partie s'en va sur Constantinople, où il est lise le Java
consommé dans les harems et palais aristo- Ces deux cafés ont été connus dans le
cratiques de Turquie. Une faible quantité commerce plusieurs années avant les autres :
vient aux Etats-Unis, quoiqu'en disent les ilssont donc mieux connus.
autorités turques et les publications ofli- La majeure partie du café à petits grains
cielles anglaises. expédié d'Arabie en France, en Angleterre
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aux États-Unis, est du café de Teahma, ce qu'on appelle un café de terres basses ; comme l'altitude détermine la qualité du café, il est naturellement inférieur au café
culière, et sont soit des cafés d'Arabie, soit des cafés d'Egypte ou des cafés d'Abyssinie, que nous avons décrits plus haut. Ils sont cultivés dans l'intérieur des terres, séchés
de montagne, cultivé sur les collines élevées au soleil, décortiqués ou écrasés par les in-
de l'Yemen, Il pousse cependant en Arabie, dans la plaine aride, presque stérile, qui s'étend tout le long de la mer Rouge. C'es^ un grain petit, dur, souvent contourné ou mal mûri, vert, tournant au jaune avec le temps; comme beaucoup de cerises tombent sur le sol et sont ramassées par des indigènes, il contient souvent des grains flétris, qui deviennent jaunes (et non bruns) à la torréfaction ; ils n'ont pas la saveur caractéristique du café, et sont appelés Quakers par les négociants anglais. Cela est si universel que lorsqu'un café d'Arabie, se torréfie bien, on le soupçonne facilement de n'être pas du Moka d'origine. Avec tous ces inconvénients, ce café, lorsqu'il n'est pas falsifié, possède une saveur que n'a aucun autre, et aucun autre ne peut, pour les mélanges, lui être substitué.
L' « Egyptien » ou « Moka à grains longs » (« Longberry »), comme on l'appelle pour le distinguer du café d'Arabie à petits grains, a été importé aux États-Unis vers 1870; ayant un aspect très différent de la variété à petits grains, il rencontra beaucoup d'opposition ; il a pourtant, pour les mélanges, toutes les qualités du Moka à petits grains, avec beaucoup plus de force. Le plus fin croit dans le district Berber.
Il a un concurrent bon marché dans le café d'Abyssinie, souvent vendu frauduleusement comme « Egyptien >- ou « Berber ». Ce café d'Abyssinie a le grain long, sembable d'aspect à 1' « Egyptien )> et au « Berber )) ; mais, tandis que 1' « Egyptien » est d'un vert brillant, arrondi aux extrémités, et se torréfie bien avec une saveur délicieuse, l'Abyssinien est effiléaux extrémités, souvent d'un gris sale, poussiéreux, se torréfiant mal, avec une saveur de plantes médicinales ; On en expédie de grandes quantités en Angleterre, d'où on en réexpédie beaucoup aux Etats-Unis.
Pour nous récapituler, les cafés dits de Moka, se distinguent par leur saveur parti-
digènes, et offerts soit en parche, soit en poudre.
Le café est payé en roupies d'argent ou échangé contre des marchandises anglaises ou américaines (généralement des cotonnades), selon le caprice des indigènes. L'acheteur est souvent l'agent d'approche des marchands au port d'expédition. Le café est apporté à la côte par des caravanes ou à dos de chameau, et est souvent manipulé en route par les agents.
A l'heure actuelle, le Moka est expédié sur les grands marchés d'Aden ou de Hodeidah.
L'exportation du café est libre à Aden, mais on n'y en importe pas par mer; c'est interdit parle gouvernement anglais.
Tout le Moka est séché en cerise, au soleil, comme cela a été déjà dit. Le décortiquage et le nettoyage se font de la façon la plus primitive; on ne se sert d'aucune machine; la main d'œuvre étant bon marché, tout se fait à la main. Lorsque les cerises ont suffisamment séché, on les roule, les pilonne ou les écrase, quelquefois on les foule aux pieds. Quand il est envoyé au marché en paddy (c'est-à-dire en cerises comprenant l'enveloppe externe, la pulpe séchée, la parche et le café ensemble), l'exportateur le bat, puis le café est séparé par vannage, placé en tas, et remué àlapelle, de l'extérieur vers le centre du tas ; les grains les plus gros, .les plus lourds et les plus beaux roulent vers la périphérie. On les recueille et on les examine de près; toute matière étrangère est enlevée d'une façon très méthodique. — On continue ainsi jusqu'à ce que tout le café ait passé sous les yeux de l'assortisseur, et qu'il soit absolument propre.
Une raison pour laquelle on ne peut employer de machines avec succès dans ces pays, est la prévention religieuse des Arabes Mahométans, contre les machines. Géo Robes, l'importateur bien connu, de Salem et de Boston (États-Unis), acheta une fois
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un trieur-décortiqueur, et l'envoya à Aden, où il travailla bien jusqu'au jour où, malheureusement, il eut besoin de réparations. Quoique le dommage fût de peu d'importance et eût été, dans des circonstances ordinaires, facile à réparer, les artisans indigènes ne voulurent pas s'en occuper, disant que la machine était « morte », qu'Allah le voulait ainsi et qu'il ne fallait pas délier la Providence, en essayant de rappeler la machine à la vie. La machine fut plus tard renvoyée à New- York.
Rappelons que Raoul a donnédans son volume Le Café quelques bonnes pages sur le café en Arabie, d'après un document de W. C. Palgrave datant de 1 862-1 863.
La « New-York 'Merchant's Revue » emprunte à ane source, qui n'est point nommément désignée, la note suivante que nous avons recueillie à notre tour dans le > Indian GardeningandPlanting » du 5 juin 1902 :
« Le « Times of India » pense que la diminution de l'importance d'Aden, comme port d'exportation de café d'Arabie, aura vraisemblablement une grande répercussion sur le marché international des cafés. A Hodeidah er à Jeddah, on n'a jamais pris aucune mesure pour empêcher l'admission des cafés de Java et autres, et leur démarquage en café soit disant d'Arabie. A Aden, au contraire, de telles fraudes sont pratiquement impossibles : Chaque once de café qui arrive à Aden par terre ou par mer, est inspectée, enregistrée, et on délivre des bons de sortie réguliers à tous les marchands de café.
« Le vrai Moka n'est jamais importé autrement que sous un emballage spécial, invariable, et qui est fabrique dans les districts producteurs, en Arabie. La plus grande partie du Moka est dirigée sur Marseille, et les consignataires de cette ville n'accepteraient aucun café comme Moka d'origine s'il ne venaitpas sous cet emballage. On a bien tenté d'établir un commerce de ces enveloppes, de les envoyer d'Aden à Hodeidah ou à Jeddah, pour pouvoir ensuite expédier de ces villes en Europe, comme Mokas d'origine, des cafés de Java et d'Abyssinie; mais le «Port Trust» d'Aden ne permet pas les
entreprises ingénieuses de cette nature ; si bien que la tentative a échoué jusqu'à présent. Mais si Aden renonce à son trafic, si tout le Moka doit aller dorénavant à Hodeidah et à Jeddah, l'authenticité de cette qualité pourrait se trouver gravement compromise. »
La « N.-Y. iMerchant's Review » commente en ces termes l'information ci-dessus :
'( On a une tendance à exagérer l'importance commerciale du café Moka. Il ne tient en réalité qu'une faible place dans le commerce des cafés.
« En premier lieu, la réputation du Moka est surfaite. L'idée courante, que le Moka est le roi des café est certainement erronée.
La fève du vrai Moka est petite, de forme défectueuse et a un arôme acre. Il ne pourrait en être autrement, car le climat et le sol de l'Arabie ne sont pas propres à la production d'un café vraiment bon. Le pseudo- Moka, produit au Brésil, est de beaucoup supérieur à la provenance authentique dont il usurpe le nom. Si le public était moins routinier, il y a longtemps que la réputation du Moka se serait évanouie, et que les sortes les plus fines du Brésil auraient pris dans l'estimedu public la place que leuraccordent déjà des spécialistes.
« Quant au café de Java, les qualités les meilleures de cette provenance sont très supérieures au Moka d'origine; leur production est d'ailleurs relativement limitée. De même que « Moka », « Java " est devenu surtout un terme de convention commerciale, qui n'a plus ou peu de signification géographique; il correspond seulement à un type de qualité.
« Un café de qualité inférieure, étiqueté « Moka » ou ■( Java » se vend plus facilement qu'un café vraiment supérieur, mais qui serait présenté comme « Rio » ou « Santos », portant sa marque véritable.
Le public, d'autre part, n'a pas besoin que son café favori lui soit fourni sous un nom de provenance. Les différents termes énumérés sont ainsi dépourvus de signification réelle actuellement. Tous ces <( Java » et «< Moka » sont absolument surannés. La
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plupart du soi-disant « Java » vient de Sumatra ; il ne rapporte d'ailleurs pas un centime de plus que ce qu'il vaut, non plus que les cafés de l'Amérique du Sud, qui se déguisent en cafés d'Arabie.
Lorsqu'on demande à un épicier du café de Java ou de Moka, dit le •( Home and Colonial Mail », il sort de sa boîte des fèves de couleur brun foncé qui très probablement proviennent du Brésil, L'Ile de Java et la petite contrée de Moka ont dû, en effet, abandonner la lutte contre la grande république Sud-Américaine.
Au Brésil, les fèves, après avoir été séchées en plein air, sont partagées en deux groupes : celles qui sont plates d'un côté sont baptisées du nom de « café de Java », celles qui sont toutes rondes, sont appelées « Moka ».
Le « Indische Mercuur » d'Amsterdam, qui reproduit cette note, ajoute:
Cette manière de présenter les choses n'est certainement pas 'exempte d'exagération, toutefois il est indéniable que le café du Brésil accapare de plus en plus le mar-
ché des cafés fins en même temps que celui
des qualités communes.
Carte géographique des cafés dits Moka. — MM. Bapdey, Buffard &Cie, négociants français,, établis à Aden, avec succursales à Hodeidah et au Harar, ont eu l'obligeance de nous envoyer une grande caete en couleur, échelle Vio nnoooo» dressée par M. Pierre Bardey et qui ferait la joie de toute personne s'intéressant aux provenances des produits. Elle offre, en plus, un intérêt direct pour nos amis les planteurs. Cette carte indique, en effet, par trois teintes différentes, les régions de l'Yemen (Arabie) et de l'Abyssinie qui produisent les cafés dits Moka.
La première teinte, qui désigne les régions de plantations, embrasse la totalité de la zone arabique et un petit coin du Harar. Une deuxième teinte désigne « les régions certaines des caféiers sauvages », elle couvre la moitié méridionale de la zone abyssine. La troisièm-e teinte, enfin, qui couvre la moitié septentrionale de la zone abyssine, désigne « les régions douteuses des caféiers sauvages ».
De nombreuses inscriptions, d'une parfaite netteté, indiquant les dénominations commerciales des qualités exportées de chaque localité, et augmentent ainsi la haute valeur de cette belle carte.
Puisque MM. Bardey, Buffard & Cie ont été assez bons de penser à nous pour leur carte, ils voudront bien aussi, souhaitons-le, redresser ce que nous avons pu répéter d'inexact en reproduisant les documents réunis ci-dessus.
ftCTUflLITÉS
Le 5'' Congrès international de Chimie appliquée.
qui se tiendra à Berlin du 2 au 8 juin prochain, comprendra une section agronomique, fort intéressante pour nos amis des pays chauds. Il nous suffira de citer quelques uns des rapports inscrits à l'ordre du jour dès à présent : Fabrication artificielle des nitrates au moyen de l'azote libre de l'air. — Utilité et dosage de la chaux. — Bactériologie des terres. — Action du sulfure de carbone sur la fertilité des sols, — Fourrages mélasses et sucrés.
La liste des rapporteurs comprend les plusgrandsnoms delà scienceagronomique.
Le comité français a pour secrétaire notre
confrère M. Silz, de l'Association des chimistes de sucrerie ei de distillerie, i 56, boulevard Magenta, à Paris.
La sous-commission française de Chimie agricole se compose de MM. A. Vivien, Gab. Bertrand (de l'Institut Pasteur) et R. Lezé. La cotisation est de 25 francs.
Canne à sucre.
Rendements. — Moisonneuses mécaniques, etc. Lettre de M. Paul des Grottes.
M. Paul des Grottes, agriculteur à la Martinique, nous écrit à l'occasion de l'article Rendements de la canne à sucre, publié dans notre
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cahier de janvier igoS (n« 19) et qui lui avait été cette question, que vous semblez avoir mise
communiqué en épreuve : au point
Cher Monsieur, Je profite de la circonstance pour résumer
Votre article est excellent. Il sera certaine- en peu de mots la conversation que nous
ment lu avec beaucoup d'intérêt par tous avons eue ces jours-ci au sujet des machines
ceux qui se sont intéressés comme moi aux à couper les cannes (i) en vous disant que
rendements si extraordinaires des îlesHawaï vous feriez sourire n'importe quel habitant
et de Java. des Antilles en lui proposant ces machines.
Je vous dirai franchement que je n'ai ja- Je ne disconviens pas, cependant, qu'elles
mais pu me décider à admettre ce chiffre de ne puissent trouver leur emploi dans cer-
rendement de 5o.ooo kg. de sucre à l'hec- taines circonstances toutes spéciales, comme
tare quels que fussent les arguments que l'on la cherté ou la rareté de la main-d'œuvre,
me donnât. Que voulez-vous? A défaut de mâchoire na-
Je me rappelle que M. Landes, au corn- turelle, qu'on se mette un râtelier, rien de mencement de 1902, en fit le sujet d'une mieux, mais, tout le monde n'en est pas rélongue discussion dans une revue de Paris, duit à cette extrémité-là, Dieu merci ! M. Landes qui était plus professeur que En tous cas, les prix actuels du sucre s'acprofessionnel soutenait tous ces chiffres de cordent mal avec une main-d'œuvre chère, à rendements avec une conviction profonde, moins qu'il ne s'agisse de rendements aussi sans arriver à vaincre les doutes des gens du fabuleux qu'aux îles Hawaï. métier. Agréez, etc.
A la Martinique, où l'on cultive bien la Paul des Grottes. canne, on ne peut guère se flatter d'obtenir un rendement supérieur à 5. 000 ou 6. 000 kg. de sucre à l'hectare, en moyenne, dès qu'il s'agit de vastes étendues de cultures.
Je veux bien admettre l'hypothèse de
terres plus fertiles et d'outillage plus perfec- P- Morange : Remat-que su?' la composition
tionné que dans mon pays; cela pourrait physico-chimique des terres de rivières de
contribuer à doubler ou même tripler le la Cochinchine. (« Bulletin économique
rendement, mais de là à le décupler, il y a de l'Indo-Chine )., janvier 1902).
de la marge. Les terres de rizières de la Cochinchine
En admettant trop sommairement ces peuvent se répartir en deux groupes :
données, on risque d'entrer de plain pied A. Les terres fortes, franchement argi-
dans le domaine de la fantaisie, ce qui vous leuses, formées d'alluvions très fins et très
amènerait à faire de piquantes constatations lentement déposés, sans trace de cailloux ni
comme celle de la Chambre d'Agriculture de ^g graviers. Ces terres occupent les niveaux
la Réunion, qui a trouvé qu'à raison de les plus bas, les plainesde facile inondation.
So.ooo kg. de sucre à l'hectare, un mètre Qq sont les plus intéressantes au point de
carré donnerait 5 kilos de sucre. Je fis moi- yyg cultural; à ce type appartiennent les
même naguère des calculs dont je n'ai plus rizières des principaux centres rizicoles de
ici les éléments, mais dont j'ai retenu la con- l'ouest-
clusion, à savoir qu'une récolte dans ces Après quelques années deculture soignée, conditions là, défalcation faite du poids des ^q^ terres donnent des rendements généraleengrais et des éléments nutritifs que la ^nent élevés : au minimum, 2.3oo kg. de canne puise dansl'atmosphère, représente un Paddv par hectare.
emprunt si considérable à la terre que son A l'analyse, ces terres donnent les résulenlèvement devrait déterminer à la longue un notable affaissement du niveau du sol.
Les terres de rizières de la Cochinchine
Notice bibliographique
tats suivants :
Vous avez donc bien fait de revenir sur (i)V. kJ. d'A. T.» ii-' ni et 17. — N. de la Réd.
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