pesos d'or
Le « Bulletin », d'avril 1903, de la maison Roure-Bertrand fils, s"exprimecomme suit, sur le même sujet :
'( Nous recevons du Paraguay des avis contradictoires, A entendre les uns, certains distillateurs découragés seraient sur le point de se dessaisir de leurs stocks à n'importe quel prix et de renoncer à l'essence de petitgrain. Suivant les autres, un accord serait intervenu entre les trois ou quatre principaux producteurs, de façon à maintenir l'article à un niveau suffisamment élevé pour demeurer rémunérateur. L'entente aurait eu lieu sur le prix de 18 ou 20 francs le kilo, franco port européen. »
Le sol de Java, et les engrais.
Notice bibliographique.
J.-D. KoBiis et Th. Mark : Bijdragen tôt hct onder'^oek van tropische gronden. In-4°.
17 pp. — H. van Ingen, à Soerabaia (Java). 1902. Primitivement paru dans les livraisons 16 et 17 du « Archief v. d. Java- Suikerindustrie », de 1902. Tiré à part comme « Mededeeling » n" 40 (3'' série) de la station agronomique Java-Est (Pasoeroean).
L'analyse des sols est un métier bien délicat, lorsqu'il s'agit d'en tirer des conclusions pratiques et de donner des conseils au cultivateur. Le chimiste se trouve particulièrement embarrassé en présence des sols tropicaux : les normes de fertilité et de pau-
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vreté élaborées par la science agronomique européenne, ne s'y appliquent que très imparfaitement. Ce côté de la question a été suffisamment caractérisé dans les notes et lettres insérées dans plusieurs numéros du « J. d'A. T. » (1901, p. 63; 1902, p. 147, p. 18.8, p. 279, p. 319, etc.).
MM. KoBus et Mark constatent qu'à Java des sols extrêmement pauvres en acide phosphorique se montrent, cependant, absolument ingrats vis-à-vis des engrais phosphatés. D'une manière générale, et à part quelques rares localités calcaires, les terres de Java sont d'origine volcanique, proviennent d'andésites et de basaltes et ne réagissent favorablement qu'à l'égard d'engrais azotés. La potasse, la chaux, l'acide phosphorique, y font plus de mal que de bien; tout au moins, en ce qui concerne la canne à sucre, seule culture que les auteurs aient étudiée.
L'explication est à chercher en partie, certainement, dans le limon fertilisant des copieuses irrigations dont les champs bénéficient pendant la culture du riz et des plantes vivrières, qui précèdent et suivent la canne. Malheureusement, le contrôle scientifique n'a guère pu porter sur cette partie de l'assolement où l'Européen n'intervient pas.
Nous ne saurions entrer ici dans le détail des matériaux accumulés dans les 17 pages de la brochure, oii M. Kobus a résumé, en même temps que la bibliographie, son expérience personnelle de plus de dix ans. Le travail offre le plus haut intérêt sous le rapport des méthodes d'analyse à employer.
Les auteurs en ont essayé un grand nombre et n'en ont trouvé aucune qui les satisfasse entièrement. En désespoir de cause, ils se sont rejetés sur l'acide chlorhydrique concentré, à froid, qui permet tout au moins de comparer les sols au point de vue de leur richesse intrinsèque.
La fertilité effective des sols tropicaux devrait pouvoir être appréciée, selon eux, par l'analyse comparative des solutions nutritives naturelles qui y circulent; on se rapprocherait, peut-être, des conditions naturelles en employant, pour l'extraction, de
grandes quantités d'acides très dilués. C'est dans cette direction que l'infatigable directeur de la station de Pasoeroean se propose de pousser ses travaux à l'avenir.
Le jute et l'abaca au Tonkin.
Les raisons qui entravent Textension de ces cultures.
M. DucHEMiN, le Président actuel de la Chambre d'Agriculture du Tonkin, a été le véritable protagoniste de l'abaca et du jute dans la colonie. Soutenu par le gouvernement et par une grande fabrique métropolitaine, il a étudié ces deux cultures textiles dans leurs patries respectives qui sont pour l'abaca {Musa textilis) les îles Philippines,et pour le jute (CorcAorws), l'Inde anglaise; il en a fait lui-même des essais sur une grande échelle, et y a incité les autres planteurs; il a aussi beaucoup publié sur ces sujets.
Grâce à lui, les deux plantes sont aujourd'hui familières àtoutcolon indo-chinois; et cependant, leur culture n'a toujours pas encore pris une extension suffisante pour alimenter un commerce régulier d'exportation; leur rôle effectif dans la vie économique de la colonie est nul. Quelles peuvent bien en être les raisons? Un correspondant de la « Dépêche Coloniale » (12 mars igoB) qui signe du pseudonyme '<Ong-Béo)>, en signale plusieurs, pour ce qui est du jute :
« M. DucHEMiN prône le Jute et l'abaca.
« Autant nous croyons à l'une, autant nous sommes incrédules sur l'avenir de l'autre.
« Quoi qu'en pense l'honorable Président de la Chambre d'Agriculture de Hanoï, nous ne pouvons croire au succès du jute pour plusieurs raisons :
" 1° Le jute exige une manipulation délicate, celle du rouissage. Si les fibres restent insuffisamment dans l'eau, elles ne pourront être décortiquées, si on les y laisse un peu trop longtemps, la décomposition compromettra le travail de la fibre. On habituera difficilement l'Annamite au rouissage,
« On l'habituera d'autant moins que l'opération tue le poisson de ses mares, de ses cours d'eau et répand de mauvaises odeurs dans tous les alentours.
« 2" Motif de culture : on ne peut, trois ans de suite, malgré même une abondante fumure, cultiver le jute sur la même terre. Le sol est épuisé.
« "i^ Même pratiquée avec succès, la cul-
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ture n'est pas aussi rémunératrice que le riz, le riz traditionnel, familial, dont Ton fait une, deux et parfois trois récoltes chaque année.
« L'Annamite est, somme toute, maître du marché du riz. Il sera, au contraire, pour le jute à la disposition de Pintermédiaire, car il ne pourra ni vendre ailleurs, ni consommerlui-mêmeles fibres dontonlui refuserait l'achat.
« 4" Motif économique et politique: une abondante récolte au Bengale avilissant les prix, risquerait de réduire à la misère les populations tonkinoises qui se seraient livrées en grand à cette culture. Aussi, ne croyons-nous pas que les administrateurs de provinces les y engagent avec insistance.
Si pessimiste pour le jute, Ono-Béo est au contraire tout à fait optimiste pour l'abaca; il dit en effet, en poursuivant son raisonnement :
« Pour l'abaca, rien de semblable.
« Les tisseurs philippins ont été étonnés de la solidité des fibres qui leur ont été données ici pour leurs travaux de l'Exposition, par M. Rémery, planteur à Tuyen-Quang. Ils proclament cet abaca supérieur au leur.
Donc, premier point acquis.
« La culture est facile, exige peu de soins, peut se faire sur les nombreux coteaux encore en friche,
« Le marché s'étend de jour en jour et Manille ne peut suffire à la consommation. Un des hommes les plus compétents de l'ancienne colonie espagnole disait l'autre jour devant nous: L'abaca est l'avenir du Tonkin. »
« Nous en avons aussi la conviction », ainsi termine Ong-Béo.
Notre ami Léon Hautefeuillr nous signale cependant une difficulté qui pourrait bien, pendant longtemps encore, empêcher l'abaca de prendre pied en Indo-Chine.
« J'ai vu fonctionner ici » nous écrivait-il le mois dernier de Hanoï k l'outil rudimentaire et bien connu dcsérudits, qui sert aux Philippins à défibrer l'abaca. Je doute qu'il puisse être appliqué en grand en Indo-Chine : il exige beaucoup plus de force et de vivacité qu'on ne saurait en demander aux Annamites. »
Nous avons exposé en détail, d'autre part (v. « J. d'A. T. », no 14), la difficulté à laquelle se sont
heurtés jusqu'ici tous les inventeurs de machines à grand travail, pour défibrer l'abaca : La fibre qu'on obtient est tachée de noir; or l'abaca se paie en raison directe de sa blancheur.
Exploitation du cocotier à Samoa.
Séchoirs. — Main-d'œuvre. — Bénéfices.
D'après M. de Courte.
Nous savions déjà par le livre de Reinecke (analysé sous le § 228 dans notre n" i5, papier bleu) que la grande Société allemande de Samoa (« Deutsche Handels-und-Plantagengesellschaft der Sudseeinseln ■») était arrivée à produire du coprah presque aussi beau que du « dessicated coconut « et jouissant d'ailleurs d'une cote de faveur sur le marché de Hambourg. Un récent rapport de M. le comte de Courte, consul de France en Nouvelle-Zélande, publié comme supplément au « Mon. off. du Commerce » du 26 mars iqoS, fournit à son tour quelques détails utiles à cet égard :
En raison de l'avenir qui est réservé à cette exportation des îles du Pacifique, quelques détails sur la production du coprah ne paraîtront sans doute pas sans intérêt.
Pour l'obtenir, on attend que les noix de coco parvenues à complète maturité tombent de l'arbre. Autrefois, les indigènes les cueillaient à peine mûres mais l'expérience a démontré que le rendement en coprah avec cette méthode était beaucoup plus faible et la qualité inférieure. La noix de coco pousse toute l'année; par conséquent, sur une plantation un peu étendue qui comprend 2 à Soo.ooo cocotiers, il n'y a pas de mortesaison, on peut en ramasser à peu près la même quantité tous les jours.
Les Samoans, on le sait, ne veulent pas travailler. Tous les ouvriers employés sur les plantations de l'archipel sont des Canaques des autres possessions océaniennes de l'Allemagne, principalement des îlesSalomon. Ces « black boys », comme on les appelle, sont engagés avec la permission du gouvernement pour une période de cinq années. Ils doivent être ramenés dans leur pays à l'expiration de cette période aux frais de l'engagiste. On les paie i5 francs par mois. On calcule que leur nourriture et leur
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entretien coûtent 25 francs. Ils reviennent donc à 40 francs mensuellement par tête.
Les noix de coco tombées sont ramassées chaque jour par des équipes de noirs et mises en tas de 3 à 4 mètres cubes. Des chariots à bœufs les amènent aux stations si-
nisées, à 125 francs nets à Thectare, tous frais d'exploitation, personnel, amortissement, etc., etc., payés. Les sociétés qui, il y a trente ans, ont acheté du terrain aux environs de 25 francs l'hectare ont donc fait une bonne opération. Même au cours actuels
tuées sur les différents points de la planta- (200 francs l'hectare de bonne terre), il y a tion. Là, on les décharge sur des monceaux encore de l'argent à gagner, et les capitaux de grosses pierres à travers lesquelles s'écoule l'eau contenue dans l'écorce. Chaque noix est d'abord fendue en deux d'un coup de hache par un Canaque. Les deux moitiés du fruit sont jetées dans un hangar où les femmes et les enfants des noirs s'occupent à enlever le noyau au moyen de bâtons pointus. La pulpe est soigneusement détachée et coupée en morceaux de moyenne grosseur.
On porte la pulpe coupée dans un autre hangar et les morceaux un peu inférieurs y sont séparés du reste. Ils servent à faire le coprah dit de deuxième qualité. La proportion en est faible car, dans une plantation bien dirigée, les neuf dixièmes du coprah obtenu peuvent être rangés dans la qualité supérieure. Les morceaux de première qualité sont placés sur des châssis de fer treillage et mis à sécher pendant vingt-quatre heures dans des fours ad hoc.
Ces fours sont allumés jour et nuit, et le feu alimenté parla bourre de coco séchée au soleil. Le séchage n'entraîne donc aucun frais, sauf le travail des hommes, puisque la noix de coco fournit le combustible nécessaire à sa dessiccation.
Quand le coprah est sec, on l'empile dans des sacs de 40 à 5o kilog. et il est prêt à être embarqué. Presque toute la récolte expédiée de Samoa est dirigée sur Marseille où elle sert à faire de l'huile et surtout à fabriquer le savon dit « de Marseille ». Le coprah qui ne va pas dans notre pays est envoyé en Allemagne où il sert à différents usages insdustriels, notamment à la fabrication du beurre de coco.
Une tonne de coprah vaut actuellement 450 fr. (18 liv. st.). Cent arbres bien entre- suivants, lesquels montrent tour à tour la tenus peuvent produire une tonne dans une production de sucre annuelle, le poidsmoyen année. On voit quel revenu donne une plan- obtenu par acre, et la différence de rendetation d'une certaine étendue; il n'est pas ment entre les plantationsqui sont irriguées inférieur, dans les exploitations bien orga- et celles qui ne le sont pas.
continuent à venir d'Allemagne.
Rendements globaux de la canne à sucre aux îles Hawaï.
D'après M. Vizzvona,
Dans notre n" 19 (v. l'article : Rendements maxima de la canne à sucre), nous avons raconté dans quelles circonstances la Chambre d'Agriculture de la Réunion a été amenée à allouer 5. 000 francs au Consulat de France aux iies Hawaï, à charge de le renseigner sur les conditions et les moyens qui permettent aux agriculteurs de ces îles d'obtenir les rendements de sucre à l'hectare les plus élevés qu'on ait jamais connu dans le monde enlier(d'après Krueger, jusqu'à •24.500 kg. de sucre à l'hectare). Le « Moniteur officiel du Commerce » du 26 mars igoS publie, en supplément, un rapport sur cette question, signé de M. Vizzvona, vice-consul à Honolulu. Cette brochure de 16 pages in-S» et qui se vend 10 centimes, n'est certainement pas la réponse à la Chambre d'Agriculture de la Réunion, elle n'en aurait pas pour son argent.
Quoi qu'il en soit, le rapport de M. Vizzvona contient différents chiffres intéressants, principalement sur l'irrigation et les engrais.
Le chapitre des Rendements est quelque peu écourté, on n'y trouve que les grosses moyennes; ce sont celles-là que nous reproduisons plus loin ; on les comparera utilement avec les moyennes de Java données dans notre n° 19.
Les renseignements sur la station agronomique de l'Union des Planteurs, sont empruntés au même rapport consulaire. — N. de la Réd.
« La superficie des terres labourables consacrées à la culture de la canne à sucre aux îles Hawaï est indiquée dans les tableaux
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Superficie totale
Années Acres. Tonnes de sucre. Récolte par acre.
ir.Or, 47.390 1/2 15:5.411)1/2 G. 742 livres.