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JOURNAL DAORICULTUUE TllOPICALK N" 78 — Décksibue 1907
rcusos, parce (lu'ellos proviendront do graines issues de plantes saines, mais elles se trouveront rapidement dans des conditions mauvaises, aussi mauvaises queleurs voisim^s, et la maladie prendra aisément pied sui' eux.
(Jue taire, dès lors?
Si notre supposition pouvait avoir ([uelqne bien-l'ondé — les coloniaux devront nous l'apprendre — il faudrait introduire en môme tepips que les graines les habitants ordinaii'os des domalies du C. librrica dans son ]niys d'origine. Il faudrait donc, et c'est là une (|uesti()n (jui n'a, je pense, jamais attiré l'atlenlion des zoologistes biologistes, étudier les espèces habitant les domalies et leurs mu'urs.
En attendant, il ne serait peut-être pas mauvais, si les règlements le permettent, d'essayer l'introduction de plantes vivantes d'oritrine africaine, dont les domaties sont
habitées, et qui serviraient de sujets expérimentaux; ils pourraient être placés à côté de plantes malades, et un (diservaleur si-rieux |iourrait, en suivant pas à pas leur déveloiqicmenl, se rendre comple île leur degré plus ou moins grand de résistance au teirible llcmilcia!
-Même si la solution de ces qiu-stions ne donnait pas le résultat que nous avons cru pouvoir exposer théoriquement, il serait loin d'être inutile d'essayer de les résoudre. Dans leur l'ésolulion.très intéressante jniurla sci(>nce pure, il y aurait toujours qu('l(|ue chose d'intéressant à glaner pour la pratique.
Nous espérons que des expériences dans ce sens pourront être bientôt installées, et nous souhaitons vivement que ilans toutes les régions de culture du caféier, il soit fait en ce sens quelques essais.
M. De \\'u.bii.MA>.
L'Agave textile
lù^ai'tt'rncnl. — Sols pauvres et forliies. — Sccliage au soleil, l'ar M. I... I!.\i:ti:feiillk.
Dans son article sui- le développement de la culture du sisal (n°73, :}1 juillet I!)(l7), M. Main, en me plaçant à côté de M. UiviÈiŒ et de M. Diguev, me fait un honneur <]ue je suis loin de mériter.
Relativement à l'Agave te.vlile, production si spéciale et si peu connue en dehors du Yucalan et des Rahamas, je ne saurais guère présenter que des observations d'ordre cultural ou économique, de la nature des suivantes, suggérées par ledit article.
Aotrc collaborateur écrit :
« L'espacement des plants sur la ligne et des lignes entre elles, est donné avec raison comme lié à la fertilité du terrain; c'est une corrélation à huiuelle nous voyons rarement donner d'importance en pareil cas. »
A mon avis, l'espacement entre les plants
et entre les lignes est déleraiiin' de plus |)ar une autre nécessité, celle du travail et de la surveillance laciles.
Non seulement il est logique de distancer les plants de manière ([u'ii leur complet développement ils ne puissent se gêner entre eux, mais il rsl indispensable (|u"ou puisse sans danger les aborder de tous côtés, pour le sarclage et la récolte et passer entre les rangs avec un chargement (le feuilles.
Ceci indépendamment îles chemins de desserte où passeront cban'cttes ou voies ferrées et des allées enlrrtenues en vue tic permettre la limitation des incendies.
Les épines terminales de r.\gave ne constituent pas un inconvénient plus ou moins désagréable ; elles occasionnent des blessures sérieuses, sin-jont jtour le cheval et le cavalier. Le surveillant, chef d'é(jui|)e
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JOURNAL D'AGRICULTUIiK TROPICALE
011 planicur ne peut ùuère surveiller qu'à cheval. Le climat, les dislances à parcourir l'y obligent et. dans une plantation adulte, c'est l'unique moyen de voir plus loin que son nez. .l'ai appris à nu's dépens ce qu'il en coûte de traiter avec dt''dain ou inditférence les pointes d'agaves. Dans les cas d'incendie où rail'o-lemenl des hommes et des chevaux est à peu près général et où la rapidité de la mai'che oldige à négliger les iirécautions ordinaires, cheval et homme, dans les plania lions trop denses sont couverts de blessures. J'ai sur ce point des souvenirs cuisants.
La phrase de M. ■M.4IN concernant la relation entre l'espacement et la fertilité du sol laissera le débulant perplexe et l'induira peut-être en erreur, car il sera porté à croire que plus le sol sera fertile, plus il pourra planter de sujets sur une surface donnée, ce qui est d'une apparente logique, mais contraire à la vérité.
Dans les terrains fertiles, la plante devant, croit-on, se développer davantage, il faut moins de sujets alin qu'ils ne se gênent pas. Le sol sera couvert avec moins de pieds.
Cette indication peut jiarailre superllue; elle ne l'est pas, si l'on réiléchit que la majorité des Européens qui se livrent à l'agriculture en pays tro|)icaux sont étrangers à cet art. L'agave, particulièrement, a le don de séduire les amateurs : ses facultés de résistance donnent à croire que sa culture n'exige ni soins ni connaissances.
Le séchage au soleil est, en effet, de l'ègle en Amérique centrale et aux Antilles, et j'ai vu porter directement de la machine au séchoir sans aucun trempage ni lavage. Dans l'usine à laquelle j'étais attaché, l'eau douce était très rare, la mer était à quinze mètres, et on n'a jamais songé à laver ni à l'eau de mer ni à l'eau douce. La machine, qui travaillait bien, ne laissait aucune pulpe. La feuille étant mouillée au passage dans la machine, le paquet de hbre qui en sort est largement humide; placé de suite
sur les j)erches du séchoir il s'égoutle et la chlorophylle, s'il eu reste, est eiili'aîiaée.
Ce qui est incontestable, c'est (jue la fibre était beaucoup moins blanche dans les jours sans soleil.
Sur ce point de l'action du soleil sur la fibre, nous devons être prudents et ne pas énoncer comme lhéor(' mes des faits qui ne se reproduisent pas partout identiquement.
C'est qu'en ellet, le soleil de tUtba ou du Mexique — qu'on me pardonne la formule, — n'est pas celui du Tonkin, par exemple, c'esl-à-dii-e qu'en raison du plus ou moins d'humidité de l'atmosphère ou p(.iui' toute autre cause i]ui reste à découvi'ir. le soleil n'agit |ias de même ici ou là. Tous les coloniaux savent cela ou devraient le savoir. Si une colonie de Cubains venait se fixer au Tonkin, je ne donnerais pas trois ans à ces vaillants pour adopter le casque dont ils se moquent si couramment. Nos braves officiers d'Afrii[ue ont payé cher leur mépris pour le soleil du Tonkin, qui oblige les indigènes à conserver entière leur cinn-elure.
Je puis présenter un exemple d'ordre cultural plus significatif encore concernant l'action différente du soleil suivant les localiti''S. Dans ITnde anglaise, au Bengale et en Annam. contrées jjourtant pourvues d'une dose élevée d'humidité atmosphérique, on coupe le jute et on le laisse au moins un jour au soleil alin de laisser tlétrir feuilles et ramifications, de manière à les enlever facilement et à ne mettre à l'eau que le minimum de matière à rouir. Cette coutume est enseignée et j'en ai vérifié l'existence. Or, au Tonkin, où je cultive du jute depuis quatre ans. il est impossible, sans graves inconvénients, de laisser au soleil du jute coupé. Il faut do suite l'abriter soit à l'ombre, ce qui est rarement possible, soit en couches peu épaisses sous un mince lit de feuilles. Faute de cette précaution, les tiges se couvrent de plaques brunes repi'ésenlant des parties d'écorce pour ainsi dire cuites et indéfibrables.
Dans la mare de rouissage, tout ce qui
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affleure l'eau peut ôtro perdu en ([uelques lieufes.
L'exacte délcrmination des agaves est de toute nécessité; les contusions qui se produisent peuvent avoir des conséquences ruineuses. J'ai cité l'erreur énorme conceruanl l'agave à Bombay où l'un désignait lonune A. americana un agave qui ne s'en rapprochait même pas. D'autre part, voici un planteur éclairé. M. ^\'ELl.s, qui donne des conseils à ses compatriotes australiens et qui confond 1.1. americana avec VA.
rigida (sisalana) deux espèces aussi difTérentes par l'aspect que par la valeur.
Depuis quelque temps, un elle du sisul faisant merveille, dans l'Afrique orientale
allemande en terrains maiécageux, contrairement à tout ce qu'on u dûment conslalé ailleurs.
Les faits rapportés dans le même Iravail sont tellement extraordinaires qu'on «-st porté à se demander si à la base do luule cett*-' alVaire. il n'y a pas une confusion d'espèces. Qui a ilr-lniiiiné? Qui a contrôlé lo succès? Sur quels termes de couiparaison? 11 n'y a pas là autre chose que des faits à noter pour vérilication.
Mais la seule énonciation de ces faits non contrôlés ne peut infirmer des observations de cinquante années dans cent exploitations dilTérentcs par vingt spécialistes.