kg. depuis notre dernier résumé.

En dehors de la mauvaise tenue du marché monétaire qui a en grande partie contribué au mouvement de baisse, les avis qui nous sont parvenus de la région cotonnière américaine et qui indiquent que la récolte progresse favorablement, ont participé également au mouvement rétrograde.

La consommation qui jusqu'à ces derniers temps paraissait désireuse de s'approvisionner largement pour couvrir des contrats en manufacturés traités sur une base avantageuse et à longue échéance, paraît se laisser influencer par les avis peut-être trop favorables distribués à profusion par l'élément spéculatif baissier américain, et qui sont tout spécialement lancés dans le but de créer un vaste découvert, champ merveilleux à exploiter au cas où par un revirement de la température dans la section cotonnière, des gelées à glace viendraient à se produire détruisant les belles perspectives présentes, et transformant les baissiers actuels en haussiers convaincus.

Les Américains qui savent cependant tirer

un parti assez avantageux de leur situation prépondérante dans le monde du coton, ne peuvent néanmoins parvenir malgré leur culture raibonnée à combattre l'appauvrissement de leur sol qui produit la plus vaste récolte cotonnière du monde, et nous constatons que chaque année les cotons dits de soie, c'est-àdire possédant une fibre au-dessus de la moyenne, se raréfient en Amérique.

Est-ce par suite de la qualité de la graine souvent défectueuse ou à la cause des intempéries, mais en ce qui concerne le Texas, qui pour sa part produit à lui seul un tiers de la récolte américaine, nous constatons que celte année les cotons qui nous parviennent de ce district sont très propres mais ne possèdent pour la plupart qu'une soie très moyenne. Par contre la Géorgie et l'Alaliama qui durant ces dernières années n'ont produit qu'un coton secondaire, nous envoient celte saison un genre de coton beaucoup plus appréciable et cela prouverait que le sol de ces régions s'est amélioré ces derniers temps, profilant du repos qui lui avait été accordé par une variation de culture qui lui était nécessaire.

Pour les sortes autres que l'américain, les dernières correspondances qui nous parviennent du Brésil annoncent dans celte région une récolte sensiblement inférieure à celles de ces dernières années, toutefois sous le rapport de la quantité. Ceci est un fâcheux contre-temps pour l'industrie qui recherche plus spécialement les colons de soie capables de remplacer ou de se mélanger avec les colons égyptiens auxquels ils donnent de la tenue.

Nous sommes heureux d'avoir eu à enregistrer d'assez vastes quantités traitées sur notre marché en cotons du Pérou dits Pérou mou.

Les qualités de ce produit sont en premier lieu sa blancheur éclatante et son assimilation aux sortes du Mississipi, malgré la finesse de la fibre plus prononcée que pour ces derniers.

Il continue à se pratiquer quelques affaires en cotons de Haïti (Gonaïves et Saint-Marc).

Fâcheusement pour ce genre, le producteur ne veut pas se rendre un compte exact de l'intérêt considérable qu'il aurait à faire étudier par des ingénieurs compétents la machine à ginner qui conviendrait à ce coton et qui, sans altérer la fibre, le débarrasserait de sa

:{(if.

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICM-K N" 7G — Octobbe 1907

graine l't des ctiriucs écrasées qu'elle l'Cnferme en grand nombre et qui la liêprécient sensiblemenl.

("i-après quelques chifTres indiquant <> l'en- Tue » de la récolle américaine au 18 octobre (depuis le 1"" septembre 1907), en balles de 220 kg. en moyenne; en rej;;ard, les statistiques des années précédentes à la même date :

L'approvisionnement visible du monde entier étail. au 18 octobre, en balles dé 50 à 300 kg. selon provenance :

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