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PARTIE connERcmLE

Le Marché du Caoutchouc

par MM. Hecht frères & C'*.

Para fin. — Les cours du Para n'ont pas subi grand changement depuis un mois. Ils ont flotté entre fr. 10, 35 et fr, 10, 70 pour caoutchouc fin du Haut-Amazone, celui du Bas-Amazone restant approximativement aux mêmes prix ; mais la tendance reste extrêmement ferrrie, et cela pour plusieurs raisons dont les principales sont la fin de la récolte au Para, la consommation excellente aux États-Unis et la pénurie de sortes intermédiaires.

Aussi ie livrable vaut-il à peu près o,o5 centimes de plus par mois surmai, juin et juillet.

Nous clôturons aujourd'hui en hausse sur toutes 'es sortes et prévoyons des cours sensiblement plus hauts pour les mois d'été.

Sortes intermédiaires. — Le Sernamby de Manaos a suivi la tendance générale et vaut actuellement 8,70 ; celui de Cameta, 7,20; celui du Para, 6,80. Les boules du Pérou sont fermement tenues à 8,00 et les

Slabs. à 6,80. Les arrivages de ces deux sortes sont moindres, pour la saison, que l'an passé.

Les recettes au Para au 24 avril étaient de i.65o t.; celles du niois d'avril 1902 étaient de 2. 1 34 t. Il est donc probable que nous n'atteindrons pas le chiffre de l'an dernier. Mais il n'en est pas moins vrai que nos prévisions du mois dernier se sont entièrement réalisées, en ce sens que le déficit de la récolte, qui était de 1.750 t. fin janvier, a été entièrement comblé par les recettes de février et mars dernier qui ont été respectivement de 4 780 t. et 4.o5o t. contre 3.390 t. et 3.65ot. en février et mars 1902. Même en admettant que les derniers mois de la récolte aient un petit déficit, il n'est pas probable que ce déficit sera important.

Les statistiques générales donnent pour les diverses sortes, à fin mars igoS, comparées au 3i mars 1902, les chiffres suivants en tonnes :

N° 22 — Avril iqoS JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Sortes du Para.

Stocks à Liverpool

» à New-York

» au Para

En route pour l'Blurope

)) )) pour New- York

» « d'Europe à N.-Y. . . .

Arrivages à Liverpool

» à New-York

Livraisons à Liverpool

» à New-York

Arrivages au Para

» » depuis

le !«'■ juillet

Expédiiions du Para en Europe.

à New-York

Sortes d'Afrique.

Stocks à Liverpool

)■ à Londres

» aux États-Unis

Arrivages à Liverpool

» à Londres

» à New-York

ID

Livraisons à Liverpool....

» à Londres

>' à New- York . . . ,

Stocks de toutes sortes.

Les sortes d'Afrique sont extrêmement fermes et en hausse sensible, tant à Liverpool qu'à Bordeaux, Les Niggers boule.s rouges viennent de se payer jusqu'à 9,40 et les Twists 8,90.

Les Accra, en plaques épaisses et non pressées, valent 5, 60; les boules du Gabon français, de 6,35 à 7 francs suivantla qualité; les Benguela, 7,90 etles Loanda 7,60.

Anvers. — La vente du 3 i mars s'est faite en hausse de 40 à 5o centimes suivant les sortes. Elle se composait d'environ 460 t.

La prochaine vente comprendra environ 3oo tonnes et aura lieu le 24 avril.

Hecht frères & C'"' 73, rue St-Lazare.

Paris, 24 avril 1903.

Situation de l'Indigo

D'après M. Jules K.\rpelès (i

La dernière récolte est la plus petite qu'on ait jamais vue, mais nous croyons utile de démentir ici les bruits bénévolement répandus à ce sujet, qui attribuent le bas chiffre de la récolte, à la seule réduction de culture, et cette réduction elle-même à la concurrence du produit synthétique : en d'autres termes, que le Naturel cède lentement, mais sûrement, le pas au Synthétique. Nous ne prétendons nullement méconnaître ou nier la valeur ni l'importance du produit synthétique, mais nous nous croyons d'autre part autorisés à donner ici quelques éclaircissements sur la position exacte de l'Indigo, au point de vue de la culture, et de son rendement possible.

Le planteur d'indigo a eu à lutter, depuis plusieursannées, bien plus contre lesintempé ries des saisons, que contre la concurrence du Synthétique : l'an dernier, l'ensemencement a été en effet réduit, mais presqueexclu-

sivement en raison du manque d'humidité du sol qui rendait de prime abord, en plusieurs endroits, l'ensemencement toui-à-fait inutile, la germination ne pouvant en aucun cas se produire; et malgré cela, si le temps avait été favorable pendant la croissance, la récolte aurait dépassé, et de beaucoup, le chiffre de 45.000 maunds. Mais les pluies furent intempestives, et la plante fournit à la cuve un rendement inférieur aux plus bas chiffres connus.

L'industrie de l'indigo, si peu favorisée par les événements, si décriée par ses ennemis et ses amis, nous semble avoir (au contraire de ce que les uns souhaitaient, et les

(1) Ce qui suit, est extrait d'une récente Circulaire de M. Karpelks, qu'il a bien voulu nous communiquer en épreuve. Rappelons que le même auteur nous a donné déjà plusieurs articles sur cette question, qu'il connaît à fond. V. uj. d'A. T. » 1002, pp. 24 et 229). Elle a été également traitée dans le cahier d'octobre 1902. — N. de 1..1 R.

ii8 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 22 — Avril iqoS

autres soupçonnaient) fait preuve d'une trust de chimistes, et que l'indigo naturel

force de résistance peu banale. pourra fournir encore une longue carrière.

Le planteur d'indigo n'abandonne nulle- La consommation de « Bleu » a augmenté

ment la lutte. en proportion de l'extension de l'industrie

Les Statistiques sembleraient bien consti- des tissus, et si la houille ne fournissait pas

tuerlameilleureréclamcpourle Synthétique, de Bleus d'aniline ou autres, susceptibles

puisque depuis que ce produit a fait son ap- d'être employés à côté de l'indigo naturel,

parition, nos récoltes sont tombées de celui-ci serait aujourd'hui, après la succes-

1 1 2.000 maunds à 85. 000 et de 85. 000 à sion de petites récoltes, à des prix exorbi-

45.000, tandis que la production du Synthé- tants. En réalité, depuis trois ans, les prix

tique augmentait dans la proportion inverse. ont très peu varié ; mais il n'est pas plus

D'ici deux ans, disent les synthétistes, la admissible d'autre part, que ce soit du côté

récolte descendra de 45.000 à 22.000 et de des consommateurs un simple caprice que

22.000 ko! C'est peut-être effectivement ce de préférer l'indigotine végétale à l'indigo-

qui se produirait, si le planteur n'était à tine minérale : Le Synthétique proclame

même de produire l'Indigo à un prix bien urbi et orbi qu'il livre l'indigotine pure à un

plus bas qu'on ne croit, surtout si les condi- prix de 3o à 40 ",; plus bas que le naturel : il

tions climatériques sont en sa faveur, quand faut, de toute nécessité, en conclure que,

ce ne serait que deux années sur cinq. dans certains cas, le Naturel présente pour

Depuis quatre ans la fatalité s'est achar- le teinturier des avantages que celui-ci ne

née après le planteur d'indigo, avec une per- rencontre pas dans le Synthétique, et que les

sistance à laquelle toute autre industrie prix que le consommateur peut payer pour le

aurait moins bien résisté. Talonné par la Naturel ne sont pas absolument et dans tous

nécessité, le planteur du Behar a changé ses les cas, régis par les cours du Synthé-

méthodes du tout au tout ; il pratique main- tique.

tenant partout l'assolement régulier et sys- Dansle Nord-Ouest de l'Inde, la culture tématique, qui lui permet, non seulement de l'indigo a toujours beaucoup varié, en d'améliorer le sol, et de lui faire rendre plus raison des cours du coton, des graines oléaqu'avant, mais aussi de régler ses ensemen- gineuses, et de l'indigo même ; les deux dercements d'indigo sur les prix ayant cours^ nîères récoltes avaient donné de très mauou probables, et aussi sur les conditions vaises qualités, et les prix avaient, en cond'humidité du sol. On a entrepris dans le séquence, été peu rémunérateurs pour le Behar, sur une assez grande échelle, la cul- cultivateur, qui commençait à se désintéture de la canne à sucre, du tabac, et de la resser définitivement de l'indigo. L'an derramie, tant au point de vue de l'assolement nier, au moment des semailles, les nouvelles (pour les deux premiers) que pour l'exploi- d'Europe étaient fort décourageantes, et la tation de nouvelles terres; ces cultures culture dans le Nord-Ouest s'en ressentit en demandent de fortes quantités d'engrais, et effet. Elle aurait subi une nouvelle réducil a été établi que l'engrais le plus efficace et tion cette année, si les prix étaient restés au le meilleur marché, pour les trois cultures même niveau ; mais la qualité des indigos susdites, était le " seeth " ou fumure d'in- du Doab était fort au-dessus de la moyenne digo. Et c'est ainsi que l'indigo, pour cer- des dernières années, et les prix accusent, tains planteurs, est tombé, si l'on veut, au pour la totalité du produit dece district, une rôle de produit accessoire, dont la produc- moyenne de beaucoup plus élevée, et qui tion ne craint plus les fluctuations du mar- laisse au producteur un fort joli bénéfice, ché. Ce doit être pour le consommateur un dont l'appât empêchera certainement la message bienvenu, que d'apprendre qu'il ne réduction permanente de la culture de l'inséra pas définitivement livré à la merci d'un digo.

N" 22. — Avril JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Ta^bAc.

Le tabac à Deli.

Réalisation de la récolte igor.

Par M. Tabel.

La récolte de tabac cie Déli, igoi, vendue à Amsterdam, Rotterdam et Brème, a donné les résultats prévus d'après la sécheresse qui a sévi tout le i" semestre de 1901 pendant la végétation du tabac.

Le nombre de balles vendu est 227.5 i i, à une moyenne d'environ 94 cents de florin la livre (1/2 kilo). On peut remarquer la distribution suivante, quant aux quantités vendues et aux prix moyens réalisés :

Balles Cents

Amsterdam 197- i44- • -0.96

Rotterdam 27 . 1 26 . . . o . 87

Brème 3.241.. .0.25

Total,. . . 227 . 5 1 1

On fait remarquer, dans les journaux, la différence de prix de la livre selon les dates de ventes à Amsterdam :

A la I '■'■ vente (tin mars 1 902), le prix moyen était de i 56 cents i à la 8"^ (juillet), il n'était plus que de 58 cents. A la 1 1*" (octobre), il est remonté à 62, — hausse presque négligeable.

A Rotterdam, même phénomène : à la i^s vente, on avait payé en moyenne i 32 cents; à la 4'' (11 balles seulement), on ne payait plus que 29 cents.

Plus nous allons, plus nous apprenons à apprécier l'importance de la qualité du climat et du sol : La province de Déli, qui est en face de la montagne, a des pluies assez régulières et le sol de nature volcanique, est partout également fertile. Le tabac de cette contrée obtient de beaux prix. Les provinces de Langkat et Serdang, qui sont limitrophes de la province de Déli, participent jusqu'à certain point du même sol et du même climat, et le tabac qui en provient est également apprécié. Tandis que les provinces de l'Est,

éloignées du volcan, n'ont plus ce sol profond, de nature volcanique, où la potasse abonde et où le tabac se plait; le prix du tabac de cette région suit le caprice des saisons et dépend entièrement de l'abondance de la récolte. Si la récolte est faible, on rencontrera quelques beaux prix parmi les lots de tabacs cultivés à l'Est de Déli, mais il serait imprudent d'y compter d'une manière régulière.

Selon le temps qu'il fait, telle province aura du beau tabac et telle autre du mauvais. Or si, une année, toutes les provinces n'ont que du tabac médiocre, les premières ventes seront encore bonnes; mais à mesure que les achats les plus urgents sont faits, les prix du marché baissent, surtout si on reçoit des nouvelles que la récolte en cours sera meilleure que celle qui est sur le marché — ce qui est le fait de la récolte 1902 par rapport à la récolte 1901. En 1902 la saison a été assez pluvieuse, et il est probable que les prix du tabac 1902 seront bons, à moins que la récolte ne soit pas très forte aux ventes de 1903.

A mesure que la production de Sumatra augmente, les acheteurs deviennent plus difficiles sur les produits, et les terres qui ne sont pas d'origine volcanique ou qui n'ont pas un climat régulier, sont obligées de cesser la culture.

Certainement, le tabac pousse partout, presque dans tous les pays habités par l'homme, mais pour les tabacs de couverture (robe de cigare), il faut un climat et un sol excellents, et des soins de culture nombreux, bonne fermentation, de manipulation très surveillée...

Le climat n'en reste pas moins ce qu'il y a de plus important, et rarement Tinfluence de l'homme arrive à en modifier les effets. La richesse du sol, surtout en potasse est aussi indispensable, et celle-là, Thomme peut la modifier à la rigueur, par l'addition d'engrais appropriés.

120 JOURNAL D^AGRICULTURE TROPICALE N" 22 — Avril 1903

LespaysoùTon veut cultiver le tabac de Angleterre 97. Sig. 558 cigares

couverture, doivent avoir un climat chaud et Etats-Unis 42. 285. 81 5 —

humide, avec des pluies répétées à l'époque Autres pays 68.903.177 —

de la végétation, afin que celle-ci soit très 208 5o8 55o

rapide. On agira sagement en faisant ana- .. , ^' o ^:ii:^„o ^i-

layi^y.. w 5 ^ ^ Nousavous donccxportc 208 millions et

Ivser le sol avant de s'installer. j • j • t? » ^ ce ,.«

xjfo<,L 1^ w demi de cigares. En outre, 1 1 .670.155 pa-

Des expériences de culture seront aussi , . j . 1 ^ •♦•'

^ quets de cigarettes dont presque la moitié

utilement exécutées sur ces terres, afin de se , , ,. , zrr ac ^^^„^*c a^

s en vont en Colombie: et 65.359 paquets de

rendre compte par le fait de la qualité des u u- j .1 ^ i„ :*;a a^..^;..^.^

r r ^ tabac hache, dont plus de la moitié destinée

produits. ^r, , ,,

^ au Venezuela.

Les sols baignés par l'eau salée ou sau- r\ . ^ \ -1 ^-^^ a^ m^ lo -.r^î^;

^ ^ . , Quant a la production de 1 lie, la voici

mâtre, seront exclus de cette culture ainsi , . • ^„ f„,j^„„^

' par région, en « tercios » ou fardeaux,

que les sols acides. ji • c 1 -i

^ 1 .• d environ 5o kilos :

Les sols acides se trouvent d'ailleurs bien ,,1 al • ' • mv

Vuelta-Abajo, région cele-

du traitement suivant : faire couper la foret , . ,, , . ^

^ bre qui s étend de Con-

de bonne heure, drainer un an ou deux 1,0 > /-

solacion-del-Sur aGuane

d'avance, et si le chlore abonde, colmater et . , t^- j 1

' (province de Pinar-del-

irriguer avant et après labours. ,. , o . •

^ ^ Rio) 179.131 tercios

«^"^' Semi-Vuelta (de Candela-

Statistique des tabacs de Cuba. ria à Herradura) i3 297 —

Année 1902. Partidas, de la Havane à

par M. A. Pedroso. Artemisa..* 60.864 —

M. Pedroso nous communique une statis- Matanzas (province) 108 —

tique fort intéressante des tabacs deCuba.por- Remedios 6 Villa (1) 145.018 —

tant sur Tannée 1902; elle a été publiée dans Santiago-de-Cuba (Proie journal « La Discusion >> de la Havane. Notre vince) 426 —

aimable correspondant la résume en ces termes : ^^^^^^ ç^^^^ 398.844 tercios

Pour le tabac en feuilles, les Etats-Unis Rappelons, à ce propos, que dans le cahier de

sont notre meilleur marché : mars 1902, nous avons publié une longue analyse

Etats-Unis 10. 128. 891 kilos d'une étude extrêmement complète de M. Daniel

Pour les autres pays.. 3.3'"0.2ii Bellet sur le labac à Cuba; cette étude devrait

être connue de tous ceux qui s'intéressent aux

Total 13.499.102 — tabacs de haute qualité.

Quant aux fameux cigares, c'est l'Angle-

"" (i) Tabacs très renommés, quoique généralement

terre qui nous en acheté le plus. inférieurs à ceux de la Vuelta-Abajo.

Çàfés dits de MokA

Origine. — Valeur intrinsèque. — Substitutions. — Concurrence brésilienne. D'après diverses sources.

Les échanges et la correspondance du Journal nous amènent plusieurs documents sur la matière, qui se contredisent par endroits ; on ne les lira pas moins avec intérêt, car en somme, en allant au fond de ce débat on retrouve l'éternelle question de la concurrence brésilienne, question de vie et de mort pour la plupart des anciens pays de grande culture du café.

George E. Hanscom écrit dans le « Min-

neapolis Commercial Bulletin » (cf. « Planting Opinion, 26 juillet 1902), sous le titre Cafés d^ Arabie :

Il plane sur ce pays, au xx* siècle, le même air de mystère qu'au temps où les fils de Jacob, allant de Syrie en Egypte, se troublèrent en découvrant la coupe de Joseph, cachée dans le sac de blé de Benjamin.

L'origine du café Moka est enveloppée

No 22 — Avril 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

d'obscurité. — Il est indigène dans le pays, Le caféapporté au début à Salem, était du et quelques-uns pensent qu'il y a existé de- café de l'Yemen. C'était un grain excessivepuis la création, quoiqu'il soit à peu près ment petit, rond comme une perle, dur, évident qu'il ait été apporté d'Abyssinie. astringent, acide, entièrement vert lors- Cultivé avec beaucoup desuccès, il pousse qu'on vient de le cueillir, et tournant au cependant à l'état sauvage sur les hauts pla- jaune clair avec l'âge; beaucoup de grains teaux d'Arabie qui, s'ils ne sont pas le véri- sont translucides, avec une teinte cireuse, table habitat primitif du café, sont pourtant L'odeur en est forte, acre, balsamique, et donnés comme ayant donné naissance à tout rappelle celle du trèfle fraîchement coupé, le café cultivé aujourd'hui sur le continent caractéristique que ne possède aucun autre américain. café connu. On le sèche au soleil, et, comme La plupart des consommateurs supposent il ne pleut pas, on le laisse répandu jusqu'à que le mot « Moka » indique le pays d'ori- ce qu'il soit tout à fait sec. On le trie à la gine ou le port d'expédition. — Ceci est main avec le plus grand soin : il est débarerroné et trompeur, car on ne cultive pas et rassé des tiges, des pierres et de toute maon ne pourra jamais cultiver de café à Moka, tière terreuse ; il est merveilleusement net et Au début du XIX'' siècle, avant l'intervention propre. L'extrait ne peut en être surpassé, des bateaux à vapeur, lorsque tout le trafic au point de vue de la force ; quant à l'infuse faisait par des voiliers, existait, sur la sion c'est une boisson faite pour les dieux, rive sud-est de la mer Rouge, le petit village Pour l'infusion, il possède une saveur qui obscur de Moka, situé dans une plaine sté- n'est approchée par aucun autre café. Beaurile, au pied des montagnes et non loin du coup de cafés ont plus ou moins de grains rivage, entièrement dépourvue de végéta- petits, qui, triés et torréfiés, ont l'aspect du tion. Moka; mais aucun d'eux n'a la même saveur. Les Arabes de ce village offraient parfois II estplein, harmonieux, lourd, très moelleux de petits paquets de café aux capitaines de quand il a de l'âge, trèsâcre et acide, et n'est passage, pour qu'ils les emportent au-delà pas généralement en faveur auprès de la des mers à leurs armateurs, comme cadeaux, masse des consommateurs, à moins que par C'est d'un de ces cadeaux, apporté au por'^ l'usage on n'en ait acquis le goût. On a de Salem (Massachussets), il y a de longues besoin d'apprendre à l'aimer, — comme les années, qu'est né le commerce moderne du olives et les tomates — mais il a des café Moka. adorateurs fervents. La forte acidité du Le café dit « Moka » pousse dans l'inté- Moka donne au café de Java, quand il lui rieur de l'Arabie, en Egypte et en Abyssinie. est mélangé, son équilibre parfait, car, par La meilleure qualité, connue sous le nom lui-même, le « Java » est dépourvu d'acidité, de Yemen, est récoltée dans la vallée de et, à part sa saveur particulière est-ce rOudien et sur les montagnes environ- qu'on appelle quelquefois un café « indiffénantes. Il est cultivé avec le plusgrand soin ; rent ". Un mélange desdeux, quand ils sont son prix de revient élevé empêche qu'on ne tous deux authentiques, produit le type le l'exporte dans les pays occidentaux ; cepen- plus parfait du monde,

dant il en arrive une petite quantité aux II est évident que le Moka a de la force,

Etats-Unis. — La plus grande partie est car si on en ajoute plus d'un tiers ou d'un

consommée dans un rayon de cinq cents quart au Java, l'équilibre se trouve rompu

milles de son centre de production. — Une et le Moka domine le mélange et neutra-

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