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roulent des torrents dont le lit se déplace à -chaque éboulement provoqué par les érosions qui se produisent alternativement sur chaque rive, sous la poussée des crues aussi violentes que subites.
Ce n'est pas seulement contre les éléments que la lutte est continuelle ; il faut encore combattre l'apathie, le mauvais vouloir et l'ivrognerie des peons de la « Sierra » (hauts plateaux), qui ne sont pas comme les Indiens des plaines basses et chaudes, entraînés à vaincre les mille incommodités de la vie de la forêt.
Arrivé à la région gommière (page 144 et suiv.), l'auteur nous donne des renseignements intéressants sur la densité des peuplements d'Heveas, qu'il évalue de 4a 5 arbres a. l'hectare. Un peu plus bas, au point qu'il appelle plateau des Incas (altitude 65o"'| il l'évalue à 10 arbres à l'hectare , ce qui se rapproche de la densité de i5 Heveas à l'hectare, que nous avons notée nous-même pour le Rio-Beni. situé beaucoup plus bas en altitude (i5o™) et sur la même latitude (i3»).
L'auteur a noté la variabilité individuelle de rendement, entre arbres de même espèce, dans le même habitat, et estime qu'elle peut varier dans la proportion de i à 10, ce qui est, encore, tout à fait conforme à nos propres conclusions. (Voir «< J. d'Agr. T.) », no 18.)
Comme rendement moyen, il enregistre 10 grammes de gomme sèche par arbre et par saignée; ce faible rendement ne nous surprend pas, eu égard à l'altitude du lieu, mais il reste bien loin de la moyenne que nous avons observée dans le Rio Béni (3o à 40 grammes).
Il est vrai, que ce rendement peu élevé vient de ce que la période de saignée (« pica »), d'aillêiurs très énergique, n'a duré que 8 jours; M. Plane, qui n'a fait que traverser la région, n'a pas pu tenircompte du facteur très important de l'accoutumance à la saignée, qui aurait accru le rendement journalier d'une façon sensible pendant les semaines suivantes.
D'autre part, il faut noter que chacun des arbres saignés a reçu, dans les cas cités par M. Plane, un nombre de tichelas bien supérieur à celui qui lui est attribué d'ordinaire dans les exploitations suivies; M. Plane disposait en effet les rangées d'incisions à 20 centimètres d'écartement, tandis que généralement cette distance est de 40 centimètres.
La moyenne de production de 3oo kg.,, indiquée par estrada et par an, est inférieure à la moyenne observée par nous dans le Béni et le Madré de Dios et qui est de 430 kg. environ pour les mêmes unités.
En somme, cette très intéressante étude contribuera à l'avancement dans la voie de la pétîétration vers les hautes rivières, affluents de TAmazone ; par ces vallées s'ouvriront des routes qui permettront la mise en valeur de ces régions ; et nous sommes convaincus del'avantage qu'offriront ces voies partant du Pacifique, malgré les difficultés d'établissement qu'elles pourront présenter; c'est qu'elles promettent une énorme économie de temps comparées aux routes descendant vers le Para à travers le réseau de rivières de cet immense bassin.
P, ClHOT.
RAMIE
Notes d'un témoin oculaire, sur les procédés de culture et de défibraiion des Chinois. — Intensité des fumures — Rendement du travail à la main. — Commentaires.
Le •( Journal d'Agriculture Tropicale » a déjà L'article que nous donnons aujourd'hui, a paru
publié plusieurs bons documents sur laramie; primitivement, si nous ne nous abusons, dans le
depuis un an, il ne s'est guère passé de mois sans « South of India Observer « ; nous l'avons
que nous n'ayons eu à insérer un article, une cueilli à notre tour dans le h Trop. Agriculiu-
note ou une lettre sur cette matière. rist » (18 juin 1902). Quoique écrit dans un style
JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 22 — Avril 1903-
assez défectueux pour rendre impossible une traduction (nous n'en donnons qu'un exposé très libre), il a été reproduit par toute la presse angloindienne. C'est que l'auteur, malhabile au métier d'écrivain, semble avoir vu juste, et ce qu'il rapporte sur les procédés chinois a l'avantage d'avoir été noté par lui-même et sur le fait.
Nous ferons nos réserves quant aux procédés de récolte et de défibration des Chinois: Depuis trente ans qu'on s'occupe de ramie en Europe et aux colonies, les procédés chinois ont été décrus blendes fois, et avec toute l'exactitude désirable; s'ils n'ont pas été adoptés par les Européens, c'est qu'il y a impossibilité économique, malgré ce qu'en dit notre auteur. Plusieurs de nos abonnés pourraient facilement développer ce thème.
Le côié important de la notice du « South of India Observer >- nous apparaît dans la question Épuisement. Le sujet n'est pas nouveau, mais ce point est très communément perdu de vue par les intéressés et on ne le rappellera jamais trop, car c'est probablement de ce côté que la grande culture de ramie rencontrera un jour le plus de difficultés.
Jusqu'ici, le principal obstacle à l'extension de la culture de ramie, avec capitaux européens, était dans l'imperfection des défibreuses; cependant, dans ces tout derniers temps, les machines ont fait de grands progrès. 11 existe déjà tout au moins une grande exploitation de ramie, en plein fonctionnement, approvisionnant pourunebonne partie une importante usine française. Cette exploitation se trouve au Caucase.
Nous ne considérons pas en ce moment l'entreprise indienne, décrite dans notre n« i3, caron y est occupé à la plantation : toutes les souches disponibles sont employées à la multiplication, on ne récolte donc pas encore. Toutefois, dans l'Inde même, une petite campagne d'essai, ayant produit 3 tonnes de china-grass, a démontré que les moyens mécaniques modernes suffisent poujrendre la culture de la ramie largement rémunératrice, dans un pays approprié.
Quoi qu'il en soit, le côté technique de la question Ramie ne doit plus, à l'heure actuelle, absorber seul l'attention ; il est temps de revenir un peu au chapitre Culture. Dans cet ordre d'idées, les questions d'épuisement, de choix du sol, d'irriga tion, de fumure, sont d'une importance capitale. Il nous aura suffi, nous en sommes convaincus, d'attacher le grelot; plusieurs de nos lecteurs possèdent sur la matière, nous le savons, des renseignements persornels acquis par une longue pratique. Qu'ils en fassent part à la communauté.