CH- EMPIS
14, rue T<5iil:bout. PARIS
Troisièmk Année.
No 20.
28 Février 1903
Le Caoutchouc au Rio-Beni
Préparation du caoutchouc. — Fumage et coagulants chimiques. — Sernamby.
Par M. P. CiBOT.
Dans un article précédent, publié dans le n» 18 (décembre 1902) du « Journal d'Agriculture Tropicale », nous avons raconté en détail la cueillette du latex, telle que nous l'avons pratiquée pendant six ans dans les seringales du Rio Béni (Bolivie) confiés à notre direction. Nous avonsdonné entre autres, quelques figures représentant les outils du seringuero : machadiiio, tichela, balde, buyon, pala, etc.. ; les deuxderniers objets constituent l'outillage essentiel du fumoir dont nous allons nous occuper aujourd'hui.
Il paraît utile de donner une idée des quantités sur lesquelles, dans les conditions moyennes, opère l'enfumeur: ce n'est pas le moment d'examiner à fond la question du rendement des Heveas ; nous l'avons abordée dans notre premier article, nous y reviendrons encore, avec toutes sortes de détails, dans un article prochain ; pour aujourd'hui, bornons-nous à rappeler que la récolte journalière du latex dans la même estrada (lot de forêt confié à un ouvrier, v. dans le n° 18 l'explication détaillée) varie suivant la hauteur à laquelle on pique: sur le Rio Béni, de deux à trois litres les premiers jours, jusqu'à i o à i 5 litres lorsque, les entailles arrivent à être au bas de l'arbre.
Venjumaga. — Le fumoir est une petite hutte de feuillesde palmiers, fermée sur trois côtés afin que le vent ne vienne point chasser la fumée qui doit monter verticalement de la cheminée du fourneau (buyon), pour bien enrober le moule fpala] sur lequel s'enfume le latex.
Le seringuero allume quelques bûchettes
de bois sec et dès que son feu estpris, il l'entoure et le couvrede quelques noixde palmes de l'une des espèces connues dans le pays sous les noms de « motacu », « chonta », « cusi » ou « majo » dont Tenveloppe fort dure se consume sans flamme et dégage une épaisse fumée mêlée de vapeurs fuligineuses A défaut de noix de cespalmiers, on emploie des coques de « noix du Brésil » (« almendras ») ou enfin des éclats de n'importe quel bois dur et vert : « tajibo blanco », « almendro », « tumi », « palo amarillo », etc.
Lorsque la fumée commence à s'élever en gros flocons, le seringuero couvre le feu avec le buyon qu'il finit de remplir de combustible par le haut, et il active le feu en éventant la petite ouverture du bas du fourneau, ou le modère en bouchant cette porte avec un tesson de terre cuite.
Le latex, blanc et crémeux, est versé dans une large cuvette de fer blanc (" cazuela ", « batea ») et, avec la main, l'ouvrier ramasse à la surface du liquide, les feuilles, les br'anchettes et les autresimpuretés tombées dans le bidon pendant la récolte de la matinée. La cuvette est posée à terre, un peu inclinée du côté du seringuero et pas trop près du fourneau, car la chaleur très vive qui se dégage de celui-ci au bout d'un certain temps pourrait, en se communiquant à la cuvette, amener la coagulation spontanée du latex et former un gâteau, de valeur beaucoup moindre que celle de planche fumée.
Ce gâteau de coagulum spontané qui offre l'aspect de lait caillé et dont l'intérieur renferme des cellules pleines d'eau, acquiert en
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peudejours une odeui 5w/ generis^ nauséabonde; fait qui ne se produit jamais avec le caoutchouc fumé ; ce qui donne à penserque la fumée, par ses principes stérilisants, détruit quelque ferment contenu dans le latex,
en moyenne que 5o % de son poids en caoutchouc marchand sec, rendu en Europe,
La dessiccation se produit plus vite dans les « planchas » minces, ne représentantque
en même temps qu'elle coagule les globules le produit de la cueillette de deux ou trois
de caoutchouc.
Préparation des Planchas. — Pour fabriquer une (( plancha », l'ouvrier s'asseoit sur un escabeau en face du fourneau et delà cuvette, prend un moule plat en forme de pagaie « pala » et, avec une petite calebasse, arrose la surface de la pelle; puis il la présente au dessus de la fumée qui s'échappe de la cheminée du fourneau, la retourne, et en
jours, que dans les grosses « bolachas » dont il sera question tout à l'heure et où l'humidité, enrobée dans les nombreuses couches de caoutchouc superposées, ne s'évaporeque très lentement : on y trouve quelquefois, tout à l'intérieur, des poches d'eau qui se vident lorsque Ton coupe la bolacha.
Durée de Vopération. — L'enfumage de 10 litres de latex, donnant 9 k. 3oo de caout-
quelques secondes lelatex se trouve coagulé chouc frais, dure à peu près une heure et
eh une mince pellicule de caouthouc recou- demie.
vrant la pelle. Ceci fait, l'ouvrier reporte le Le fumage terminé, le moule est posé à
moule, appuyé sur son genou, au dessus de l'ombre, afin de faire égoutter et durcir la
la cuvette, l'arrose de latex frais qu'il lait plancha, et le lendemain on la détache du
coaguler par le même procédé, et continue moulé en la fendant avec un couteau, sur la
ainsi jusqu'à épuisement du latex, ayant soin tranche opposée au manche du moule et en
d'enlever au fur et à mesure, les impuretés, frappant le bout de celui-ci contre le sol.
feuilles ou grains de charbon qui parfois Préparation des Bolachas. — Nous avons
se collent à la surface de la plancha. indiqué tout à l'heure qu'on fume quel-
Perte de poids. — Au cours même delà quefois la récolte de deux ou trois jours sur
transformation du latex en caoutchouc, on la même plancha ; mais dès qu'elle atteint le
observe une perte en poids de 7 % ; toutefois, la perte de poids varie légèrement suivant que le latexest récolté en saison sèche ou en saison des pluies, dans le premier cas il est un peu plus épais.
Nous avons dit que lelatex perdau fumage 7 % , mais il perd davantage par la suite, par égouttement et évaporation.
Pendant notre séjour sur le Rio Beni>
poids de I 5 à 20 kilos, le maniement en devient très pénible. Si l'on tient à fabriquer de grosses « bolachas » (boules), on se sert donc plutôt d'un fort bâton bien droit, de 1'" 80 de long et de 5 à 6 centimètres dediamètre. Vers le milieu, on arrose de latex une longueur de 25 cent. ; on fait coaguler et, arrosant et coagulant de nouvelles couches les unes sur les autres, on pourra superposer, au jour le nous avons effectué un grand nombre de ) our, le latex d'un certain nombre de cueilpesées, dans le but de nous rendre compte lettes successives et former sans peine une delamarche de ladessiccationdu caoutchouc grosse boulede 40 à 5o kilos. Le maniement depuis le moment de la coagulation et jus- est facilité par un appui que l'on établit derqu'à l'expédition ; voici, à titre d'exemple, rière le buyon, au moyen de deux fourches et un cas-type : Le caouchouc ayant été pesé le d'une traverse, distante de 60 cm. du sol, premier jour aussit-ôt fumé, le 2'-' jour on sur laquelle l'ouvrier pose l'un des bouts du constate une perte de i 5 'V, par rapport au bâton, tandisqu'il appuiel'autresursa cuisse.
poids du premier jour ; le 3'' jour il y a déjà 21 % de perdus, et le 4<^ jour, 28% ; soit en viron 33 :'„ de perte sur le poids du latex récolté.
La dessiccation ne s'arrête d'ailleurs pas
Ainsi calée, il fait rouler la bolacha tantôt au dessus delà cuvette, pour l'arroser de latex,tantôt au dessus du fourneau, pour opérer
la coagulation.
Nousavons fait fabriquer des bolachas de
là, et j'estime que le latex d'Hevea ne donne plus décent kilos, qui, travaillées avec soin,
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offraient l'aspect d'une sphère à surface absolument unie.
La marque. — Dès que la plancha ou bolacha est terminée, l'ouvrier la marque a ses initiales, au moyen d'une sorte de gros cachet de bois gravé en creux, dont le caoutchouc frais prend facilement l'empreinte ; mais à la longue cette marque s'efface et il n'y reste de véritablement indélébile que celle apposée par le patron ou l'acheteur, au moyen d'un fer rougi au feu.
Avantages comparés des planchas et des bolachas. — Les grosses bolachas sont plus commodes à transporter que les planchas ;il est aussi plus difficile d'envoler; au point de vue du vendeur, la bolacha oflreen outre l'avantage de sécher moins rapidement. Elle laisse plus de prise que laplanchaàla fraude des seringueros de mauvaise foi, qui ne manquent pas lorsqu'ils ont un lot de latex coagulé spontanément, d'en envelopper une bolacha commencée, puis de recouvrir le tout d'une grosse enveloppe de caoutchouc bien fumé; cette fraude ne peut guère être décelée qu'en fendant la bolacha en deux.
Supériorité du fumage sur les autres moyens de coagulation. — On a cherché à substituer à l'entumage du latex d'Hevea la coagulation, moins fastidieuse, au moyen de divers agents chimiques ; cette façon d'opérer aurait eu l'avantage de pouvoir présenter des produits absolument exempts d'impuretés, car il serait facile de filtrer le latex; en outre ■ — point capital — le seringuero aurait le temps de piquer un plus grand nombre d'arbres dans sa journée et par conséquent, de produire plusde caoutchouc.
Le résultat en poids reste sensiblement le même que pour le latex fumé, ainsi que j'ai pu m'en assurer par des expérience faites parallèlement, avec divers produits chimiques.
La substance qui m'a donné le meilleur rendement est une solution saturée d'alun, avec laquelle je n'ai observé que 36 "/(» de perte, par rapport au poids du latex, dans l'espace d'un an et 44 "/„ en tout en 4 ans ; temps au bout duquel on peut considérer le produit comme arrivé à son poids définitif et presque invariable.
L'aspect du caoutchouc résultant de la
coagulation du latex d'Hevea obtenue par agents chimiques, est fort beau et l'élasticité est la même que celle du caoutchouc fumé ; mais lorsque le caoutchouc coagulé chimiquement a été passé aux cylindres broyeurs et mélangé de soufre, la vulcanisation paraît plus difficile à obtenir, et le prow duit est moins nerveux que celui qui est donné par le caoutchouc fumé. Après tant d'autres expérimentateurs, j'ai fait à mon tour cette constation — qui m'a désappointé, je l'avoue — avec un échantillon rapporté du Rio Béni et dont j'ai fait fabriquer des clapets de pompe, dans une usine, à Paris.
Sernamby. — Moyens d'éviter la coagulation spontanée. — Nous avons vu que la coagulation spontanée du latex peut se produire dans la cuvette sous l'action de la chaleur rayonnante provenant du voisinage du fourneau ; nous l'avons vue aussi se produire, sans cause apparente, au moment où le seringuero verse le latex, récemment récolté, dansla cuvette qui n'estpas encoreéchauffée Nous pensons que dans ce dernier cas cet effet est produit par quelques gouttes de latex fermenté qui seront restées dans une tichela mal égouttée ou dans le fond du bidon.
La pluie, tombant dans les tichelas et mélangée au latex, amène le plus souvent la coagulation; c'est que, sans doute, les gouttes de pluie entraînent quelque substance coagulante dissoute pendant leur glissement sur l'écorce des Heveas.
Les déchets de caoutchouc de diverses provenances — fils ramassés sur le tronc des arbres qui, par suite d'une cause accidentelle, laissent suinter quelques gouttes de latex; résidus du fond des tichelas ; pellicules laissées au fond de la cuvette après le fumage — forment ce qu'on appelle le Sernamby.
Ces déchets ont une valeur moindre que le caoutchouc fumé; ceci, à cause de la grande quantité d'impuretés qu'ils contiennent : écorces, feuilles, terre, mais si l'on prend soin de passer le sernamby à la fumée avant d'en faire des rouleaux, il demeure exempt de l'odeur nauséabonde caractérislique du latex coagulé spontanément.
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Nous avons vu la manière rationnelle sieurs d'entre eux, nos calepins indiquent
d'exploiter les Heveas et la bonne méthode même la cueillette jour par jour. Il est vrai,
pour convertir en caoutchouc le latex tous ces chiffres se rapportent à l'ensemble
extrait. de chaque estrada, sans qu'il nous soit pos-
Nous aurions voulu exposer l'organisation sible de dire d'une manière absolument
commerciale et administrative d'une pareille exacte le nombre d'arbres qui y étaient effec-
entreprise, l'exploration initiale, le trans- tivement exploités.
port de la marchandise à la côte; mais nous Tels que, nos chiffres permettent cepen-
risquerions de dépasser le cadre de cette dant de calculer des moyennes, grâce au
revue, qui s'adresse principalement aux grand nombre d'estradas observées. Nous
planteurs. Nous le ferons ailleurs. avons pu aussi les contrôler en les com-
La question du rendement est autrement parant avec certaines statistiques malheu-
intéressante pour les planteurs. Nous avons reusement beaucoup moins précises, se rap-
eu la bonne fortune de diriger l'exploita- portant à des arbres exceptionnels observés
ion d'un certain nombre de seringales dans individuellement.
des conditions qui nous permettaient de Le résultat de ces calculs et évaluations
tenir une comptabilité technique assez com- fera l'objet d'un article spécial, plète, indiquant le produit de la cueillette de chacun de nos seringueros; pour plu- P. Cibot.
LeKolatier du Congo Français
Par M. G. Berthelot i>u Chesnay Exigences. — Exploitation. — Culture.
Le kolatier, i^o/(^ Ballayi^ « Makenso » donne au colon qui cherche dans la brousse
des indigènes de race fiote, est une des essen- un endroit à défricher.
ces constitutives des brousses de haute fu- Dans la forêt, le kolatier formele cinquan-
taie, dans tout le Gabon-Congo tième du peuplen^ient total, environ. Il y
On le trouve poussant toujours, avec une pousse un tronc droit, peu épais (o™40 de
très grande vigueur, aussi bien sur les pen- diamètre), qui ramihe à six mètres du s.ol,
tes fortes que sur les terrains plats, sur les émettant de chaque côté des branches qui
bords des cours d'eau, comme sur les som- peuvent atteindre cinq mètres de longueur,
mets des montagnes (lesquelles ne sont Le diamètre total de l'arbre, dans sa partie
jamais supérieures d'ailleurs à 450 mètres), feuillue, peut donc atteindre 10 mètres, mais
enfin dans les sous-bois très fourrés et les c'est là un maximum qui n'arrive guère que
futaies clairsemées. chez les arbres âgés de dix ans.
II ne paraît exiger que deux choses: d'à- Enchevêtré de lianes, privé de lumière et
bord un sol profond, argilo-ferrrugineux, d'air dans la forêt, il donne une récolte re-
ensuite un bon drainage qui laisse ses raci- lativement faible, à peine trois cents fruits,
nés en dehors de l'eau stagnante. Sa présence quantité qui pourrait être facilement doublée
dans un endroit est un critérium certain que par un débroussement et un élagage judi-
ce terrain n'est pas inondé lors des crues; cieux. Ainsi exposé aux agents atmosphé-
sur les bords du Kouiloo-Niari, ils peuvent riques, il produirait au moins six cents fruits,
servir à indiquer les limites d'inondation du à cinq noix par gousse, ce qui ferait trois
fleuve. mille noix de kola pesant 45 à 5o kilos.
On conçoit dans ces conditions les indi- Cette noix se partage en cinq ou six coty-
cations précieuses quelasimplevuedel'arbre ledons de couleur rose, d'une amertume
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prononcée, mais cependanr moins forte que long etétroit panier en feuilles de palmier à
celle de la kola blanche de Guinée {Kola huile dit, ( moutété », que le noir portera,
aciiminata) ; ce qui viendrait de sa moins sur sa tête durant le trajet,
grande richesse en tannin et aussi en ca- La valeur d'une « moutêté » qui ne con-
féine. tient qu'une vingtaine de kiloS est de 10 cor-
Ses propriétés excitantes, ioniques et sur- lades, soit 5 francs, tout aphrodisiaques sont très connues des Le kolaiier semble au planteur qui deindigènes qui mastiquent la noix fraîche, friche, l'un des arbres à laisser subsister de mais ne connaissent pas la kola sèche. Tancienne brousse pour servir de « porte- Chaque année, les différents villages qui ombre ". En effet, il donne un appoint séhabitent la forêt, vont taire leur récolie dans rieux à la nourriture des travailleurs ; il est la brousse, vers [a fin de décembre et en ra- de dimensions moyennes, on n'a donc pas a masse suffisamment pour leur consomma- craindre la chute de branches pesant plution de l'année. Ils n'attendent pas que les sieurs tonnes, lors des tornades; il esta noix soient mûres, c'est-à-dire que les gous- racine pivotante, on peut donc supposer sent jaunissent et s'ouvrent, mais simple- qu'il ira chercher sa nourriture en profonment que la noix puisse se séparer facile- deur plutôt qu'à la surface ; enfin, sa ramiment de la gousse. fication se fait a une bonne distance du sol. La cueillette donne environ vingt à vingt- Or,il se trouve, que malgré tous ces avancinq kilos par arbre; les noix sont enlevées tages, le kolatier est un arbre-abri défecde leur gousse et enfouies au milieu d'une tueux; les cacaoyers ou les caféiers plantés termitière; les fourmis blanches dévorent le sous son ombre, végètent misérablement et mucilage blanc-jaunâtre qui les recouvre, parfois s'étiolent complètement, exactement, mais n'attaquent pas les noix, à cause de delà même façon, que sous les arbres du leur amertume, probablement; ne pouvant genre ^wr^era (Kissafoukala des indigènes) les détruire, elles les recouvrent, complète- qui sont, comme l'on sair, les plus nuisibles ment, de l'espèce de glaise battue qu'elles aux plantations, forment sans cesse, afin de réparer les dom- Comment expliquerla chose ? mages causés à leur fourmillière. Si l'on examine bien les racines d'un kola- Lorsqu'on a besoin de kola, on creuse tier adulte, on s'apercevra bien vite que, quoidans la termitière pour en retirer la quan- que étant à racine pivotante, il est muni de tité nécessaire, et les termites, aussitôt après, racines traçantes très développées, qui peurecommencentleur travail de construction, vent aller drainer les sucs du sol jusqu'à De cette façon les noix sont constamment quinzeet vingt mètres du tronc. On conçoit privées d'air et par suite a l'abri des ferments dès lors, étant donnée l'exigence de l'arbre, qu'il pourrait y développer ; leur conserva- que tous les jeunes plants situés dansée tion est regardée comme indéfinie, ou, du rayon, aient une croissance maladive, moins, comme pouvant dure, plusieurs an- En second lieu, le feuillage de l'arbre est nées. extrêmement épais, ce n'est donc plusl'office Dans les pays de savane comme le « Yan- d'un tamis qu'il remplit vis-à-vis des rayons gala » ou les forêts sont très éloignées on y solaires, mais bien celui d'un écran qui intransporte des noix à l'état frais; une fois tercepte à la fois, la chaleur, l'air et la lurendues à destination, elles sont conservées, mière, si nécessaires à la jeune plante, également, h l'aide des termitières. Toute- Enfin, l'arbre restant toujours vert, ses fois comme durant le transport elles pour- feuilles ne viennent pas par leur chute restiraient s'avarier, on prend certaines précau- tuer au sol une partie de ce qui lui a été tions ; la noix est débarrassée par frottement enlevé, d'où épuisement rapide du urrain. deson mucilage, enveloppée avec soin dans Le kolatier ne peut donc pas être planté les grandes feuilles d'une Sterculiacée comme porte-ombre, il ne peut l'être, non (N'Zombi des indigènes) et placée dans un plus, en vue d'une production intensive de
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la noix; celle-ci, n'ayant qu'un débouch'"^ -q ropriée au Congo, dans ses re'gions fores' très restreint chez les noirs des pays de sa tières; du Mayumbe, par exemple. Là le sol vanes (Bakounis et Batekés) et à un prix très est partout formé d'une argile jaune ou rouge bas; d'un autre côté, le débouché en Europe, contenant jusqu'à 6 % d'oxyde ferrique. n'offrant qu'un prix d'une rémunération pro- Cette quantité exagérée de fer, jointe à la blématique. plasticité de la couche superficielle et à son Ilenfut cependant expédiérégulièrementily manque d'humus, sont, dans cette région, aquelquesannées par unecompagnie Hollan- un obstacle à beaucoup de cultures riches daiseduC'ayo ; l'entreprise ne fut abandon- qui doivent se localiser dans des terrains née qu'à cause des dégâts qu'occasionnait d'exception. La culture du kolatier permetdans les noix, en cours de route, la présence trait d'utiliser la plusgrande partie de ce sol, d'une larve blanche. qui, aujourd'hui, est, pour ainsi dire, sans
Le jouroù l'Europe viendra à consommer valeur agricole. en grand la kola et où les exportations de la
Guinée et de la Jamaïque ne suffiront plus, G. Berthelot du Chesnav
il y aura là une culture admirablement ap- Planteur à Kakamoeka.