OURNAi. iJ AGrvICULi UHE TROPICALE N^ig. — .Ianv
« Les feuilles ont de i à 2 mètres, termi- blent causés par un insecte appelé mache-
nécs par une forte pointe; les fibres sont orÙRk par les Abyssins. Ils :ippellent Nedeft
îrcs résistantes, mais moins fines que celles la maladie même. Lesanimaux sont anémiés
d'une autre espèce, à feuilles aussi longues, par les suppurations, et meurent en moins
mais plates et larges, que les indigènes, évi- d'un mois. Les mulets résistent mieux : les
deinment à tort, disent la femelle du premier abcès sont moins abondants, et nous avons
et de laquelle ils font les cordes pour char- souvent réussi à les guérir. Les peiiis ânes
ger les chameaux. du pays ne sont pas atteints du tout.
« Les prix que vous avez donnésdans votre « Cette maladie de Nedeft n'existe pas sur
« Journal », permettent difficilemsntrexpor- les hauts plateaux (2 . 5oo à 3. 000 mètres
îation en Europe, car il y a 60 à 70 francs de d'altitude); mais les bêtes élevées dans
frais de transport, par 100 kg., jusqu'à ces régions froides résistent moins bien
Djibouti ; bateau cnsus; lesconditions seront à la chaleur du désert, et sont moins
meilleures lorsqu'il y aura un chemin de bonnes pour l'exportation que celles des
fer. Toutefois, l'exploitation étant facile, régions plus chaudes, qui, de petite
j'ai écrit pour demander le prix des machi- taille, ne craignent ni la fièvre, ni les priva-
nes, à sacs, cordes et ficelles, annoncées tions et sont très robustes et sobres,
danc votre : Journal ». — Il y aurait intérêt, « L'élevage en oays froids et élevés est donc
en effet, à utiliser la fibre, sur une petite moins intéressant ; et c'est cette maladie qui
échelle, dans le pays même; les sacs y man- m'a empêché de m'y adonner en région plus
quent ou sont chers. basse.
Maladie des bœufs. — « Ce que votre « Le Nedeft semble ne pas avoir été connu
Journal a dit du Surra me fait croire que ici avant ces dernières 5 à 6 années. Il y
c'est cette maladie que nous avons ici et qui avait autrefois des chevaux très estimés,
a détruit la race bovine autrefois très abon- dans la région oi^i se trouve ma plantation,
dante ici et à vil prix. Jadislesbœufs valaient Ils étaient, comme je l'ai dit, bien supérieurs
2 à 3 thaiers (thalers de Marie-Thérèse, de à ceux des hauts plateaux, qui manquent de
2fr. 5o); ensuite, 5o thalers ; pour revenir fond, mais il n'y en a plus,
actuellement à i 2 et i 5 thalers. « La maladie du Nedeft est-elle connue en
« Tous les renseignements que vous pour- Europe et y a-t-il un remède efficace?
riez obtenir sur cette maladie, auront une [M. le D-' Laveran nous écrit à ce propos : II y
grande valeur pour le pays. Le D"" Wurtz, aurait intérêt à ce que M. Savouré envoyât de ces
da Paris, est venu l'étudier il n'y a pas lon§- insectes à Paris, afin qu'on puisse les déterminer
♦ ,„..o. ^„- ' . ir . j exactement. Comme traitement, ilyalieudere-
K'mps ; mais son sérum est sans effet, du , , j
,Y . , , commander la créohne ou le iysol, pour la des-
snoins sans etîet durable. • . • , j 1 •
truction des msectes et le pansement des plaies;
« La maladie est venue avecles Italiens qui ^^ solution de 3 %. -N. de la Red.]
ont tiré des bœufs de Bombay, pour les . . . - , • j
■^ ^ « Les moutons qui viennent très bien dans
troupes. Ils ont appelé cette epizootie leur , ,, . • , ,•
, la zone désertique, ont pris cette maladie
revanche. , , , . ,
pendant les pluies, dans ma concession, ou
[M. le D"" Laveran, Membre de l'Institut, nous • • ji j
, ■- , , , r. le Viens d en perdre une centaine, fiu observer a ce propos : i" que le D"' Wurtz a
étudié en Abyssinie la peste bovine et non les ma- « toutes les plaies résultant des abcès sont
ladies à Trypanosomej; 2'^ que le Surra ou Na- vite remplies de vers, malgré sublimé et
gina existed'ailleurs sûrement en Abyssinie ; que iodoforme. Il est vrai que les mouches sont
îeD'BRUMPT,enparticulier,aobserxé^danscepays excessivement abondantes ici; puis, les
une grave epizootie de Surra ou de Na^ana sur des . . , . , ,
chameaux. - N. dk la Réd.] ^ b'^^" "^ ^°"^ '^'^^^^ abritées dans ce pays,
même pas pendant les pluies. »
y.e « Nedejt » des chevaux, mulets et moutons. — « Dans les pays de plaine, les che- A. Savourée vaux originaires des hauts-plateaux sontirès Addis Ababa, it) sept. igo2-ifite couverts d'abcès par centaines, qui sem-
N- ,9 - Janv. i9u3 journal D'AGRICULTURE TROPICALE 9
Rendements maxima de la Canne à sucre.
Le 14 mai 1902, la Chambre d'Agriculture « Bruxelles, il ne faut pas qu'on nous oppnse
de la Réunion, ayant à décider de l'emploi de 28.000 francs de reliquats, a voté une allocation de 5.000 francsau consulat de France à Java et autant à celui de Honolulu, àchaige de la renseigner sur les causes des hauts rendements de la canne à sucre dans ces deux pays. Nous sommes en état d'en indiquer dès a présent la principale : Les planteurs de Java et des Hawaï récoltent beaucoup parce qu'ils savent beaucoup dépenser
« ces rendements formidab -;aux chanipti; « et à l'usine, donnant près de So.ooo kilog. " de sucre à l'hectare, ce qui ferait déjà une « belle couche de sucre répandue sur la « terre, soit 3 kilog. par M'-^, et qu'on se base « sur ces chiffres pour nous traiter de rouii- « niers et d'arriérés et nous refuser toute « concession. Il est utile d'aller contrôler « ces chiffres. »
Le chiffre de So.ooo kilog. de sucre a
pour leurs stations agronomiques et leur l'hectare est effectivement très exagéré ou,
presse agricole. tout au moins, exceptionnel : on trouvera
Le vote des 10.000 francs fût précédé d'un plus loin une statistique détaillée des renae-
exposé, émanant du bureau et dont il est ments à Java ; mais même aux lies Hawaï,
utile de citer le préambule : qui détiennent le record du monde pour le
« Des chiffres parus dernièrement dans la rendement à l'hectare, celui-ci n'arrive pas
« Revue Agricole, et puisés dans la revue à la moitié. En effet, on lit dans le traité de
« des îles Havaïont paru invraisemblables à Krueger, p. 546 :
« plusieurs collègues ; ils ont cru d'abord à « Les îles Havaï sont le pays d'élection de
« une erreur de traduction des chiffres «la canne à sucre : on y cite pour les teircs
«anglais; mais, vérification faite avec « les plus fertiles, des rendements de 14.000,
« M. Aug. de 'Villèle, ils ont vu que la tra- « duction paraissait exacte.
« Au moment de demander à nos repré- « sentants de soutenir le principe d'une « détaxe de distance, quand viendra au Par- « lemcnt la discussion de la convention de
Rendements de la canne à sucre, à Java, en i8qg
« i6.5oo et même 24.500 kg. de sucre à a l'hectare (équivalant à 160, igo et 270 pi- « culs au bouw javanais) ; la moyenne pour « Pile entière oscille entre 8.700 et 9.600 kg. u de sucre à l'hectare, ce qui répond au ren- « dément des bonnes sucreries de Java.