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PARTIE connERcmLE

Le Marché du Caoutchouc

Par MM. Hl:cht frkres & C'^

Para. — Le marché du Para est très cal- en retard sur les marchés de l'Amazone. De

me depuis un mois. D un côté, la récolte Tautre, la consommation, retenue d'une

est finie et il n'arrive plus (jue de petits lots part par les grands prix d'une hausse conso-

— — ■ lidée et de l'autre par le peu d'importance

(i)QueM. Ringei.mann décrit dans uneautre partie . . , , v ■, r

du volume. N. uk la R. des aflaircs, n'acheté qu au fur et a mesure

JOURNAL D^AGRICULTURE TROPICALE N" 24 — Juin 1903

de ses besoins, attendant une baisse qui est lente à se produire.

Elle ne s'est vraiment réalisée que pour le caoutchouc du Bas-Amazône dont les premiers lots de la nouvelle récolte ont commencé à se montrer au Para, et encore n'at-elle eu lieu qu'en raison de la grande humidité de ces lots. C'est en eflfet un caoutchouc qui doit perdre de i3 à i5 % entre le Para et l'Europe (perte pour l'importateur) et de 22 à 25 % au déchiquetage (perte pour le fabricant). Dans ces conditions, il est naturel et logique qu'on le paie moins cher.

Mais il en est tout autrement du caoutchouc de Manaos qui est resté fermement tenu de 10 fr. 5o à 10 fr. 60 pour le disponible, et de 10 fr. 60 à 10 fr. y5 pour le livrable sur Juillet à septembre.

Sortes intermédiaires. — Le Sernamby de Manaos, très peu abondant à cette époque de l'année, est tombé aux environs de 8 fr. 35. Le Sernamby du Pérou a varié de 8 fr. 35 à 8 fr. 25. Celui du Para vaut 6fr. 35;à peu près comme les Slabs,. qui sont tenus de 6 fr. 40 à 6 fr. 5o suivant le degré de sécheresse. Le Sernamby de Cameta est à 6 fr. 90.

Les recettes au Para pour le mois de mai ont été de 2.080 tonnes, contre 2.o83 en mai 1902.

Le total de la récolte du premier Juilet 1902 au I mai 1903 était de 29.110 tonnes, contre 28.746 pour la même période de la récolte précédente, soit un excédent de 364 t. pour l'année actuelle. Ils sont loin, les pronostiqueurs qui affirmaient, fin 1902, que le déficit de cette recette serait d'environ i 5 à 20 % .

Les statistiques générales donnent pour les diverses sortes, à fin mai iqo3, les chiffres suivants, en tonnes :

Sortes diiPara : — —

Stocks à Liverpool 1.645 2.474

» au Para iio 1 5o

En route pour l'Europe 700 6i5

» » pour New-York 780 665

» « d'Europe à N.-Y.... 10 10

Arrivages à Liverpool 986 1.137

)) à New-York 957 1.027

Livraisons à Liverpool 1.271 i . 145

» à New-York 980 i.o5o

Arrivages au Para 2 . o5o 2 . o83

» » depuis

le !«•' juillet 28.090 28.747

Expéditions du Paraen Europe. 1.080 974

» » àNew-York i.025 i.i3i Sortes d'Afrique :

Stocks à Liverpool 377 639

)) à Londres 227 576

)) aux États-Unis 229 56o

Arrivages à Liverpool 496 383

» à Londres 100 76

» à New-York 1.075 960

Livraisons à Liverpool 5 19 444

» à Londres 82 119

» à New-York i .o5o 970

Stocks de ioutes sortes : 4.454 6.181

Les sortes d'Afrique sont en légère baisse sur les plus hauts cours : lesNiggers Boules rouges à fr. g, 10 ; les Twists à 8,80 ; le Benguella à 7,50 et le Loanda à 7,25.

Anvers. — Les diverses ventes du mois de juin se sont faites avec une baisse moyenne de 20 à 25 centimes sur toutes les sortes. Le 26 juin passeront encore en vente environ 390 t. de toutes les sortes du Haut-Congo Belge.

Hecht frères & Cie 75, rue Saint-Lazare.

Paris, 20 juin 1903.

N» 24 — Juin 1903 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

Produits divers

La sucrerie à Cuba.

Les plus grandes usines. — Le rendement. Lettre de M. Albicrto Pkdroso.

La <( Revista de Agricultura » bulletin du « Circulo de Haccndado y Agricultores )>, de nie de Cuba, donne une statistique olticielle publiée par les soins de notre Secrétaire de l'Agriculture; c'est une liste complète des sucreries de l'Ile de Cuba, ayant fait du sucre dans la campagne 1901-1902. On y trouve la quantité de canne moulue, de sucre de 1" jet, etc., les noms des propriétaires, la province et la commune, etc.

L'usine « Caracas » a moulu près de 22 millions d'arrobas soit 55o millions de livres de cannes, quantité énorme, qui vous fera juger de la capacité de cette sucrerie, une des plus importantes du monde entier. Mais c'est Chaparra, propriété de la Chaparra Sugar C°, dans la province de Santiago, qui est actuellement la plus grande sucrerie de Cuba; elle vient d'être achevée, c'est la première année qu'elle roule, elle est entourée de terres encore incultes pour la plus grande partie. Pour cette raison la sucrerie en question n'a fait que 97.000 sacs de sucre, mais on assure qu'elle triplera sa production facilement. La « Boston », qui a fait 1 1 i .358 sacs, peut aussi tripler sa production, au besoin. Ce sont des sucreries énormes.

L'extraction moyenne, pour l'Ile entière, a été de 9,08 % de sucre T' jet, et de i,85 %

de sucre de second jet, soit en totalité, 10,93 % . Il serait curieux de comparer ces résultats avec ceux des îles Hawaï et de Java, je crois que l'extraction y est un peu supérieure. D'ailleurs nos sucreries se perfectionnent chaque année.

Alberto Pedroso.

Huile et amandes de palme lElseis guineensis), au Sierra Leone.

Les statistiques de 1901 , récemment pu bliées, accusent une légère diminution sur 1900, pour les amandes de palme, et une légère augmentation pour l'huile. Mais le champ est grand encore, pour l'extension du commerce de l'huile et des amandes.

Ils'agit de surmonter la difficulté du transport. Contrairement au caoutchouc, plus facile à manier, et qui, étant donné sa valeur, peut mieux supporter le coût du transport à dos d'homme (à peu près seul possible dans la Colonie), l'huile et les amandes de palme de l'intérieur du pays ne peuvent atteindre un port d'embarquement sans que le prix du transport ne dépasse la valeur de la marchandise.

L'achèvement du chemin de fer amènera une révolution dans le commerce de ces produits, on verra alors arriver à la côte les milliers de tonnes d'amandes que les indigènes laissent pourrir actuellement.

(« LonJdon Chamber of Commerce Journal )•, nov. 1902; Cf. « Trop. Agric. », janv. i<)03).

flCTUflLITES

La Patate douce des Açores et son tion sur l'exportation des patates des Etatsexportation éventuelle. Unis a destination de l'Europe. Cette note Par M. H. Neuville. faisait remarquer qu'il existe, à nos portes, Une note parue, il y a quelques mois, un archipel — celui des Açores — où la padans ces mêmes colonnes (i), a attiré l'atten- tate est depuis de longues années l'objet

d'une culture des plus importantes, et où,

(i) La patate douce aux Etats-Unis, » i. d'X. T. )^, . , . , , . „ j^.^.,;

n" 17, p. 137. justement, on n'en sait plus que taire depuis

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 24 — Juin iqo3

que la distillation en est devenue désavantageuse. J'avais déjà attiré l'attention sur ce dernier fait, dans le n" i5 du « J. d'A. T. »

Cette note, immédiatement connue aux Açores, a provoqué les commentaires de la presse locale. Nous espérons que tout ne se bornera pas à des commentaires, et que ceux-ci seront suivis de tentatives qui, si elles sont judicieusement faites et dûment encouragées, pourront être d'une certaine importance économique pour ces îles si intéressantes à tous les points de vue. Nous sommes heureux de constater que le « Journal d'Agriculture Tropicale « aura été le point de départ de ces tentatives.

Ceci dit, nous devons faire remarquera nos confrères des Açores qu'ils ne repondent pas complètement aux questions posées dans le n" 17 du « J. d'A. T. ». En se laissant devancer par les Etats-Unis sur les marchés d'Europe, les Açoréens ont-ils simplement manqué de flair commercial, ou leurs patates, jusqu'ici destinées à la distillation, seraient-elles imparfaitement propres à la grande consommationeuropéenne ? Quoi qu'il en soit, prévenus comme ils le sont maintenant, il semble bien qu'ils puissent remédier à l'un et à l'autre de ces défauts.

En me reportant à mes souvenirs de

il pas dit sur l'utilisation industrielle de ce tubercule.

Il nous revient que celui-ci serait actuellement exploité, à Formose, pour le sucre qu'il contient; dès qu'il sera possible, nous ne nranquerons pas de mettre nos lecteurs, Açoréena et autres, au courant de cette industrie, nouvelle et peu connue.

H. Nkuville.

Le Palmier à huile au Dahomey

Age de rapport. — Rendement. — Produits.

Lettre de M, G. Le Testu

La presse coloniale a reproduit récemment un petit chapitre de La forêt tropicale en Afrique, de M. A. Breschin, concernant le Palmier à huile, Elivis guineensis; dans ceite noie, il est dit, entre autres choses, que l'ELtis commence à produire à 5 ans; il y est aussi question d'achat, par les factoreries, de pulpes épuisées; enfin, d'exportation de noyaux entiers, sous le nom de palmistes. M. G. Le Testu, ingénieur-agronome, qui a observé de près VElœis au Dahomey où il dirigeait les essais agricoles de la Compagnie « L'Ouemé-Dahomey », nous écrit à ce sujet (rappelons qu'il nous a déjà entretenu du Palmier à huile, dans le n» 19 du « J. d'A. T. »):

« Cinq ans pour arriver à la production, c'est trop peu; je n'ai pas pu faire d'observations moi-même, et la notion d'année est bien diffuse chez les indigènes dans le pays voyage, je ne vois pas que la patate douce desquels j'ai vécu. Il me semble que les audes Açores soit impropre à la consomma- teurs les plus optimistes indiquent 7 ans, en tion européenne. Les tubercules en sont ayant soin d'ajouter que la pleine production très gros, il est vrai, et le marché français n'est atteinte qu'à i5 ans. paraît préférer des tubercules assez petits, « Les premières années de la production,

d'une cuisson plus facile, et dont l'aspect les régimes sont moins nombreux, plus pesemble plus agréable à certains consomma- tits incomparablement, et les fruits euxteurs. Mais ces gros tubercules sont excel- mêmes sont plus petits.

lents, et j'ai vu des amateurs, Européens, à « Comme production moyenne, pour le

même de pouvoir juger par comparaison Dahomey, je crois qu'on ne peut guère des diverses patates, leur faire largement compter sur plus de huit régimes par an, honneur. Rien ne serait du reste plus facile répartis en deux récoltes. Les régimes sontque de modifier, si besoin en était, les varié- ils plus nombreux ailleurs? Peut-être; mais tés cultivées jusqu'ici aux Açores. iq régimes me semble un chiffre bien fort.

Espérons donc que l'agriculture de ces sauf à l'état d'exception.

îles pourra se relever de la crise qu'elle subit par suite du manque d'écoulement de l'un de ses produits principaux. L'exportation parait dès à présent susceptible de créer un débouché à la patate, et peut-être tout n'est-

« Je ne sache pas qu'on ait vendu jamais à des factoreries, ni qu'on ait jamais exporté, la pulpe, résidu de fabrication, ni les noyaux entiers. Quoi qu'en dise l'auteur, ce qu'on entend par « palmiste », c'est

N" 24 — JriN iç)03 JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

l'amande extraite du noyau. Il n'y aurait pas utilité' à exporter des noyaux entiers, et cela pour deux raisons :

« i" La coque représente, d'après les calculs que j'ai faits sur place et dont je vous donnerai un jour le détail, presque 65 ",, du poids des noyaux secs. Elle ne peut être utilisable que comme combustible.

« 2° Je crois pouvoir dire qu'il n'existe pas de machine capable de casser industriellement les noyaux et d'effectuer automatiquement la séparation des coques et des amandes. Je sais bien que le Comité colonial de Berlin a institué un concours pour provoquer l'invention d'une pareille machine; mais ce concours n'a pas encore abouti; et, d'ici là, on en est réduit à casser les noyaux à coups de pierres. Je souhaite qu'il se trouve quelqu'un pour tenter à la côte d'Afrique l'extraction industrielle de l'huile de palme. »

Un de nos abonnés est en train de l'organiser, au Dahomey même. On sait que M. Pbeuss (Cameroun), s'en préoccupe de son côlé, au Jardin de Victoria.

Une innovation dans l'huilerie de coton.

Le procédé iVlc Farland Reynohl.

Une note de 1' « American Fertilizer », reproduite dans le « Queensland Agricultural Journal » du i'"'" juin 1902, appelle l'attention sur un nouveau procédé de traitement des graines de coton pour l'huilerie.

Chacun sait que les grainesde coton arrivant à l'usine ont à passer dans diverses machines qui tour à tour les nettoient, enlèvent le sable, les fragments de bois et d'enveloppes, puis les fibres encore adhérentes, et enfin séparent les amandes des coques.

Le procédé en question, dont l'invention est due à Me. Farland Reynohl (brevets 695.474, 695.475 et 695.476 des Etats-Unis 1902), consiste à immerger simplement les graines dans une solution chimique pendant une vingtaine de minutes. Au bout de ce temps, les amandes nues tombent au fond du récipient, tandis que les coques montent à la surface où on n'a plus qu'à les écumer.

Les amandes sont alors séchées et passées aux rouleaux broyeurs ordinaires.

L'économie résultant de l'emploi de ce procédé se reporterait sur divers points :

a) suppression des diverses machines jusqu'à présent employées : appareils de nettoyage, « delinters « et « hullers ».

b) diminution du poids de la matière à envoyer au moulin, et par conséquent réduction des frais de transport, l'opération du décortiquage pouvant être faite à la « ginnery ».

c) maintien des coques en parfaite condition pour la fabrication du papier.

Informations prises, (i), le brevet définit comme suit la solution employée : solution composée de potasse, soude caustique ou lessive de commerce, amenées au degré voulu de dilution, et de matières sucrée"» ayant subi une certaine fermentation, ayant pour but d'amener la formation de principes corrosifs; l'immersion entraînant la séparation de l'amande et de l'écorce. Pendant l'opération l'alcali est absorbé par l'amande, et celle-ci, amollie, devient plus facile à passer aux broyeurs. L'huile obtenue est, il est vrai, chargée d'alcali, mais pas suffisamment pour l'altérer, et d'ailleurs, on s'en débarrasse aisément.

La solution chimique pourrait servir plusieurs fois, à la seule condition d'en maintenir la concentration.

L'inventeur estime que son procédé réduirait de 5o % les frais de fabrication de l'huile de coton, ce qui permettraitaux planteurs de retirer un meilleur prix de leur récolte.

Quelle que soit la valeur de ce dernier argument, il n'en est pas moins vrai que cette découverte, si elle a l'efficacité qu'on lui prête, pourrait avoir de grosses conséquences économiques pour la situation du marché des huiles de coton, dont l'importance, surtout aux États-Unis, est considérable.

F. Main.

(i)Sly : The Cotion seed oil industry. V. l'annonce bibliographique § 372 (« J. d'A. T. », n° 22).

JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N» 24 — Juin 1903

Le cacao et les sols de Samoa.

Prok. D'' Wohltmann : Der Kulturipert der Samoa-Bodén (Extrait du « Tropenpflanzer », décembre 1902), in-8", 12 pages.

Le savant agronome, dont la compétence en matière coloniale est bien connue, a été chargé par la « Deutsche Handels-und Plantagengesellschaft der Sudseeinseln « d'étudier les sols de Samoa au point de vue de la culture du cacao, que la dite Société se propose d'introduire dans les Iles. Ses analyses montrent, dans la plupart des sols étudiés, une richesse suffisante et parfois même très grande en azote, acide phosphorique, chaux et magnésie, mais une pauvreté excessive en potasse dont le cacao est précisément très avide. Aussi, pensa-t-il que la valeur culturale des terres de Samoa a été fortement exagérée par la réclame; certaines d'entre elles, même, à la fois dépourvues d'azote, d'acide phosphorique et de potasse, et ex'.ra-

Depuis trois ans, sous l'impulsion du Jardin Colonial, l'exposition réserve un emplacement spécial aux plantes et aux fruits des colonies. Cette section était très en progrès cette année.

Le Jardin Colonial avait exposé une collection de plantes tropicales, il présentait, en outre, un magnifique lot de fruits tropicaux : bananes, ananas, mangues et avocats, envoyés par le Jardin d'Essais de la Guinée française.

Ces fruits admirablement conservés ont fait la joie des coloniaux présents. Ils sont la preuve qu'avec des paquebots plus rapides que ceux qui existent sur la Côte occidentale et des frets moins élevés que ceux demandés par les paquebots postaux subventionnés faisant actuellement le service, la Guinée française, la Côte d'Ivoire, le Dahomey et le Congo, pourraient fournir à la métropole. Jusqu'à présent tributaire de l'Angleterre, ces fruits coloniaux qui commencent à être connus et qui sont très

ordinairement riches en fer, ne conviennent appréciés — particulièrement les bananes;

absolument pas au cacao.

La Société prénommée étudiel'emploi des engraispotassiqueset les planteurs de Samoa n'ont qu'à gagner à suivre son exemple, comme le dit fort bien M. Wohltmann.

On trouvera dans son étude, outre les analyses complètes de 9 échantillons de sols et sous-sols, des données nouvelles et précises sur la composition du cacao et d'intéressantes observations sur la richesse des sols volcaniques en fer. M. Wohltmann doit aller étudier à fond les îles Samoa vers la fin de cette année. — A. Couturier.

Les fruits de Guinée, à l'Exposition d'Horticulture de Paris.

Cette superbe manifestation d'art floral qu'est le Concours général des produits de l'horticulture à Paris, témoigne de la puissance d'organisation de la Société Nationale d'Horticulture. Il n'existe nulle part d'exposition aussi complète que celle dont est gratifié Paris, chaque année, par deux fois, au printemps et en automne.

ces dernières sont plus belles, plus parfumées et d'un goût plus fin que celles des Canaries.

Le jury a été frappé de l'importance de celte exposition de la Guinée française, de la beauté et de la conservation des fruits ; il a accordé la grande médaille d'or au Jardin d'Essais de Conakry (Guinée française) et une médaille d'or à l'exposition particulière de bananes et d'ananas de M. Roux, jeune colon qui a réussi à créer, également en Guinée, avec ses ressources personnelles, une plantation de 5 hectares. Cette plantation possède actuellement 4.200 bananiers et 10.000 piedsd'ananasqui,enoctobre 1904, seront en pleine production.

La plantation de M. Roux, bien soignée et bien fumée (engrais chimiques), a déjà fourni 5oo régimes de bananes à la métropole, et une certaine quantité d'ananas. En 1904, sa production sera, espère-t-on, de 8.000 régimes de bananes et de 1 5 .000 ananas.

Ce résultat mérite d'être noté, d'autant plus que deux tentatives précédentes de grande culture de la banane en Guinée française

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avaient échoué. L'une de ces entreprises était revue prénommée. Son principal et très grand

celle de notre collaborateur M. Baillaud, à Benti, dont les bananiers sont demeurés stériles, tout comme chez M. van der Ploeg, à Java (v. « J. d'A. T. » no^ i 5 et 22) et sans qu'on en connaisse bien la raison.

Il y a lieu de féliciter le gouverneur de la Guinée, M. Cousturier et le directeur du Jardin d'Essais delà colonie, M. Teisson- NiER, pour les eti'orts faits, dont l'Exposition de Paris nous a montré les résultats. Et aussi, le directeur du Jardin Colonial de

intérêt consiste en un mémoire de MM. Evi;- NOR et Régis de Chazal, et Albert Daruty, sur l'extraction de la fibre d'aloès (Foz^rcroj^a gigantea) à l'île Maurice; ce mémoire, paru en français en 1882, à l'Imprimerie de la « Merchants'and Planters'Gazette » de Maurice semble être, en effet, avec celui de M. BoNAME, ce qui a été publié de plus sérieux sur la matière.

Nous reprendrons prochainement dans ce « Journal », en détail le travail tout récent

Nogent, M. Dybowski, qui a organisé cette de M. Boname (le directeur bien connu de la

belle exposition de fruits exotiques; le Jardin Colonial a d'ailleurs contribué à l'organisation même des expériences de culture en Guinée, du transport à travers l'Océan et de la vente à Paris. Actuellement, le Ministère des Colonies se préoccupe de la question des tarifs de transport, qui échappe malheureusement à son action directe, étant du ressort du Ministère du Commerce.

station agronomique de Maurice) qui porte principalement sur les avantages comparés du Fourcroya gigantea et de V Agave rigida, dit chanvre de Sisal ou Henequen, et qui conclut en faveur de ce dernier, même pour la culture à Maurice.

Le vieux mémoire mauricien de 1882, exhumé par M. J. Ferguson, est une vraie trouvaille; il est surtout précieux par l'ex-

Ne quittons pas la section coloniale de posé, historique et critique des défibreuses l'Exposition d'Horticulture sans signaler mécaniques employées ou essayées à Mauque la maison ViLMorviN-ANDRiEux& CiE avait rice. Cet exposé, dont l'édition anglaise ne exposé, comme les années précédentes, un reproduit, malheureusement que le texte, riche assortiment de jeunes plantes utiles, sans les croquis, est de la plume de M. R. de issues de ses semis. La maison Godefrov- Chazal, à l'époque ingénieur aux Forges et Lebeuf a tenu à exposer également, malgré Fonderies de Maurice; il aboutit à l'éloge le la maladie de son chef, qui, espérons-le, ne plus énergique de la machine Cazotkt. Nous tardera pas à se rétablir. serions extrêmement obligés à nos collabo-

A mentionner encore, dans la section de rateurs à Maurice, de bien vouloir nous renpeinture, cinq études de plantes utiles des seigner sur les modifications subies parl'oucolonies faites d'après les sujets vivants du tillage mécanique de l'île depuis 1882,

puisque cette date offre un excellent repère, grâce à la laborieuse documentation de M. R. DE Chazal. Elle semble, de plus, avoir marqué un tournant de route.

La note de M. Paul Carié (« J. d'A. T. », n" 12) et les conversations que nous avons eues avec cet excellent observateur, nous ont laissé l'impression que la machinerie des usines de défibration de Maurice n'a guère changé depuis; mais nous aimerions recevoir confirmation (ou réfutation), de cette idée, qui n'est en somme qu'une simple conjecture.

Jardin Colonial, par M. L. Colmet-Daage.

L'Histoire de l'évolution de la Gratte de Maurice.

J. Ferguson : Notes on Aloe, Sisal, and Ramie fibres, Dye and Tanning products, Drugs, etc. In-8^, 5i pp. A. M. & J. Ferguson, éditeurs, Colombo, Ceylan, 1901.

Cet opuscule fait partie de la série, déjà riche, où la Rédaction du « Tropical Agriculturist » a pris l'habitude de réunir de temps en temps, en brochures, les documents sur quelque culture spéciale, parus dans le cours des années sur les pages de la

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JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE N° 24 — Juin 1903

Les bénéfices d'une palmeraie de dattiers dans le Sud-Algérien.

M. Gaston' Laforest écrit dans le « Bulletin de Renseignements coloniaux » (i) de mai i<)o3:

Ce n'est pas seulement en France que le goût des fruits exotiques s'est répandu, mais aussi en Angleterre et dans toute l'Europe centrale. Des grandes villes et des classes riches où la consommation des bananes, dattes, oranges, ananas, etc., était d'abord confinée, elle a gagné la classe bourgeoise et se répand maintenant dans la masse du peuple etdans les provinces. C'est une constatation qu'un récent voyage en Belgique m'a permis de faire ; on y trouve en abondance chez presque tous les commerçants de denrées alimentaires, et jusque dans les quartiers populeux, les fruits de l'Europe méridionale et ceux des colonies qui y étaient presque inconnus il y a quelques années.

L'Algérie qui, par sa proximité de l'Europe centrale, paraît appelée à bénéficier dans une large mesure de cette transformation dans le goût de populations nombreuses et riches qui peuvent devenir pour elle de bonnes et fidèles clientes.

Les dattes d'Algérie et de Tunisie tiennent dansée commerce une place honorable, mais bien inférieure encore à ce qu'elle pourrait être et à ce qu'elle sera plus tard quand l'éducation du goût de ces nouveaux clients sera plus complète. Il serait donc d'autant plus sage de se préoccuper dès maintenant de la question que la création d'une palmeraie est, d'après tous les renseignements publiés, une bonne affaire.

Partout où, dans le Sud Algérien, on peut trouver une source qui ne tarisse jamais on peut planter le palmier avec succès : quand on aura calculé le débit de la source pendant la période estivale, celle où le palmier est le plus altéré, on connaîtra exactement quelle sera le nombre de palmiers que l'on devra planter.

Pendant la période d'été qui est de 119 jours, le palmier exige 5 I mètres cubes

(i) Excellente feuille d'informations, lithographiée, qu'il publie à l'intention de la presse; 21' année. Bureaux; 2, rue des Arènes, Paris.

d'eau répartis en 17 arrosages de 3 m. c. chacun; au printemps, il ne demande que 5 arrosages et n'en exige plus que deux pendant les périodes d'automne et d'hiver.

En 1898, M. le commandant Rose, de Batna, qui a consacré une partie de sa vie à l'étude du Sud Algérien, publia sur la culture du dattier une étude très remarquée et des plus instructives. Il démontrait dans ce travail, qu'avec un capital de 42.000 francs employé dans l'espace de onze ans, on pourrait se créer en Algérie un revenu annuel de 7.000 francs. Il faut pour cela, disait-il, être propriétaire d'un terrain mesurant 12 à i5 hectares et d'une source débitant 200 litres à la minute. Dans une lettre qu'il adressait en janvier 1900 au « Bulletin de Renseignements Coloniaux », le commandant affirmait que la plantation d'une palmeraie correspond à un revenu de i5 à 16 % pour le capital à partir de la onzième année, après avoir donné pendant les années précédentes, une rente progressante de 2, 3, 6 etS %.

L'essence d'oranger au Paraguay.

Le « Bulletin » d'avril 1902, de la maison ScHiMMEL publiait la note suivante sur l'essence de petit-grain (essence d'oranger) du Paraguay:

Nous recevons les renseignements suivants sur les causes de la grande dépréciation de cet article pendant les six derniers mois :

« La fabrication a lieu dans de petits établissements et dans le voisinage immédiat des forêts d'orangers, car en l'absence totale de voies de communication, il est impossible de centraliser la production.

« Chaque groupe de fabriques est dirigée par un employé. Les forêts se composent d'une haute futaie de grands arbres à essence très variés, au-dessous se trouve la petite futaie avec ça et là des endroits couverts presqu'exclusivement d'orangers et que les habitants appellent manchones. Ces man- CHONEs se trouvent disséminés dans les forêts. Le bigaradier domine à certaines places, dans d'autres il y a mélange d'orangers doux et d'une autre espèce dite Assessù,

N" 24 — Juin igo? JOURNAL D'AGRICULTURE TROPICALE

variété des précédentes et qui produit principalement l'essence de pôtit-grain.

« Les forêts d'orangers sont nombreuses au Paraguay, mais elles offrent rarement les

ressés, et prouvent que ceux-ci n'ont aucune idée de la réalité de la production.

« Dans ces circonstances on ne peut que conseiller aux consommateurs d'utiliser la

conditions d'une exploitation normale, parce baisse pour acheter librement. Cependant

qu'elles se trouvent ordinairement éloignées nous ne saurions les engager à faire de

de tout centre habité. La récolte des feuilles grands approvisionnements, attendu qu'a-

a lieu toute l'année, mais principalement près un certain temps l'essence perd de ses

d'octobre en avril : c'est pendant cette pé- qualités.

riode que se fabrique la majeure partie de <( La production totale d'essence de petit-

l'essence. A ces fins, les arbres sont abattus grain du Paraguay s'élève annuellement à

à 5 centimètres déterre, les feuilles et les environ 12.000 kilos. En 1901, d'après des

jeunes fruits sont distillés ensemble, et le données officielles, l'ensemble de l'exporta-

bois sert à chauffer les appareils. Ce vanda- tion se chiffra par 9.545 kilos, valant

lisme, dû à l'indolence des habitants, a eu pour conséquence la ruine et l'épuisement de vastes étendues de forêts, de sorte qu'on ne trouve avantage à fabriquer l'essence que lorsqu'elle atteint des prix très élevés.

« La situation actuelle est la suivante. A la suite d'événements extraordinaires, tels que l'apparition de la peste, la fermeture des ports et une production insuffisante, le prix de l'essence avait atteint des proportions anormales, et beauconp d'exportateurs d'il y a 7 ou 8 ans se sont à nouveau rabattus sur l'article. Les prix élevés, qu'ils ont accordés ont fortement augmenté la production, qui a atteint son apogée en avril iqoi ; toutefois elle baissait déjà notablement en juillet, quoiqu'actuellement elle ait dépassé les besoins normaux. La baisse a été amenée par des circonstances absolument étrangères à la production. La raison en est plutôt dans ce fait que la plupart des exportateurs sont forcés de faire traite pour la majeure partie de la valeur de leurs envois et que les détenteurs d'Europe veulent réaliser la marchandise pour couvrir leurs avances. Des producteurs indépendants d'Ascension ont encore aggravé la situation en exportant l'essence sous différentes marques, qu'ils offrent par l'intermédiaire de nombreux agents établis dans les places européennes. L'extrême dépréciation ainsi produite, amène naturellement la restriction de la production. Les quantités fabuleuses offertes de différents côtés en Europe n'existent d'ailleurs que dans l'imagination des inté-

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